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Notre première rencontre avec Sebastian Schub s’était déroulée dans une église glaciale au nord des Pays-Bas où il donnait une performance captée par ARTE à Eurosonic. Près d’un an et demi plus tard, c’est à Paris en pleine canicule que nous le retrouvons lors d’une session acoustique qu’il réserve à ses fans aux quatre coins de l’Europe. Sebastian revient sur l’année écoulée, son nouveau single Kiss of Life, et la façon dont il fabrique sa musique aujourd’hui.

 

 

 

Sing like Madonna tournait en boucle sur les radios et les réseaux sociaux, son premier EP sorti, il enchaine à la fois les prestations solo avant d’ouvrir pour Noah Kahan. « Ce qui était complètement dingue. Et puis, oui, je suis allé en Amérique pour essayer de faire un album. J’ai écrit beaucoup de chansons. rencontré tous ces grands producteurs, musiciens et tout cet univers hollywoodien. Je n’ai pas aimé, et je me suis senti vraiment seul, vraiment perdu. Je suis donc rentré à la maison à Londres, et je suis retourné au Pays de Galles. J’ai rassemblé tous mes amis. » C’est là qu’est née Kiss of Life.

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Kiss of Life, sonne d’ailleurs très différemment, avec un vrai esprit de partage.

Sebastian Schub : Le son a mûri, c’est sûr. Il y a beaucoup de similitudes avec l’EP sur l’ensemble de l’album, mais Kiss of Life en particulier est une tentative d’aller vers quelque chose de plus grand. C’est la chanson que j’ai toujours voulu écrire, mais j’avais toujours trop peur. Je me disais : « Oh, je ne peux pas faire une chanson comme ça ». Alors on s’est lancés, on l’a fait, et je l’adore. Il y a des cordes, il y a de la batterie, il y a de tout. C’est une explosion de bonheur, cette chanson. La chanson commence avec une femme qui fait un bisou bruyant à son bébé : c’est mon amie qui embrasse son bébé. Et puis dans le refrain, tous mes amis chantent, un autre ami joue de la basse, et le gars à la batterie est aussi mon ami. Je trouvais ça agréable de faire de la musique en communauté, de faire de la musique avec des amis.

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Recording ©@sebastianschub

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On y entend des harmonies vocales très riches, un peu à la manière des Beach Boys ou de Bleachers…

Oui, des harmonies à la Beach Boys partout, c’est sûr ! Cette chanson est une lettre d’amour à Jack Antonoff, une lettre d’amour aux Bleachers, mais aussi à cette idée du « tout ou rien ». Je pense que la musique devrait être tout ou rien. Ça devrait être une question de vie ou de mort. Comme si c’était le dernier concert que tu ne joueras jamais. Cette énergie comme si on avait 120 ans. Kiss of Life est comme ça, et je pense que toutes les chansons devraient l’être.

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C’est une chanson qui parle d’amour au sens large…

Bien sûr. C’est une question de joie. Ça parle de mes amis. Deux de mes meilleurs amis sont tombés enceintes par accident quand ils étaient plus jeunes. C’était vraiment flippant, ce n’était pas prévu. Et puis ils ont eu leur enfant, et c’est devenu la plus belle chose qui nous soit arrivée en tant que groupe d’amis. La chanson parle de ce sentiment d’amour, de voir quelqu’un et de se dire : « Tu es la plus belle chose au monde ». J’essayais de capturer cette sensation d’avoir le cœur qui explose de bonheur. Je pense qu’on y est arrivé. Je le ressentais pendant l’enregistrement du refrain. Je regardais autour de moi, je voyais les gens que j’aime le plus au monde chanter avec moi. Mon cœur explosait de joie.

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Qui a produit ce titre et où l’avez-vous enregistré ?

C’est Jonah Summerfield, un producteur brillant. Il a un cabanon dans son jardin à Londres, rempli d’instruments et de jouets musicaux. On a tout enregistré là-dedans. Les cordes, la batterie, la basse… tout dans ce petit cabanon.

