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Révélée au public grâce à ses 23 freestyles dans le podcast Un Bon Moment, Mona Guba s’est depuis fait une place sur scène, notamment récemment à la Fête de l’Humanité. Elle publie son premier album, Un Bon Freestyle, qui rassemble quinze titres issus du podcast, avant de retrouver son public sur la scène de la Maroquinerie.
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C’est dans un petit square parisien, par une journée ensoleillée, que nous retrouvons Mona, sourire aux lèvres et matcha latté à la main. « J’ai trop hâte de faire la Maroquinerie », commence Mona. « Un peu stressée parce que c’est une grosse date, mais très contente. C’est ma plus grosse salle parisienne ! » Pour l’occasion, Mona Guba et son équipe ont vu les choses en grand. Leur plus gros show, fruit de trois jours de résidence et de plusieurs mois de travail : entre répétitions, organisation et arrangements minutieusement peaufinés.
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« Une opportunité de ouf »
Avant de rapper, Mona Guba pratiquait le kung-fu. Alors, comment le rap est-il entré dans sa vie ? Et comment cette discipline est-elle devenue une évidence ? Ses premiers pas dans le rap la conduisent jusqu’à Un Bon Moment, le podcast de Kyan Khojandi, où elle se fait connaître du public grâce à ses freestyles. Une exposition qu’elle mesure immédiatement comme une véritable chance : « J’ai toujours su que c’était une opportunité incroyable ». Loin de prendre cette opportunité à la légère, Mona se met rapidement une pression considérable. « J’ai pris tout très au sérieux car je savais que cette séquence pouvait changer les trois prochains mois, voir les trois prochaines années de ma vie ».
Derrière un micro, dans l’atmosphère intime d’un podcast, on pourrait imaginer l’exercice moins intimidant que celui d’une scène. C’est pourtant tout l’inverse d’après Mona. L’exercice est même parfois plus stressant, d’autant que la rappeuse ne dispose que de 48 heures pour écrire certains de ses freestyles. Elle explique : « Toutes les semaines c’est hyper challengeant. Quand il y avait un freestyle qui fonctionnait, c’était d’autant plus difficil de revenir car je ne voulais pas faire la copie, il fallait vraiment trouver un autre créneau ». Le défi est encore plus grand lorsqu’elle doit rapper face de grandes figures de la scène française, comme Oli ou Orelsan. « En face de moi il y avait Orelsan et pendant quatre minutes il sautait et me regardait rapper. Il n’y a rien de plus angoissant », confie Mona avec un sourire. Une expérience qu’elle garde en tête lorsqu’elle doit aujourd’hui affronter le trac. Elle ajoute : « Depuis, à chaque fois que j’ai peur de monter sur scène je me dis : ‘Tu as fait 23 freestyles dans Un Bon Moment‘ ».
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« Maintenant, il y a des gens qui me connaissent »
Le 13 septembre 2026, Mona Guba s’est produite à la Fête de l’Humanité. Si elle se réjouit à l’idée de retrouver son public à la Maroquinerie, l’inconnu ne lui a jamais vraiment fait peur. Depuis ses débuts, Mona a surtout eu l’habitude de rapper devant des personnes qui ne la connaissaient pas encore. C’est à la Fête de l’Humanité qu’elle mesure pour la première fois le chemin parcouru. « Ça m’a fait bizarre de voir que les deux premiers rangs connaissaient presque toutes mes paroles par cœur ».
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« Rapper c’est ce qui me tenait le plus à cœur »
Pour son premier album, Mona fait le choix de l’autoproduction. Logique pour une artiste qui avait déjà composé et écrit seule l’ensemble de son album. Elle explique : « Avec Un Bon Moment j’avais déjà une exposition importante. Il aurait fallu que le label apporte une vraie plus value… Parmi les propositions que j’ai reçues, rien ne m’a plus ». De nature fonceuse, Mona Guba a donc préféré avancer seule plutôt que d’attendre de trouver un label qui lui correspondait.
Cette liberté se retrouve dans son écriture, largement nourrie par ses rencontres. « Je choisissais beaucoup mes thèmes en fonction de qui il y avait en face de moi. » Face à Pénélope Bagieu et Nora Hamzawi, elle écrit sur les femmes, tandis que l’actualité vient aussi alimenter ses textes. Mona résume : « J’ai vraiment essayé de faire un mix entre les choses qui me touchaient et les choses qui touchaient les invités ».
Son écriture puise aussi dans son histoire personnelle. Très proche de ses deux grands-mères, Mona leur dédie Dimanche avec mamie, une ode à la vieillesse qu’elle considère comme une chance : « Si tu vieillis c’est que tu as la chance d’être là. J’ai récemment perdu ma tante d’un cancer. Ça m’a beaucoup chambouler. Tout ce qu’elle aurait voulu c’est vieillir et voir ses enfants vieillir ».
À travers son album, Mona cherche à faire passer un message simple : croire en soi et en ses rêves. « Même si j’aborde divers sujets, le plus important pour moi c’était de venir faire des freestyles et de les rapper. Depuis que je suis toute petite, je veux être rappeuse. C’est ce qui a été le plus dur et c’est ce qui m’importait le plus. » Un Bon Freestyle n’est donc qu’une première étape pour Mona Guba, qui compte bien poursuivre sur cette lancée. Ses prochains objectifs : remplir une grande salle parisienne l’année prochaine, sortir un nouvel album et continuer à briser le plafond de verre que ses freestyles lui ont permis d’atteindre.
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Un Bon Freestyle est disponible via Mona Guba (autoproduit). En concert à Paris (Maroquinerie) le 16 septembre 2026.
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Texte Eva Bettale
Image de couverture ©Étienne Olivo
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