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La playlist Modzik pour sonoriser ton weekend.

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FOLIE’S – PÉTASSE (FEAT. EBONY)

Pétasse, c’est la collision de deux trajectoires qui n’auraient pas dû se croiser. Ebony, révélée au grand public sur la Star Academy, n’a jamais joué la carte de la sagesse télévisuelle. Dès son passage dans l’émission, elle impose une voix et un caractère qui déborde le format. Avec son premier album Menelik, elle affirme une image forte, fait de puissance vocale, d’instinct d’interprète et d’une singularité qui ne doit rien à personne. En face, Folie’s. Depuis 2022, l’artiste parisien construit patiemment sa propre mythologie sonore, un croisement de rap, de soul, de funk, de disco et de pop sensuelle. Mais sur ce titre, il change de costume. Il lâche une partie de ses réflexes habituels pour aller chercher quelque chose de plus électrique. Les deux artistes se frottent l’un à l’autre. Folie’s explore une énergie inédite pour lui ; Ebony, elle, déploie toute l’ampleur de son registre, sans retenue. La production, aux accents funk-rock qui lorgnent vers l’efficacité chirurgicale du Michael Jackson de l’ère Bad, sert de terrain de jeu à cette rencontre : attitude, groove et sens du spectacle s’y mêlent dans une flamboyance vintage,. Le clip pousse cette ambition encore plus loin. Esthétique rétro et saturée de couleurs, luxe assumé jusqu’à la provocation, clins d’œil cinématographiques et atmosphère de film de gangsters revisité : Folie’s et Ebony y deviennent des personnages hauts en couleur, presque caricaturaux, dans un monde volontairement excessif, décalé, où tout est un peu trop et c’est précisément le but. (LFC)

Pétasse est disponible via Azur 1848.

 

 

 

JORDAN RAKEI – ENEMIES

Jordan Rakei ne chôme pas. À peine livré Between Us, son EP collaboratif, il revient en octobre avec un nouvel album, A Safe Place To Be Wild, dont nous aurons l’occasion de reparler tant il s’annonce passionnant. Premier aperçu, Enemies surprend par son mélange de psych-soul seventies, de chaleur organique et de groove. L’artiste né en Nouvelle-Zélande, installé au Royaume-Uni depuis l’adolescence, y règle ses comptes sans colère ni revanche. « C’est une chanson qui parle de ne plus se laisser faire », explique-t-il. Derrière ses allures de morceau estival, Enemies est une mise au point : « Guess we’re sworn enemies » devient une façon d’assumer la rupture et de laisser derrière soi des relations devenues toxiques. Multi-instrumentiste, producteur et compositeur, Jordan Rakei est devenu en une décennie l’une des voix les plus singulières de la scène soul contemporaine, naviguant avec élégance entre neo-soul, jazz, R&B alternatif et pop sophistiquée. Salué pour The Loop (2024), nommé aux Ivor Novello Awards, collaborateur de Bonobo, Tom Misch ou Loyle Carner, il signe ici le premier chapitre d’un septième album conçu en grande partie lors de sa résidence aux mythiques studios Abbey Road, où il s’est affranchi de toute contrainte créative. Le résultat est à la hauteur des promesses : A Safe Place To Be Wild est un album magnifique, sans doute le plus libre et le plus captivant de sa carrière. (LFC)

Enemies est disponible via Jordan Rakei/Universal. En concert à Paris (Bataclan) le 10 avril 2027.

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BAKAR – NEW ORDER FREESTYLE (IT’S ABOUT TIME)

Bakar est fan de New Order, tellement fan qu’il se lance dans un freestyle sur la mélodie de Dreams Never End, l’un des premiers morceaux du groupe mancunien. Une déclaration d’amour qui en dit long sur les influences de l’artiste londonien. Trois ans après l’excellent Halo, et après son EP de huit titres BEASTIE, Bakar reprend la parole avec un titre qui lui ressemble : libre et instinctif. Plutôt que de s’effacer derrière son modèle, il détourne l’instrumental pour affirmer sa propre voix. « Please don’t change my song like the radio » ou encore « They’ll never play us, but we don’t care no more » disent son refus de se plier aux attentes de l’industrie et son attachement à une indépendance artistique revendiquée. En cela, le morceau rejoint moins le texte de Dreams Never End qu’il n’en prolonge l’esprit : chez New Order, les paroles restent fragmentaires, oniriques, tandis que Bakar se montre terriblement direct. Les deux partagent pourtant une même volonté d’avancer sans se retourner. La vidéo, tournée par Jim Longden une heure après la dernière victoire de l’Angleterre face au Mexique lors de la Coupe du Monde 2026, ajoute une autre lecture. « I was feeling suuuper Englishh. #immigrant », écrit-il, résumant en quelques mots le rapport complexe qu’il entretient avec son identité britannique. Quant au sous-titre It’s About Time, il en donne lui-même la clé : « Time is everything ». (LFC)

New Order Freestyle (It’s About Time) est disponible via Bakar.

