Aujourd’hui sonne comme un avant goût de liberté. C’est l’heure du déconfinement, mais c’est surtout le moment de réfléchir à quel angle va devoir s’adapter la mode durant ces prochains mois. Quoique l’on en dise ce confinement aura un impact sans précédent sur le milieu. Positifs ou négatifs, quels sont ces changements drastiques qui ont eu lieu ces derniers temps dans la mode ?

Le nouveau modèle des défilés en ligne

La même nouvelle est apparue sur nos écrans: les prochaines Fashion week seront virtuelles. Perçue comme une réponse concrète à la crise, ces Fashion week digitales seront présentées sous forme de vidéos via une plateforme dédiée. Alors que Carine Roitfeld vient de produire pour l’association amFAR un défilé diffusé sur YouTube avec de nombreuses célébrités confinées, on peut tout simplement se demander si le défilé digital est sur le point de devenir un format récurrent dans le futur encore incertain de la mode. A priori pour le moment, oui. Potentiellement l’une des prochaines tendances de l’industrie, déjà imaginée par quelques marques japonaises et coréennes, les premières touchées par la crise du Covid-19.

De l’importance des live talks

Ce qui ressort de cette période d’isolement au sein de la mode fut le foisonnement de “live talks”, ces conversations entre personnalités du milieu de la mode. Cet élan a amené à de véritables discussions autour de questions qui auraient sûrement dû être posées plus tôt. Moment propice à la réflexion, c’est ainsi que des marques prestigieuses comme Prada, Chloé, Kenzo ou Bottega Veneta et bien d’autres ont joué la clé de l’échange. Un moyen pour se rapprocher de leur communauté ? Marketing ou pas, ces talks ont permis de maintenir un lien entre les marques de mode et la culture et ainsi d’amener à redéfinir une certaine perception que l’on se fait de ce milieu.

Les petites marques faites main sur le devant des écrans

@aliciamorgand_knit

Depuis quelques temps la mode se lance dans une trajectoire de digitalisation, mouvement qui s’accélère drastiquement, donnant par la même occasion la possibilité aux petites marques d’avoir le même espace (virtuel) que les mastodontes de l’industrie. Des petites marques, qui souvent prône le “handmade” comme la jeune créatrice Alicia Morgand, qui ont eu un certain succès – peut être pas si éphémère ?

La créativité des shootings DIY

Le contexte du confinement a rendu impossible les formats de productions classiques de type shootings à l’étranger ou en extérieur avec une très large équipe. La mode a dû trouver un moyen afin de continuer d’exister. La photographie virtuelle via FaceTime est ressortie grande gagnante de ce confinement. Les adeptes ? La dernière campagne Jacquemus, qui s’entoure de Bella Hadid, Barbie Ferreira ou Steve Lacy. Dirigées par le créateur lui-même, les personnalités ont pris la pose devant – mais toujours derrière l’écran – du smartphone du photographe Pierre-Ange Carlotti. Un concept inédit, d’un format qui semblait jusqu’ici commun. De nombreux créatifs ont utilisé les réseaux sociaux en cette période de confinement pour jouer de leur environnement, comme le styliste Nicolas Dureau qui reprend avec dérision des campagnes mode de maisons de luxe à partir d’objets quotidiens.