Sur YouTube, la chaîne musicale COLORS fait la part belle aux musiciens contemporains : de Hamza et Billie Eilish, en passant par JMSN.

Sur un fond bleu, une voix doucement réverbérée nous murmure à l’oreille, sur un doux son soulful. Le tout, pour une ambiance ultra smooth. Cette voix, c’est celle de Raveena —  chanteuse new-yorkaise — qui joue son morceau « If Only » (issu de son EP Shanti) sur le plateau de COLORS. Le duo Haute électro-pop y était également passé l’an dernier.

« All COLORS, no genres ». Tel est le credo de cette chaîne musicale YouTube, basée à Berlin. Créée en 2016, elle invite des artistes — hip-hop et/ou r’n’b pour la plupart — à performer dans un studio monochrome. Elle met également en place des COLORS chat, soit de courtes interviews d’artistes ayant participé au show.

La force de COLORS est de donner une plateforme à des musiciens souvent peu représentés dans le hip-hop r’n’b contemporain. En effet, tournée vers des artistes internationaux, elle permet de sortir le genre de l’hégémonie anglophone (cet aspect est néanmoins davantage visible du côté des profils masculins).

Ainsi, Dean prend à revers l’étiquette K-pop — terme à la fois trop réducteur (car basé sur l’angle coréen) et trop large pour être précis — qui lui est attribuée, pour livrer tout l’étendue de sa fibre r’n’b. Ceci sur le titre « love », fruit de sa collaboration avec Syd (The Internet). Pour avoir aussi travaillé avec le prolifique Anderson .Paak, Dean s’impose comme un nom à retenir.

De même, le rappeur estonien Tommy Cash donne un live déjanté de son titre « Winaloto ».

Un peu plus au sud de l’Europe, Kareem Kalokoh nous vient tout droit de Grèce avec son morceau « Whip Game ».

Par ailleurs, la chaîne YouTube met en avant des talents francophones : Hamza, mais aussi Jok’air — et sa voix sensible — et Siboy (auteur de « Mobali », en feat avec Benash et Damso) sont eux aussi passés par Berlin.

Les rappeurs hispanophones répondent aussi à l’appel : la preuve avec Pimp Flaco et Kinder Malo, sur « Chemtrails ».

COLORS perce donc en diversifiant cette scène, nid de talents à suivre de très près.

Et pour clôturer en beauté, « Good morning » de Joyce Wrice vous plonge dans une ambiance 90’s, accompagnée par un saxophone aux accents de serial lover.