La question se pose depuis bien avant la sortie de « Reputation », le sixième album studio de Taylor Swift. Un album qui traite de l’amour, de la trahison, de la célébrité mais surtout de Taylor Swift, quand Donald Trump est président des USA, les hommes des gros cochons et que Kim Jong Un a le doigt sur le bouton…

Des thèmes récurrents chez Taylor Swift : elle-même, l’amour, la trahison – mais que penser alors, en conservant bien en tête ses thèmes, de l’année de sortie de son sixième album « Reputation » ? Comment, en tant qu’artiste féminine et américaine, peut-on sortir un album fin 2017 sans même traiter une seule fois de Donald Trump ou de Harvey Weinstein et consorts ? Le fait est que cet album n’est qu’une visite dans la tête de l’une des artistes les plus streamés des Etats-Unis, un voyage interne et nombriliste qui nous démontre à priori que l’on peut être l’une des personnes les plus influentes au monde et ne pas pour autant se sentir l’âme d’un leader. Alors… Un artiste se doit-il de nos jours d’être ad minima concerné, sinon acteur des polémiques ou des combats sociaux, médiatiques et politiques ?

On se rappelle que Taylor Swift était restée bien cachée pendant toute la durée des dernières élections présidentielles américaines, refusant toute interview et forçant les fans ou autres curieux à s’intéresser, le jour des élections, aux couleurs de sa tenue afin de déterminer pour qui elle avait voté – sacrés américains ! Des américains de plus en plus convaincus du vote de Taytay en faveur de Donald Trump. Toujours est-il que l’anecdote nous apprend que bien avant la sortie de son dernier album, Taylor Swift se gardait déjà de tout commentaire concernant la politique, devenant la cible de tous les cynismes.

A contrario, les albums ou morceaux de Jay-Z (The Story of OJ)Kendrick Lamar (Humble) ou Beyoncé, parus entre le début de l’année 2016 et cette fin d’année 2017, nous prouvent que le propos se cristallise désormais autour de la montée des extrémismes et donc du racisme, des guerres et des famines, des gouvernements du G8 ou des propos de Donald Trump… En bref, des sujets pas forcément réjouissants mais qu’on se doit de mettre sur la table, surtout si l’on est un artiste à très forte audience, comme c’est le cas de la jeune femme. Selon une étude américaine, les artistes ont d’ailleurs tendance à composer beaucoup moins de chansons tristes qu’avant l’année 2010, Taylor peut donc bien laisser les autres faire des chansons guimauves quelques temps et nous parler de ce que c’est que d’être une femme du show-business américain en 2017.

Certains artistes ont peu à peu étoffé leurs propos dans l’intérêt de tous. D’autres font l’autruche et préfèrent se terrer en eux-mêmes et continuer à faire comme si de rien n’était. On appelle ça la liberté d’expression, et tant que les deux camps seront représentés, l’espoir peut perdurer et Taylor Swift nous parler de ses problèmes intérieurs – encore et toujours.