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Une allure et une voix de diva, Wamen publie son premier album Vie d’adulte. Un projet empreint de douceur et de férocité, à l’image de l’artiste qui cultive sa singularité et échappe aux étiquettes.

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Artistic Palace. C’est l’endroit où nous avons rendez-vous ce vendredi midi. Le nom du studio donne déjà le ton sur l’artiste que l’on va rencontrer : Wamen. Chanteuse à la voix de miel, elle cultive une esthétique bien à elle, où se croisent soul, R&B, jazz, variété française et rap. Elle puise dans ces univers multiples sans jamais se laisser enfermer dans un genre. Surnommée « la reine des abeilles » par son public, elle a fait de cette image une véritable identité.

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Une image de diva assumée et revendiquée

En avril dernier à la Maroquinerie, Wamen n’a pas fait les choses à moitié. Allure de diva, trois tenues, des invités qui lui ressemblent, elle déploie sur scène une présence qui dépasse la performance vocale. Elle assume pleinement le terme de « diva », souvent associé à une image d’artiste inaccessible. Pour elle, c’est avant tout une façon d’habiter l’espace. « Être une diva, c’est quelque chose de très incarné, de très vivant. C’est une madone, une personne qui prend de la place. Pas seulement à travers sa voix, mais également par l’aura ». Une aura qui passe par le spectacle et le lien avec le public. « Une diva, c’est généreux. Aller voir une diva, explique-t-elle, c’est avant tout pour se prendre une claque ».

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Une identité musicale bercée d’influences éclectiques

Difficile de réduire Wamen à une seule influence musicale. Née à Douala au Cameroun, elle grandit dans une maison où la musique habite l’espace. « Il y avait toujours du monde pour danser et je me suis inspirée de ça, de ce qu’il y avait dans ma maison au Cameroun et de l’atmosphère, de l’énergie », confie-t-elle. Les voix d’Aretha Franklin, d’Otis Redding ou de Nina Simone accompagnent son enfance.

Jazz, soul, mais également variété française. Jacques Brel notamment, a profondément marqué son écriture. Elle admire sa manière d’écrire les émotions et de les rendre concrètes : « je pense que je lui ai volé ça ». Car chez Wamen, la musique accompagne le texte et les récits, sans les reléguer au second plan.

Et puis il y a le rap. « Je suis une mordue de rap », affirme-t-elle. Elle nous révèle son top 3 : « Josman, SCH et Dinos. Je m’en fous aujourd’hui de le dire. Je les aime tous. Les gars, vous êtes des monstres. Et sans vous, la musique française, elle perd en saveur ». Le rap participe à sa façon de concevoir la musique : force du texte, sens du récit et liberté artistique.

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Une catégorie à part

Grâce à ces inspirations, elle appartient à une catégorie à part, ou alors à aucune. Elle revendique une musique qui lui ressemble et cite des artistes comme Luidji et Yamê parmi les artistes qui ont contribué à ouvrir la voie à des univers difficiles à classer. « Des gens qui font juste de la musique », c’est sa manière de définir ces artistes qu’on a du mal à catégoriser, et ce qu’elle a fait sur ce premier album : « Il ne ressemble à rien de ce que j’entends, je n’arriverai pas à le mettre sur une catégorie fixe, c’est ma musique ».

Un album où elle a accepté de ne pas se brider et de se laisser aller à ses idées, le choix de donner encore davantage de place au texte. Son style se construit ainsi dans le croisement des inspirations et des influences, loin de toute appartenance figée à un genre.

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Wamen – Artistic Palace 09’26 © Paloma Nilles Voindrot

 

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Un entourage comme pilier et source d’inspiration

Si Wamen revendique une identité musicale singulière, elle ne s’est pas construite seule. Dans son parcours, les femmes de sa famille occupent une place essentielle. Son nom de scène est d’ailleurs un héritage : celui de sa grand-mère, figure clé de son histoire. « C’est elle qui fait de moi qui je suis aujourd’hui, ça a été la personne qui m’a toujours dit oui, et ma mère était la personne qui resserrait un petit peu, qui m’a donné cette éducation et cette façon-là d’aller chercher ce goût du labeur ». Deux influences complémentaires, qui ont façonné sa personnalité. Sa mère est aussi présente sur l’album et signe l’introduction, en chantant une chanson de son enfance. Un morceau qui lui permet d’infuser un fragment du Cameroun dans son projet : « c’était hyper important pour moi d’avoir ma langue natale dans l’album ».

