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Mardi 24 juin, deux jours avant la sortie officielle du nouvel album de Brutalismus 3000, le Rex Club ouvre ses portes pour une session d’écoute. Une centaine de personnes sont venues assister à la révélation de l’album Harmony. Bien connu chez Modzik, on retrouve l’authenticité de leur duo pour une nouvelle page sur la scène techno.
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Qui sont-ils ?
Formé en 2019 à Berlin-Neukölln, Brutalismus 3000 est composé de Victoria Vassiliki Daldas à la voix et de Theo Zeitner à la production. Le duo qualifie lui-même son genre de « nu-gabber-post-techno-punk ». On y reconnaît des influences pleinement assumées de la nouvelle vague allemande, de l’électroclash et de l’eurotrance, le tout sur une bonne moyenne de 160 bpm. Victoria Vassiliki Daldas chante pour les communautés queer et féminines de la scène club berlinoise, et leur manifeste tient en une phrase : « La scène techno est tellement sans style ».
Au-delà de la musique, ils participent à un tournant culturel et esthétique, avec la volonté claire d’abolir une austérité monotone. Leur musique peut être qualifiée de choquante : on y trouve des allusions à Kraftwerk, Iggy Pop, des rappeurs Soundcloud, les films de David Cronenberg et des super-héros vampiriques.
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Première partie mouvementée – Vilhelm
Le DJ londonien Vilhelm ouvre les festivités. Presque deux heures de set, seul face aux platines, à chauffer une salle qui sait déjà pourquoi elle est là. La piste se remplit progressivement, on a chaud, le club trouve son rythme. Il enchaîne les mixtapes, propose quelque chose de nouveau, parfois plus dansant, style house, parfois bien trash comme on aime la techno. Mais on attend tous le groupe fard pour lequel on s’est déplacé.
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L’assaut
Harmony s’ouvre sans prévenir sur No Friends In The Company, qui pose immédiatement le ton : c’est taillé pour être hurlé en chœur, chose à laquelle le public s’exécute. Le son est construit sur des kicks denses et une ligne vocale de Victoria Vassiliki Daldas qui oscille entre le cri et la psalmodie. Garland enchaîne en superposant des nappes de synthé vrombissantes, des boîtes à rythme qui cognent et menacent de tout faire exploser. On remarque une certaine évolution depuis Ultrakunst : le chaos est désormais arrangé et volontaire. Le public explose, ça crie, ça danse. A Milli, reprise de Lil Wayne, vient confirmer que le duo est ouvert aux différents styles musicaux : le classique de rap transformé en machine de guerre industrielle.
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Le cœur sombre
Pour la suite de l’album, on rentre dans quelque chose de plus dense, avec des sonorités complètement différentes. Mother Bug marque une première rupture de tempo, plus lente, plus électro. La voix de Victoria Vassiliki Daldas reprend l’espace, entrainant l’entièreté du club. Elle propose une acoustique beaucoup plus douce et enveloppante. I Bring My Gun To The Function avec Boys Noize retourne dans leur rythme habituel : explosif, construit sur un reverse bass associé au jeu de lumière du club qui rend le tout électrique. C’est peut-être le morceau le plus frontal de l’album. Kairo en remet une couche avec une structure hypnotique, presque tribale, qui rappelle que Brutalismus 3000 savent aussi installer une transe. Le public est au comble, on a mal au pied mais heureux d’assister à cette exaltation.
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L’inattendu
C’est ici qu’Harmony surprend le public. Morning Is For The Happy arrive avec Anya Taylor-Joy en spoken word, proposé sur une production glaciale. Sans doute le morceau le plus surprenant de l’album avec une musique mystique liée à la voix de l’actrice qui nous laisse perplexes. Puis Friends At The Pigshed avec le groupe Underworld renverse tout : lumineuse, elle ouvre l’album à d’autres horizons. Karl Hyde et Victoria Vassiliki Daldas s’y partagent les vocaux à part égale : la première techno et puissante, la seconde plus flottante.
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La déflagration finale
Gore Louvre arrive et change tout. Plus punk dans son énergie, plus frontal dans sa structure, c’est le moment cathartique de l’album. Et au Rex club ce soir-là, c’est le moment où la salle bascule vraiment. L’énergie monte d’un cran, les corps aussi. Puis Testo Skin referme Harmony en deux temps : d’abord une tension qui s’accumule lentement, puis une résolution qui n’en est pas vraiment une. Et Leonard Cohen, titre le plus inattendu de la tracklist, clôt le tout avec une étrangeté mélancolique qui traîne longtemps après la dernière note. Le public reste alors en suspens devant ce groupe qui a renversé le Rex Club.
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L’« harmonie » du titre
Pour ce nouvel album, le groupe propose une dualité extrême : d’un côté un titre en totale opposition avec les sons qui le composent, et de l’autre une forme de chaos organisé, carrément complémentaire. Treize morceaux, trente-six minutes, aucun temps mort. Le duo berlinois a pris la parole quelques instants ce soir-là, sans grand discours. L’album parlait déjà pour eux.
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Harmony est disponible depuis le 26 juin 2026 via Live From Earth/Columbia.
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Texte Marie-Kiara Broussard
Image de couverture dancewax
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