Mais à quoi joue Spotify ? Après avoir fait le choix de supprimer de ses plateformes la musique de R.Kelly et de XXXTentacion, les voilà sommés de se pencher sur la discographie, autant que sur les agissements, d’une flopée d’artistes exceptionnels ayant un jour été accusés de crimes.

En fin de semaine dernière, Spotify a annoncé vouloir supprimer de toutes ses playlists les morceaux du rappeur producteur R.Kelly, ainsi que ceux du jeune artiste touche-à-tout XXXTentacion. Dont acte.

« Sa musique sera toujours disponible via notre service, mais Spotify ne souhaite pas la promouvoir activement. Nous ne censurons pas de contenu en raison du comportement d’un artiste ou d’un créateur, mais nous désirons que nos décisions éditoriales – ce que nous choisissons de programmer – reflètent nos valeurs. Quand un artiste ou un créateur fait quelque chose de particulièrement détestable ou répréhensible, cela peut affecter la façon dont nous soutenons cet artiste ou ce créateur » – Communiqué de Spotify concernant R.Kelly –

Dans le cadre d’une nouvelle politique contre les contenus et comportements haineux ou néfastes, les discographies des deux hommes n’apparaîtront plus dans les playlists du service. R.Kelly pour les nombreuses accusations de harcèlement et d’abus sexuels portés à son encontre, XXXTentacion pour les multiples violences perpétrés sur ses fans ou sur sa compagne de l’époque (alors enceinte). Le lendemain de cette décision, deux autres systèmes de streaming se sont passés le mot à propos de R.Kelly – Apple Music et Pandora ont annoncé qu’ils cesseraient également de promouvoir la discographie du rappeur américain. Ses avocats sont actuellement entrés en guerre avec ceux du service de streaming suédois, considérés comme chef de file de la décision.

Mais c’est surtout XXXTentacion – en tout cas son avocat, qui a apporté la « meilleure » réponse au géant du streaming scandinave, avec ce tweet bien senti listant les nombreux artistes, notamment Miles Davis, David Bowie ou Seal, ayant eu quelques sueurs froides judiciaires au cours de leurs carrières respectives, certains pour viols sur mineurs, d’autres pour violences domestiques, beaucoup pour violences sexuelles, un seul pour être néo-nazi.

Spotify et son équipe juridique ont expliqué qu’ils se pencheraient sur la décision de supprimer des artistes, en étudiant leurs actes incriminés au cas par cas. On les voit quand même très mal supprimer Michael Jackson, Dr. Dre ou James Brown de leurs playlists, le format étant le plus lucratif du service. Ni même revenir sur leur décision à propos des deux rappeurs, ce qui serait un complet désaveu.

Des artistes tels que 50Cent sont montés au créneau afin de défendre les intérêts des deux rappeurs qui, on le rappelle, sont toujours présumés innocents.