Autour d’elle, les amitiés jouent également un rôle central. Elle est entourée d’artistes comme Kÿfy, qui façonnent son univers musical et dont les moments partagés ne se limitent pas au studio. Un duo dont l’alchimie se ressent autant en live session que sur scène avec Baby Pleure, morceau iconique témoin d’une amitié réunie par la musique. « Je veux un album en commun, un cinq titres où on vivrait pleinement ce qu’on ressent l’un pour l’autre, parce que c’est vraiment un ami, c’est une évidence, c’est une âme sœur musicale. Lui et moi tu peux pas l’inventer ».

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L’album, un autoportrait en trois mots : « Honnête, différent et fier »

Avec ce premier album, Wamen choisit de se raconter. « Je suis allée au bout de moi-même, au bout des choses. C’est pour ça qu’il n’y a pas de feat. C’était ma vie d’adulte ». Elle ajoute, « mais sur la réédition, crois-moi qu’il y aura la vision d’autres personnes que j’admire en tant qu’adulte ». L’album explore différentes formes d’amour : celui que l’on porte aux autres comme à soi-même, l’amitié, la nécessité de poser ses limites, mais aussi le rapport à la réussite, notamment dans Croix, son morceau préféré du projet.

Cet album qui peint et témoigne la construction de soi n’est pas présenté comme un aboutissement. Wamen doute encore, souvent, tous les jours. « Je doute de tout et tout le temps. Quand je doute, je chante, parce que ça occupe tellement le cerveau que tu n’as pas le temps de penser. Et j’essaie de me donner des mots d’encouragement ». Une artiste qui doute, cherche et évolue : l’album raconte le parcours d’une femme affirmée, mais toujours en mouvement, encore en train de se construire.

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Discipline, le morceau signature toujours attendu par le public

Le succès de Discipline illustre bien le lien particulier que Wamen entretient avec son public. Pourtant, elle ne s’attendait pas à un tel succès. « Même quand on en parlait à des professionnels de la musique, ils étaient en mode ‘énième guitare-voix. Va dans le top 50 de France. Est-ce que tu as vu un guitare-voix ? Ça ne va pas marcher’ ». Malgré tout elle décide de le sortir, pour elle, sans imaginer qu’il deviendrait l’un des morceaux les plus attendus de ses concerts.

Un texte longtemps retravaillé pour trouver un équilibre, « cet entre-deux magnifique de force, charisme, puissance féminine et vulnérabilité ». Et sur scène, le public connait les paroles et les reprend avec elle. Cette proximité n’efface pour autant pas la dimension spectaculaire de Wamen, mais plutôt la complète. La diva qui prend sa place est aussi celle qui « prend son public dans les bras ». Si Vie d’adulte est un projet profondément personnel, Wamen souhaite que chacun puisse s’y reconnaître. L’album dessine ainsi le portrait d’une artiste en mouvement, dont l’identité se construit au fil des expériences : tour à tour diva, mélomane, femme engagée, mais aussi simplement une femme qui apprend à mieux se connaître.

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Vie d’adulte – cover

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Wamen n’entre dans aucune catégorie. Elle préfère les faire dialoguer, les mélanger, les détourner pour construire un univers qui lui ressemble. Vie d’adulte en est le reflet : celui d’une artiste qui se cherche encore, mais qui sait déjà qu’elle ne veut renoncer à aucune de ses facettes.

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Vie d’adulte est disponible via M&C. En concert à Paris (Trianon) le 11 février 2027, en tournée française.

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Texte Paloma Nilles Voindrot

Image de couverture Wamen – LVDA

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