Difficile d’imaginer que Filthy Frank, responsable de l’inénarrable joke viral du « Harlem Shake », ait signé l’équivalent d’un album de trip-hop/r’n’b au style pop lo-fi parlant de rupture sous le nom de Joji et pourtant c’est bien la même personne ! En effet, de son vrai nom George Miller, il aussi est un producteur, rappeur et chanteur basé à New York ayant signé le label spécialisé en musique asiatique 88rising. Son nom d’artiste vient de la prononciation japonaise de « George », car il est à moitié japonais et a grandit à Higashinada-ku à Kobe avant de venir s’installer à Manhattan. 

Le 5 février 2013 naissait ce phénomène étrange de courtes vidéos de 30 secondes de danses incontrôlées sur un extrait du morceau « Harlem Shake » de l’artiste Baauer : des vidéos perpétrées par des videos bloggers tels que Filthy Frank dont les vues ont littéralement explosé en l’espace de quelques jours et fait des émules. Il faut dire que ces vidéos de courtes durées étaient drôles et tellement faciles à regarder pendant la pause déjeuner et tout le monde s’est ensuite pris au jeu de faire son propre Harlem Shake !

Mais derrière ce fameux blogger à l’humour potache dénommé Filthy Frank se cache également un artiste musical au talent plus classique : car Joji nous a livré en début d’année un album de entre trip-hop et r’n’b émaillé de riffs pop parlant de rupture, un album contre toute attente de belle facture qui lui a valu les honneurs de se produire lors d’une Boiler Room épique en mai dernier à Los Angeles. Il a débuté sous le pseudonyme Joji en 2015 via sa page soundcloud et bien que sa musique fut tout d’abord destinée au cadre strictement privé les réactions l’ont poussé à rendre sa page publique avec deux singles qui feront partie du premier EP Chloé Burbank Volume 1 (sur le label 88rising) suivi ensuite d’un autre EP intitulé In Tongues (sur le label Empire) ainsi qu’un troisième Lost Instruments.

Il faut dire que depuis quelques mois Joji envahit la toile de ses titres et vidéos (issus de ses EPs) avec des titres comme « I don’t tanna zeste my time », « Rain on me », « Will he », « Worldstar money » ou encore « Once in a while » dont chacune ou presque dépasse les 10 millions de vues youtube !

Mais bien sûr chassez le naturel et il revient au galop, on ne peut pas impunément faire des vidéos obscènes pendant des années sans que ce coté de votre personnalité ne revienne vous titiller : il a trouvé la solution avec le projet Pink Guy qui lui sert apparemment d’exutoire où il peut donner du « let me lick that pussy » à loisir… C’en est presque triste non?