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Trois jours au bois de Vincennes, 5 au 7 juin 2026, et une programmation 2026 qui assume plus que jamais son grand écart esthétique : We Love Green joue la carte du songwriting introspectif à la rave industrielle, du glam arty à la pop génération TikTok. Trois jours où têtes d’affiche internationales et scènes pointues se croisent sans complexe. Une affiche tentaculaire, à l’image d’un festival entré dans une nouvelle ère.
Car depuis son rachat à 80 % par le groupe Combat, présidé par Matthieu Pigasse (derrière Les Inrockuptibles, Radio Nova, Rock en Seine) et par le géant de la production live AEG Presents, We Love Green change d’échelle. Le rapprochement « marque une nouvelle étape pour We Love Green, avec pour ambition de renforcer son impact, de se développer à l’international et d’affirmer son rôle de plateforme d’innovation culturelle et écologique ». Traduction : voir plus grand, plus fort, plus loin sans perdre l’ADN éco-conscient qui a fait sa singularité.
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Vendredi 5 : art pop, élégance et freak chic
Le coup d’envoi est donné par Gorillaz, tête d’affiche évidente et machine à grooves hybrides. Damon Albarn et sa bande virtuelle incarnent à eux seuls l’ADN du festival : transversal et global. Entre hip-hop mutant, électro vintage et pop mélancolique, ils fédèrent les générations.
À leurs côtés, Little Simz impose son rap orchestral et politique, pendant que Feu! Chatterton continue de porter haut le lyrisme Made in France. Le romantisme magnétique de Dijon répondra aux fantaisies cosmiques de Sébastien Tellier.
Mais We Love Green 2026 soigne aussi ses marges : la pop expérimentale de Sudan Archives, les textures électroniques radicales de DJ Gigola et l’avant-garde japonaise de ¥ØU$UK€ ¥UK1MAT$U dessinent une première nuit entre élégance arty et déflagrations club.
C’est aussi du côté de la scène émergente internationale que la journée prend son relief. Yoa propose une pop française intime et directe, où la sensibilité des textes se mêle à des arrangements contemporains. Max Baby déploie un pop rock flamboyant et scénique. Luvcat construit un univers rétro-dramatique et cinématographique, entre torch songs modernes et esthétique cabaret. Enfin, Laze impose une énergie frontale et une intensité vocale qui font vibrer chaque morceau.
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Samedi 6 : brouillage des genres
Le 6 juin ressemble à l’expression de l’esprit d’une génération. Addison Rae croise Mac DeMarco, pendant que Hayley Williams rappelle que l’emo peut muter en art-pop. Côté français, disiz et Oklou poursuivent leur exploration hors format.
Mais le festival assume surtout un véritable bouillon d’influences et un brouillage des genres : trap, pop-rock, grime, deep goth americana. Adés The Planet, Qendresa et Etta Marcus incarnent cette hybridation permanente.
La scène caribéenne et francophone n’est pas en reste : Blu Samu et Bamby, figure majeure de la musique caribéenne. De son côté, Erin LeCount incarne une alt-pop britannique élégante et ambitieuse, prête à s’imposer bien au-delà des radars indé.
Sans oublier Theodora, déjà présente en 2025, qui revient auréolée de quatre Victoires de la Musique. La nuit, elle bascule vers l’électronique avec KI/KI et Overmono.
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Dimanche 7 : cathédrales émotionnelles et grand huit électronique
Clôture en majesté avec The XX, maîtres du minimalisme sentimental. Leur pop nocturne résonnera comme un ultime moment partagé. Autour d’eux, la programmation navigue entre introspection et extase : Ethel Cain et son americana gothique, Ninajirachi, électronica expérimentale et pop électronique avant‑gardiste, Marina (ex Marina & the Diamonds) et son mix europop dance, ou encore Charlotte Cardin, qui fêtera sa Victoire d’artiste féminine de l’année.
La relève continue d’imprimer sa marque : Aupinard, incarnation d’un nouveau souffle mêlant bossa nova et R&B à la française ; Danyl, autodidacte, producteur et beatmaker ou Rusowsky, qui mêle électro-pop et nostalgie festive des années 2000.
Mais le cœur battra aussi côté dancefloor : la reine belge Charlotte de Witte, l’Australien Dom Dolla, l’énergie hybride de Soulwax ou le B2B incandescent entre Bambounou et HAAi.
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Rap et hip-hop : créativité et hybridation sur scène
We Love Green 2026 met à aussi l’honneur une scène rap et hip-hop en pleine expansion, entre artistes émergents et expérimentations sonores. Bb Trickz présente un univers mêlant drill, pop rap et dembow, influencé par le hip-hop contemporain, tandis que Jeune Morty fusionne rap, trap américaine et influences afro, développant un style à la fois mélodique et rythmé. NeS explore un rap technique et mélodique, nourri par le boom bap et les textures lo-fi. Originaire de l’est de Londres, Lancey Foux s’impose comme une figure singulière du rap britannique avec un son hybride mêlant hip-hop, trap et influences expérimentales. Enfin, Jim Legxacy, avec son approche intimiste et ses productions novatrices, apporte une dimension électro-rap unique, oscillant entre rythmiques et ambiances planantes, captivant les amateurs de sonorités avant-gardistes.
Ces artistes incarnent un hip-hop en constante hybridation, capable de dialoguer avec la pop, l’électro ou l’indie tout en conservant sa singularité et sa force d’expression. We Love Green confirme ainsi que le rap demeure aussi un des moteurs créatifs du festival.
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Think Tank : résistance et idées en ébullition
Parallèlement à la musique, le traditionnel Think Tank de We Love Green prend une place affirmée. Cette douzième édition adopte une ligne sociale et libertaire, invitant à questionner les démocraties et à revendiquer un engagement culturel critique. Plaidoiries, débats, humour et controverses vont rythmer la scène.
Parmi les premiers intervenants : François Saltiel, Asma Mhalla, Salomé Saqué, Féris Barkat et Camille Étienne. Ensemble, ils incarnent un espace où pensée critique et engagement se rencontrent, prêt à secouer autant les idées que la scène musicale.
Cette édition 2026 se présente comme un tournant culturel. L’arrivée de médias comme Radio Nova et Les Inrockuptibles enrichit la programmation et crée une synergie nouvelle avec le festival, en créant des ponts entre musique, découvertes et initiatives culturelles.
We Love Green continue de jouer avec le risque, l’hybridation et l’éclectisme : pop, rap, indie, club culture et expérimentations dialoguent librement. Plus qu’un festival, We Love Green demeure un laboratoire à ciel ouvert : un espace où la transition écologique côtoie les transitions esthétiques. Un terrain de jeu où l’on danse autant qu’on débat. Et en 2026, le message est limpide : le futur sera hybride, global et amplifié.
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We Love Green du 5 au 7 juin à Paris (Bois de Vincennes).
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Texte Lionel-Fabrice Chassaing
Image de couverture ©Anthony Ghnassia
