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Figure incontournable de la pop contemporaine, Troye Sivan est devenu l’une des voix les plus singulières de sa génération. Avec plus de 15,5 milliards de streams, trois nominations aux Grammy Awards et des collaborations avec Charli XCX, Ariana Grande ou encore Madonna, l’artiste australien est aujourd’hui considéré comme le nouveau prince de la pop. Après le succès planétaire de Something to Give Each Other, Troye Sivan revient avec She’s The Best, son quatrième album. Un projet haut en couleur qui célèbre la culture queer. 

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Avec She’s the Best, Troye Sivan signe le projet qu’il considère comme le plus proche de lui-même. Et si l’album ne parvient pas toujours à accorder ses élans festifs et mélancoliques, il reflète un portrait sincère de l’artiste.

Dans ce nouvel album, Troye Sivan présente la fête comme un refuge dans lequel les identités peuvent s’affirmer sans avoir a prendre en compte les regards extérieurs. L’artiste australien fait de la culture queer le fil rouge d’un album traversé par les passions de jeunesse et une mélancolie persistante. 

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Une ode à la féminité

Dès le morceau d’ouverture, She’s the Best, Troye Sivan donne le ton. Sur une production électronique, il célèbre les femmes qui ont jalonné son parcours et lui ont permis de trouver sa place. Au-delà de l’hommage, le chanteur vient également reconnaître la part de féminité en lui-même qu’il a longtemps combattue avant de l’accepter pleinement. En réunissant Nicole Kidman et Sasha Colby dans le clip de She’s the Best réalisé par Gordon von Steiner, il donne vie à cette ode à la féminité dans laquelle il offre une place particulière aux femmes trans. 

C’est avec Party que l’album déploie toute son énergie. À la frontière de la pop et de la house, le morceau s’appuie sur un sample de Music de Madonna, icône queer incontournable. Son clip, lui aussi signé Gordon von Steiner, illustre cette fête sans fin, tourné dans un château anglais. Ici, la fête queer apparaît dans toute sa démesure, comme un espace où l’on peut enfin être soi, jusqu’à perdre la notion du temps. Une vision qui fait écho aux souvenirs des bush doofs, ces rassemblements festifs en plein air auxquels Troye Sivan a participé en Australie. 

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Un album plein de couleurs

Entre les rythmes électroniques et les élans de vulnérabilités accompagné par une musique plus organique et une voix plus chantée, She’s the Best joue sur deux tableaux. D’un côté, Canada Dry,  Party et Troye Meets World donnent le ton avec leurs productions électro et leurs rythmes entraînants. Avec ses sonorités pop des années 90 et son rythme irrésistible, Canada Dry rappelle Madonna. Le Boy évoque plutôt Air, avec ses arrangements plus aériens. À l’opposé, I Do This for You, Cowboy, Embarrassingly ou encore FF (Fucking Forever) révèlent un Troye Sivan plus intimiste. Deux facettes qui cohabitent tout au long des douze titres, parfois même dans un seul morceau, comme dans Le Boy, où les variations musicales accompagnent le changement d’énergie. 

Jack Antonoff a produit et coécrit cinq des douze morceaux, contribuant à cette diversité sonore. Pourtant, malgré quelques titres particulièrement entraînants, la mélancolie domine l’ensemble. La voix grave et posée de Troye Sivan y est pour beaucoup.

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Sur Lost Time, elle se retrouve presque noyée sous l’Auto-Tune, tandis que la programmation de batterie donne au morceau une énergie communicative. Lily-Rose Depp, qui chante en français d’une voix voilée, presque parlée, dans un registre qui rappelle Vendredi sur Mer, apporte un contraste avec cette production électronique. Le morceau oscille ainsi entre énergie et mélancolie, comme une bonne partie de l’album. Troye Sivan le décrit pourtant comme une manifestation song, une chanson qui exprime l’espoir en un avenir meilleur. Une façon de terminer le disque sur une note tournée vers demain, sans effacer les doutes qui le traversent.

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She’s the Best est disponible via Tokky’s Music/Interscope.

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Texte Eva Bettale

Image de couverture Joe Brennan @joebrennarghh/

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