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Parlons des visuels du single. On te voit avec un Discman. D’où vient cette idée ?

Le Discman ? J’en avais un quand j’étais gamin. Tout le monde est nostalgique des cassettes, mais moi j’ai grandi avec les CD ! Il y en avait partout dans la voiture de ma mère. Je lui faisais des compilations sur CD pour Noël et son anniversaire. Avec cet album, j’avais envie de mettre davantage de moi-même dans tout ça. Me dire : « Voilà qui je suis, voilà la musique que je fais ». On met tout dedans.

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Lors de notre première rencontre, tu disais vouloir prendre ton temps pour cet album. Où en es-tu aujourd’hui ?

Ça a pris du temps, je ne peux pas le nier. On s’est un peu égarés aux USA, mais on est revenus sur les rails. Je voulais faire quelque chose qui me semble juste et qui me ressemble. Aujourd’hui, je pense qu’on y est. Je n’ai jamais été aussi enthousiaste à propos de ma musique. C’est ce dont je suis le plus fier. Pour tout te dire, on est encore en train de terminer l’album. Je n’arrête pas d’écrire de nouvelles chansons ! À chaque fois que je pense avoir fini, j’en écris une autre et je me dis : « Celle-là est vraiment bonne ». Je veux que cet album déborde. Je veux que la musique déborde. Je veux que ce soit vivant, extatique, amusant. Tout l’album a été enregistré entre le cabanon de Jonah Summerfield à Londres et une église au Pays de Galles. C’est un contraste énorme. L’église est magnifique. L’atmosphère y est très particulière. Tu es au milieu de nulle part, dans le calme. Les lieux où l’on crée sont extrêmement importants. Un cabanon, une église, une maison, un studio… il faut trouver ces espaces qui te donnent envie de créer.

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Sebastian Schub – Recording Wales © @sebastianschub

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Tu as lancé les sessions Early Versions. Quel est le but de ces petits concerts ?

Early Versions, c’est un endroit où je peux prendre du plaisir. J’ai envie de jouer de nouvelles chansons devant les fans dans un cadre très intime pour les tester. Parfois, tu écris un morceau en pensant que c’est le meilleur de tous les temps, puis tu le joues sur scène et tu réalises que ça ne fonctionne pas. Je préfère découvrir ça devant quelques dizaines de personnes que devant 10 000 spectateurs en première partie de Noah Kahan. C’est un peu comme les humoristes qui testent leurs blagues avant leur spectacle. Cette proximité avec le public est vraiment spéciale. En réalité, c’est une idée assez égoïste : je le fais aussi pour moi.

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Sebastian Schub – Paris 06’26 © LFC

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Sur scène, tu seras seul ou avec un groupe pour la suite ?

Certaines sessions Early Versions se sont faites avec un groupe, d’autres avec deux chanteuses. Peu importe qui est là. Si je connais un musicien dans la ville où je joue, je l’appelle et je lui demande de venir jouer quelques morceaux. J’aime cette idée de construire une communauté. Mais pour la tournée de cette année, ce sera définitivement avec un groupe. Je ne veux plus jouer seul. On est en train de finaliser les dates et on les annoncera bientôt. Je n’ai pas le droit d’en dire plus, mais oui, on partira bien en tournée. J’adore être sur la route. J’adore jouer. Je voudrais jouer tous les jours.

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Album cover

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Quelque chose a changé chez Sebastian Schub. Sans renier ses ambitions, il a troqué la quête du « plus grand » contre celle du « plus vrai ». Et c’est peut-être là que réside sa plus belle évolution : dans cette façon d’ériger ses chansons en lieux de rencontre, où les amis, les souvenirs et les émotions chantent à l’unisson. Sebastian Schub chemine ainsi sur cette ligne fine entre bonheur et beauté, en nous offrant, à chaque chanson, un peu plus que de la musique : un fragment de lui-même.

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Kiss of Life est disponible via Island EMI/Capitol.

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Texte Lionel-Fabrice Chassaing

Image de couverture ©Una Burnand

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