/

Révélée sur les réseaux sociaux, Merveille s’est rapidement imposée comme l’une des voix montantes de la scène musicale française. Sacrée Révélation féminine aux Flammes 2024, la jeune chanteuse publie son nouveau single, Illico Presto. À l’occasion du MaMA Festival, nous sommes allés à sa rencontre pour échanger sur son parcours, ses inspirations et ses ambitions.

/

/

De BandLab aux millions de streams de Citadelle, devenue virale sur les réseaux, tout est allé très vite. Est-ce que tu réalises le chemin parcouru ?

J’ai commencé à le réaliser. C’est vrai qu’avant je ne le réalisais pas trop, j’étais dans une forme de déni. Mais maintenant, je me dis qu’à 16 ans, j’en ai fait des choses. Je suis très fière de tout ce que j’ai accompli. Je me dis, que tout le monde n’a pas cette chance-là. Je suis très reconnaissante envers mes fans.

 

Qu’est-ce qui t’a poussé à faire de la musique ? Est ce que c’était une ambition personnelle ou est-ce que cette envie est née du succès que tu as rencontré sur les réseaux sociaux ?

J’ai toujours fait de la musique. Toute petite, je chantais déjà dans une chorale gospel à l’église. Puis j’ai commencé à chanter seule chez moi. Au fond, j’ai toujours su que je deviendrais chanteuse, sans vraiment savoir comment. À l’époque, j’habitais à Saint-Étienne et j’avais déménagé à Paris pour participer à The Voice. Finalement, ça ne s’est pas fait, mais c’était peut-être pour quelque chose de plus grand. Mes copines ont joué un rôle important : elles m’ont toujours encouragée à me lancer, à aller en studio, même si je n’en avais pas forcément les moyens. Quand j’ai commencé à avoir du succès sur les réseaux, ça m’a confortée dans mon choix. Je me suis dit : « Ça y est, j’ai enfin trouvé le rôle de ma vie. Je suis chanteuse ! »

/

/

Au cours de ta carrière musicale, tu as eu l’occasion de collaborer avec de nombreux artistes, comme Tiakola, Lisandro Cuxi, YLS ou encore Franglish, qui ont chacun leur propre univers musical. Comment choisis-tu les artistes avec lesquels tu souhaites collaborer, et qu’est-ce que ces rencontres t’ont apporté, aussi bien sur le plan artistique que personnel ?

Pour être honnête, ce n’est généralement pas moi qui sollicite les collaborations. La plupart du temps, ce sont les artistes qui viennent vers moi. La seule exception, c’est Mimi KDS, que j’ai contactée pour mon EP WONDERSUMMER. Toutes ces collaborations m’ont surtout permis de toucher un nouveau public. On a parfois des univers et des audiences complètement différents, mais c’est justement ce qui est intéressant. En partageant des morceaux avec d’autres artistes, on permet à nos publics respectifs de découvrir autre chose et, peut-être, de se retrouver dans la musique de l’autre.

 

Ta collaboration avec Tiakola sur le titre PROTECT a particulièrement bien fonctionné. Est-ce qu’autant de succès peut aussi être un piège ?

Je trouve que c’est que du positif. Après je comprends l’intérêt de la question parce que c’est vrai que quand on produit un titre qui fait autant de vues, on s’attend à ce que le prochain fasse la même chose. Si la suite n’a pas autant de succès, on est forcément déçus. C’est un fait. Mais après tu te relèves en vrai. Dans tous les cas c’est comme ça. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Il faut seulement savoir se relever.

/

©shauneseyes

/

Dans une de tes musiques, tu parles des gens qui t’ont jalousé par rapport à ce hit, notamment des garçons. Comment abordes-tu les collaborations asymétriques ?

Je me fous des jalousies. Ça m’importe peu. Bien sûr que je savais qu’il y aurait des jaloux parce que je featais avec Tiakola. Mais franchement cela ne me freine pas. C’était mon opportunité. Je n’allais pas m’arrêter parce que des personnes me jalousent. Il y aura toujours des jaloux. 

 

Dans En bas de chez moi, tu fais référence à  Sur ma route de Black M. Tu utilises aussi beaucoup de refs dans tes musiques en général. Quelle place occupent tes références musicales et culturelles dans la construction de ton identité artistique ?

Ces références, ce sont des choses avec lesquelles j’ai grandi et qui m’ont vraiment marquée. Sur ma route de Black M, par exemple, c’est toute une histoire pour moi. Stromae, Indila… Il y a énormément d’artistes qui m’ont marquée. Je suis sûre que si je passais trois ans à aller en studio tous les jours, je pourrais sortir plein de morceaux dans lesquels on reconnaîtrait ces références. Ce n’est pas une question de copie, mais plutôt de faire un clin d’œil à des titres que j’ai tellement aimés que j’ai envie de les mettre à nouveau dans la lumière. C’est aussi une façon de leur rendre hommage. Et puis, ça fonctionne bien parce que les gens reconnaissent ces références et peuvent s’y retrouver.

/

/

En juin 2026, tu as dévoilé ton nouvel EP WONDERSUMMER, dans lequel tu explores de nouvelles sonorités. Dans Où je vais, tu évoques le fait d’avoir trouvé ta voie, tandis que dans En bas de chez moi, tu affirmes vouloir reprendre le contrôle de ton histoire. Est-ce que cet EP marque un tournant dans ton parcours musical, mais aussi dans la manière dont tu te perçois et affirmes ton identité en tant qu’artiste ?

Oui clairement, c’est une transition. Ce projet m’aide à faire ma transformation. Une vraie métamorphose, comme un papillon. En fait, cet EP m’aide à montrer aux gens que je suis en train d’évoluer. Vous allez voir la suite. C’est encore plus dingue que tout ce que vous avez pu entendre. Cet EP, c’est juste pour ouvrir la porte. Normalement, si tout se suit bien, après tout ça, c’est l’album.

