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Vainqueur de Nouvelle École, Typhee franchit une nouvelle étape avec VEGA, son premier EP de dix titres. Entre rage, vulnérabilité et quête de sens, il y déploie un univers à son image, pensé comme une ascension à la fois artistique et personnelle. Deux dates parisiennes et une tournée dans toute la France sont annoncées. Un parcours que le rappeur marseillais aborde sans se laisser éblouir par la lumière. 

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C’est à Paris que nous retrouvons Typhee, avec un sourire communicatif tout droit venu de Marseille. Il y a encore quelques mois, son nom était celui d’un candidat de Nouvelle École. Aujourd’hui, le rappeur enchaîne les scènes et s’apprête à présenter son premier EP, VEGA. Une ascension fulgurante qui pourrait donner le vertige. Mais derrière l’énergie et la détermination, Typhee garde les pieds sur terre. En parallèle de sa carrière, il apprend à mieux se connaître. Il prend du recul sur son parcours sans pour autant se faire d’illusions sur la suite : « Cette lumière-là ne m’éblouit pas », nous dit-il avec douceur. 

Pour comprendre ce qui l’anime, il faut remonter à janvier 2025, au moment où il décide de se lancer pour de bon.

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« Je voulais vivre d’un métier passion »

Avant les morceaux, il y avait les mots. Typhee écrivait, beaucoup, sans forcément chercher à en faire de la musique. Puis, en janvier 2025, quelque chose bascule. Il explique : « J’ai décidé de commencer pour de vrai parce que je voulais vivre d’un métier passion et la seule passion qui me restait, c’était la musique ». 

Issu des quartiers populaires de Marseille, Typhee a longtemps cherché à gagner de l’argent, au point de partir travailler en Suisse. Il connaît la nécessité de se construire une sécurité et l’envie de ne plus manquer. Mais avec l’expérience, son rapport à la réussite matérielle se transforme : « Bien sûr, il faut de l’argent. Moi je viens des quartiers populaires, c’est normal que j’aie vu ça comme un trésor, mais je crois finalement que ça n’en est pas un. Je crois que ce qui est un trésor, c’est de se lever le matin et de faire quelque chose qu’on aime ». Une phrase qui fait écho à VEGA dans lequel il interroge justement ce qui mérite d’être poursuivi.

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Depuis sa victoire dans Nouvelle École, sa carrière s’accélère. Un potentiel que le rappeur SDM avait lui-même salué : « C’est à moi aujourd’hui de prouver qu’il ne s’est pas trompé en travaillant d’arrache-pied », confie-t-il.

Pensé avant l’émission, VEGA retrace son parcours et son évolution. Aujourd’hui, Typhee cherche à confirmer son succès auprès du public, conscient que les chiffres de la télévision ne reflètent pas toujours la réalité : « Quand tu sors de Nouvelle École, je trouve que tu fais des stats qui ne sont pas tes stats réelles. Ce qu’on fait aujourd’hui avec VEGA et avec l’annonce d’une tournée, c’est une sorte d’entonnoir pour voir ce qu’on vaut réellement. Quand on annonce une Cigale, on ne sait pas si on va faire sold out sans avoir sorti le projet. On fait un vrai paris ». Mais Typhee sait que tout ne sera pas toujours simple et qu’il connaîtra forcément des échecs. Malgré cette ascension rapide, il tient à rester authentique : « Je suis toujours celui que j’étais avant janvier 2025. J’ai toujours la même grinta », nous dit-il avec le sourire. 

Cette nouvelle vie est une expérience parfois fatigante, mais elle lui permet de grandir rapidement, bien au-delà de la musique. Il se confie : « J’ai appris en un an ce que je n’ai pas appris en dix, que ce soit socialement, émotionnellement ou dans le travail ».

À travers dix titres aux atmosphères différentes, VEGA revient sur les expériences, les doutes et les ambitions de Typhee : « Ce que les gens vont découvrir, c’est le Typhee du passé, du présent et du futur. Je parle d’un peu tout dans VEGA », explique-t-il.

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« VEGA c’est moi »

Entre trap et morceaux plus doux, VEGA dévoile les différentes facettes de la personnalités du rappeur marseillais : « Ce dont je suis le plus fier avec VEGA, c’est que c’est moi. Il y a dix étages, dix émotions ». Il ajoute : « Tant que je resterai fidèle à qui je suis, je serai toujours fier des projets qui sortent ». Pensé comme une ascension, l’EP raconte aussi les doutes qui jalonnent son parcours, notamment le syndrome de l’imposteur qu’il évoque dans RESET.

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©withtom_

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Sa démarche de présentation de soi se prolonge dans l’identité visuelle du projet, conçue avec une illustratrice et des professionnels de la 3D. « J’aime les histoires, j’aime les mondes, j’aime la fiction, surtout quand elle est ancrée dans la réalité ». Attaché au travail collectif, Typhee revendique une création ouverte aux autres : « Quand je regarde les crédits à la fin, ça me rend très fier », dit-il avec émotion. 

Une volonté de faire ensemble qui explique aussi son opposition à l’intelligence artificielle dans la création. « Il faut continuer de faire travailler les artistes. En vrai, ce sont eux l’IA. C’est grâce à eux que toute la matière utilisée par l’IA existe ».

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« J’ai appelé le projet VEGA pour l’ascension »

Située dans la constellation de la Lyre, Véga est une étoile qui symbolise l’ascension de Typhee. Le morceau VEGA, avant dernier titre de l’EP dans lequel il s’adresse directement à sa mère, occupe une place particulière à ses yeux : « J’ai rendu ce morceau éponyme parce que c’était mon préféré ».

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Dans La chance ou l’talent, seul featuring du projet, il partage le micro avec Soprano. Une collaboration dont il est particulièrement fier, autant pour la rencontre artistique que pour le sens du morceau. « Je voulais faire un morceau dont je serais fier encore dans dix ans et je pense que ce sera le cas. »

Il ajoute : « Au-delà du symbole, faire un feat avec Soprano sur mon premier projet important, c’est un indicateur sur le fait que je suis sur le bon chemin. C’est aussi une preuve que je fournis un travail plutôt cool. Je ne voulais pas faire un morceau avec Soprano juste comme ça. Je suis très content que le titre ait un sens, raconte quelque chose. Il parle de travail ».

Entre sa tournée à venir et une Cigale annoncée en février, Typhee avance sans vouloir brûler les étapes. Lorsqu’on lui demande quel artiste il souhaite devenir, sa réponse est simple : « Je ne veux pas devenir qui que ce soit, j’aimerais juste devenir la meilleure version de moi-même ». Il sait que des échecs l’attendent sûrement, mais il les considère comme nécessaires pour progresser. Il explique : « J’espère qu’on va se tromper, parce que c’est ce qui fait en sorte qu’on revient plus fort ensuite ». Pour conclure, Typhee va même plus loin : « Je me souhaite de me rater ». Une manière de montrer qu’il ne craint pas les défis, bien au contraire.

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Couverture de VEGA

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VEGA est disponible via MDBA/Only Pro/The Orchard. En concert à Paris (Maroquinerie) le 26 octobre 2026 (COMPLET), le 23 février 2027, à la Cigale, en tournée en 2027.

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Texte Eva Bettale

Image de couverture ©withtom_

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