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À écouter Almost Monday, difficile de ne pas penser au soleil de San Diego, aux plages, aux virées entre amis et aux refrains chantés fenêtres ouvertes. Pourtant, derrière cette pop solaire et accrocheuse, le trio américain parle aussi de longue amitié et, avec THANK GOD IT’S ALMOST MONDAY, d’une entrée progressive dans l’âge adulte.

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C’est à Central Chapelle qu’on rejoint le trio, qui peaufine leur prochain post pour les réseaux sociaux. Chacun pèse les mots employés, échangent. Ils effacent, recommencent. Une fois le post envoyé, nous les réunissons dans la salle de concert.

Dawson Daugherty, Luke Fabry et Cole Clisby se connaissent depuis longtemps. Dawson et Luke tout d’abord avant de décider de quitter leurs études pour se consacrer à la musique. « Nous étions colocataires à la fac avant d’abandonner nos études », raconte Luke. Ils étudiaient alors le business et la philosophie. Cole, lui, avait choisi la data science à San Diego. « Smart guy », plaisante Dawson à propos de son camarade.

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Le groupe s’est construit au fil des changements de formation et d’instruments. « Quand on a monté le groupe, Luke et moi jouions tous les deux de la guitare, et Dawson jouait aussi de la guitare », explique Cole. Dawson passe ensuite à la basse, puis Luke prend le relais lorsque le groupe passe de trois à quatre membres. Depuis, la formule s’est stabilisée autour du trio, même si chacun continue de jouer de plusieurs instruments en studio. Quant aux batteurs, le sujet reste manifestement sensible : « On en a connu quelques-uns. Certains sont restés des amis, d’autres non », lance Dawson avec humour.

Même leur nom est arrivé presque par hasard. Ils auraient aimé s’appeler The Mondays. « Mais ce nom était déjà pris. Du coup, on a juste ajouté ‘almost’ devant », explique Dawson. Ce qui était une blague va finalement rester.

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@almostmonday

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Le groupe reste très attaché à San Diego. Dawson et Luke y ont grandi, tandis que Cole y conserve toujours de fortes attaches. C’est aussi là que Dawson et Cole se sont rencontrés grâce au surf. « Le groupe n’existerait même pas sans le surf, ce qui est assez drôle », estime Luke. Après les tournées, la ville est devenue leur refuge. « C’est vraiment agréable de revenir dans un endroit aussi paisible », explique-t-il. « C’est l’endroit idéal où rentrer chez soi ».

Depuis leurs premiers EP, don’t say you’re ordinary et til the end of time, Almost Monday a beaucoup évolué. Leur premier album, DIVE, sorti en 2024, avait déjà marqué un changement d’échelle pour le groupe, notamment grâce au succès de Can’t Slow Down. Mais l’évolution est aussi personnelle. « Nous avons indéniablement progressé en tant qu’auteurs-compositeurs », explique Luke. « On a en quelque sorte grandi ensemble ». Pour lui, la musique est finalement « un reflet de nos vies. »

Cette évolution se retrouve sur THANK GOD IT’S ALMOST MONDAY. L’énergie et les hooks qui caractérisent le groupe sont toujours là, mais certaines chansons sont plus intimes et personnelles. DIVE représentait davantage « la jeunesse », reconnaît Luke. « C’est toujours le cas, mais ce n’est pas tout : il y a bien plus encore. » La musique reste joyeuse, tout en laissant davantage de place à ce qu’ils vivent aujourd’hui.

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L’un des exemples les plus touchants est Buzz, écrit autour du grand-père de Dawson, qui portait ce surnom et exploitait des fêtes foraines itinérantes. Le morceau a connu plusieurs versions avant que le groupe ne trouve la bonne. « On a essayé d’autres arrangements, avec peut-être une batterie plus puissante et tout ça, mais ça ne rendait pas aussi bien que l’approche intimiste de la chanson. » Ils ont finalement choisi de simplifier la production. « Il n’y a pas de bonne façon de faire les choses. C’est simplement ce qui nous semble juste. »

Pour le groupe, « La production, c’est un peu comme les vêtements que l’on fait porter à quelqu’un ». Sur Buzz, ils ont donc choisi quelque chose de plus simple, avec peu d’éléments. Les batteries n’arrivent véritablement qu’à la fin, laissant davantage de place à l’émotion.

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© John Mark Crenshaw

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À l’instar de DIVE, l’album s’ouvre de manière instrumentale avec son titre introductif, THANK GOD IT’S ALMOST MONDAY. « Ç’est vraiment sympa de composer une chanson qui serve en quelque sorte d’introduction à l’album », explique Dawson. Ils imaginent ce morceau comme leur propre version du jingle d’un grand studio de cinéma, « un peu comme notre version du THX d’un studio de cinéma ou de la 20th Century Fox ». Lors d’une listening party à New York, certains y ont même entendu une musique d’entrée pour l’UFC ou la WWE. « On adore ça. C’est fun. »

Le fun reste au cœur de leur manière de travailler. On leur fait remarquer que leurs chansons semblent presque toujours construites autour d’un hook mémorable. Dawson refuse pourtant d’y voir une recette précise : « Tu peux commencer par le titre de la chanson. Tu peux commencer par un petit air de flûte, par exemple. Tu peux commencer par n’importe quoi ». L’important est simplement de trouver « tout ce qui est suffisamment intéressant pour que tout le monde ait envie de continuer à le créer ».

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Cette façon de travailler explique aussi en partie leur complicité. De la colocation étudiante aux premières petites scènes, puis aux festivals internationaux, Almost Monday a grandi sans perdre le plaisir de jouer ensemble. Ils se souviennent notamment de leur premier passage en France, devant à peine quelques dizaines de personnes. Quelques années plus tard, ils se retrouvaient à Lollapalooza. « C’est fou », reconnaît Dawson. « C’est un sacré bond en avant. »

La France occupe d’ailleurs une place particulière dans leur parcours. « On adore la France. Des fans vraiment géniaux », affirme Dawson. Toulouse, Lyon, Paris : les souvenirs de concerts s’accumulent. Et lorsque la conversation évoque le morceau French Kids, témoignage de leur passage au Bikini et hommage au public français, les fait immédiatement rire. « Peut-être que chaque album contiendra simplement un nouveau titre intitulé  xxx Kids », plaisante Dawson.

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@almostmonday

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Il y a donc San Diego, le surf, la baseball pour Dawson, les tournées et cette envie de continuer à écrire des chansons qui restent immédiatement en tête. Mais il y a surtout trois musiciens qui ont aujourd’hui davantage de vécu qu’à leurs débuts. Ils ont grandi, oui. Pour le reste, ils ont l’air de vouloir continuer comme avant : jouer ensemble, rire beaucoup et voir où une bonne idée peut les mener. « Il n’y a pas de bonne façon de faire les choses. C’est simplement ce qui nous semble juste. »

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THANK GOD IT’S ALMOST MONDAY est disponible via Hollywood Records/Universal. En concert à Paris (Trabendo) le 30 janvier 2027.

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Texte Lionel-Fabrice Chassaing

Image de couverture © John Mark Crenshaw

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