 

Cherches-tu à élargir ton public aujourd’hui ?

Oui, c’est important. J’aimerais trop wondersummeriser le monde. Je veux plus que le monde, je veux l’univers. Je veux être plus qu’internationale. Il faut que tout le monde soit des wonders. À terme, mon objectif c’est être reconnue partout.

 

Tu as crédité des producteurs/compositeurs sur ton EP WONDERSUMMER. Jusqu’où interviens-tu dans l’arrangement final ?

J’écris, je chante et j’essaie aussi de composer. En fait, je participe beaucoup à la création des morceaux. Parfois, c’est moi qui apporte l’idée de départ, les références ou certains éléments qu’on va ensuite développer ensemble. C’est vraiment un travail d’équipe. Je peux donc dire que je compose aussi, même si je ne maîtrise pas encore toute la partie technique. Disons que je sais faire le croquis, mais pas encore le réaliser.

/

©shauneseyes

/

Avec des titres déjà viraux et une forte visibilité, qu’est-ce qui t’attire dans un rendez-vous professionnel comme le MaMA ?

Je viens présenter la nouvelle Merveille. C’est aussi l’occasion de me faire découvrir auprès de personnes qui ne me connaissent peut-être pas encore, notamment des professionnels venus de l’étranger. Peut-être qu’ils vont aimer ce que je propose et avoir envie de partager ma musique dans leur pays. C’est comme ça que les choses peuvent évoluer. Je trouve ça génial de pouvoir rencontrer de nouvelles personnes, créer des contacts et toucher un autre public. On ne sait jamais qui peut être dans la salle, alors il ne faut négliger aucune opportunité.

 

Tu as confié préférer le studio à la scène et privilégier l’improvisation à l’écriture. Est-ce une façon de travailler dans laquelle tu te sens plus à l’aise, ou est-ce surtout un moyen de laisser place à la spontanéité et de préserver une part d’imprévu dans ta musique ?

En réalité, j’aime les deux. Parfois, quand j’écris et que j’ai déjà une mélodie en tête, je me rends compte que ça manque de quelque chose. Alors je cherche, j’essaie d’autres choses, jusqu’à trouver ce qui fonctionne. Je trouve ça important de ne pas rester bloquée sur une seule idée, parce qu’on risque de passer à côté de choses d’encore mieux. Et ce que je préfère au studio, c’est la cabine ! C’est un moment très intime, je suis seule face au micro, comme dans un battle entre lui et moi. J’aime aussi l’ambiance du studio, les canapés, le fait de pouvoir y rester des heures, parfois même y dormir. C’est un endroit très cocooning où je me sens bien.

/

/

Ton univers visuel semble encore peu exploité dans les interviews. Qui décide de ses couleurs, de ses coiffures, de ses tenues de pochette, et où s’arrête ta direction artistique ?

On décide de tout ensemble. J’ai ma propre coiffeuse et, parfois, on cherche des inspirations sur Pinterest avant de choisir une coiffure. Ensuite, on voit avec les producteurs pour le budget. Pour les vêtements, je peux travailler avec mon styliste, mais en ce moment, ce sont surtout mon producteur et mon manager qui s’en occupent. Évidemment, je donne toujours mon avis. Parfois, je leur propose des choses, et d’autres fois, ce sont eux qui m’appellent pour savoir si une tenue me plaît. Ils ne m’imposent jamais rien. On prend les décisions ensemble. Ils connaissent déjà très bien mon style et mon univers.

 

Au-delà des streams et des récompenses, quelle artiste aimerais-tu devenir ?

Je veux devenir une SuperStar, même une Super SuperStar ! Plus sérieusement, j’aimerais être une très bonne performeuse sur scène et créer des morceaux vraiment immersifs. Je veux que les gens aient l’impression d’entrer dans un autre univers lorsqu’ils écoutent ma musique, comme s’ils partaient en voyage. C’est quelque chose que j’ai déjà ressenti avec Ariana Grande ou Stromae. Récemment, je regardais son concert Multitude à Coachella et j’étais impressionnée. Je comprenais les gens qui pleuraient dans le public, et je me disais : « Pourquoi je n’étais pas là ? ». C’est exactement ce que j’aimerais transmettre à mon tour. Pour moi, la musique est une thérapie. Je ne fais pas ça pour l’argent, c’est vraiment secondaire. Je fais de la musique pour me libérer, mais aussi pour libérer les autres.

 

Quelle est la question que les journalistes ne te posent jamais, mais à laquelle tu aimerais répondre ?

Les journalistes ne me demandent jamais si je suis en couple ou si j’ai un copain ! Et la réponse, c’est non. Franchement, l’amour, ça fait mal à la tête… Ça peut te stresser, te fatiguer, te donner des cernes… Et moi, mon principal souci, c’est de préserver ma beauté et ma jeunesse ! Je n’ai pas envie de perdre mon temps dans des histoires compliquées. J’ai déjà suffisamment de choses à gérer avec ma carrière. Et puis, aujourd’hui, je me demanderais toujours si la personne est avec moi pour qui je suis vraiment ou parce que je suis Merveille. Après, on ne sait jamais, peut-être que je serai mariée à 25 ans. Mais pour l’instant, ça ne m’intéresse pas. Je suis concentrée sur ma musique. Si un jour je rencontre quelqu’un, je ne le cacherai pas. Aujourd’hui, je suis focus sur la musique.

/

Illico Presto est disponible via BLOOD LINE / MAP Record.

/

/

Texte Eva Bettale

Image de couverture ©Shauneseyes

/

/