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OG LOUNIS & JOHNNY OLA – IMAGINE LE PRIX + DE NÎMES

En 2025, la Fédération des Amis du Hamac a décerné le prix du Meilleur morceau de rap pour se détendre et rêvasser à IMAGINE LE PRIX de OG Lounis et Johnny Ola. En 2026, ce morceau est en lice dans la catégorie Meilleur clip artisanal en technique mixte grâce à Clifto Cream. On doit à ce réal les magnifiques clips de certaines des œuvres les plus marquantes du rap parisien moderne (64 mesures de spleen de Jazzy Bazz, Daruma de Népal, Spectre de Sheldon). La collaboration entre le nîmois Lounis et le beatmaker et ingé son parisien (connu pour son travail avec Jazzy Bazz, EDGE, Rob…) nous offrit l’un des projets rap les plus agréables de 2025 : JE BRILLE QUAND MÊME. Un disque dont l’esthétique semble déjà intemporelle grâce au travail d’orfèvre de Johnny sur les samples élégants qu’il a utilisé et à celui de Lounis sur ses textes millimétrés servis par des flows posés envoûtants. Un an après, on s’y replonge avec un plaisir plus grand encore. On ne peut s’empêcher de se demander : « Si Lounis nous sert ça à 23 ans, que nous réserve-t-il pour le futur ? ». Mais comme il le dit lui-même dans DE NÎMES – morceau aussi illustré dans le nouveau clip – la pression est un ennemi de l’artiste et Lounis l’a tellement affrontée qu’il en a implosé. Maintenant, il garde la tête froide et attend avec sagesse la venue de l’inspiration. Surtout, il doit cracher ce rap en s’amusant, en se faisant plaisir, c’est comme ça qu’il est le meilleur. (AC-Le Rapporteur)

JE BRILLE QUAND MÊME est disponible via Goldstein Records.

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BECK – IN THE NIGHT

On était resté sur le magnifique set acoustique de Beck à Fnac Live en 2023, comme un retour aux sources folk qui semblait, avec le recul, annoncer la direction de son nouvel album prévu le 18 septembre 2026. Avec Ride Lonesome, premier single et désormais titre de ce disque très attendu, Beck confirme ce virage vers une écriture plus dépouillée, héritée de Sea Change et Morning Phase, tout en y ajoutant des nuances country et americana. In The Night, deuxième extrait, prolonge cette exploration d’un territoire plus intime et contemplatif. Véritable ballade nocturne, Beck nous plonge dans une atmosphère sombre et fragile, porté par une guitare acoustique délicate, des arrangements de cordes somptueux. In The Night évoque les pertes, les illusions qui disparaissent et les amours difficiles à abandonner, avec une poésie faite d’images mystérieuses et intemporelles. Le clip réalisé par Mikai Karl, avec Denis Lavant errant dans un appartement figé hors du temps, prolonge cette sensation de solitude et de mélancolie. Produit par Beck et mixé par Nigel Godrich, l’album Ride Lonesome marque les retrouvailles avec les musiciens qui l’accompagnaient sur Sea Change, Mutations et Morning Phase. Comme le résume Beck : « Tout en revisitant un lieu à la fois musical et physique, nous avons également eu le sentiment de découvrir de nouveaux sons et de nouvelles textures émotionnelles au fil de l’aventure ». Plus qu’un simple retour en arrière, ce nouveau chapitre semble ainsi être une relecture apaisée mais hantée de son propre héritage. (LFC)

In The Night est disponible via BH Music/Universal.

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ZINADELPHIA – THE SEAMSTRESS (STRIPPED)

Découverte lors de Rock en Seine 2025, Zinadelphia nous avait immédiatement séduits avec un concert tout en élégance, où le charme, la sensualité et une présence magnétique révélaient déjà une artiste à part. Originaire de Philadelphie, elle façonne depuis plusieurs années un univers singulier où la soul héritée des grandes voix d’hier dialogue avec une pop sophistiquée, le tout porté par un imaginaire inspiré du cinéma et d’une esthétique vintage très affirmée. Après avoir affiné son identité au fil de ses premières sorties, elle a franchit une nouvelle étape avec The Boutique, un EP de sept titres inspiré par l’esprit de la mythique enseigne londonienne Biba, véritable symbole du Londres créatif des années 60. Plus raffiné, ce disque explore les élans amoureux, le désir, les doutes et les aspirations avec une écriture à la fois intime et théâtrale. Si la version originale de The Seamstress séduit par son éclat, portée par un groove irrésistible, des cordes somptueuses évoquant le meilleur du Philly Sound et une production aux accents disco, cette nouvelle version acoustique en révèle une tout autre facette. Dépouillée, la chanson gagne en profondeur et en émotion. La voix de Zinadelphia est tout en délicatesse. Cette relecture prend toute sa dimension en faisant émerger l’essence même de la composition. Totalement indépendante, Zinadelphia confirme avec cette nouvelle interprétation qu’elle n’a besoin d’aucun compromis pour imposer sa vision artistique. (LFC)

The Seamstress est disponible via Zinadelphia (autoproduit). En concert à Paris (Les Étoiles) le 17 novembre 2026.

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TRICKY – I’M YOURS (FEAT. MITCH SANDERS)

Près de trente ans après avoir redéfini les contours du trip-hop avec Maxinquaye, Tricky continue le contre-courant. Depuis ses débuts en solo après l’aventure Massive Attack, Adrian Thaws n’a jamais cessé de brouiller les frontières entre hip-hop, rock, dub, soul, post-punk et électronique, faisant de chaque disque un territoire sonore singulier. Profondément marqué par la disparition brutale de sa fille en 2019, le musicien de Bristol s’était réfugié dans une succession de projets parallèles (Lonely Guest, Theis Thaws, Out The Way avec Marta), préférant créer loin de l’exposition médiatique associée à un album signé Tricky. Ce quinzième opus, Diffrent When It’s Silent, marque son retour, sans renier ce qui fait sa singularité. Construit autour de la collaboration et du partage : Tricky n’y apparait jamais véritablement seul, chaque morceau étant porté par des voix invitées, à l’exception de Frontier Town. Cette approche donne au disque une dynamique nouvelle, notamment grâce au chanteur Mitch Sanders, présent sur la majeure partie de l’album. I’m Yours, sur une production mêlant basse profonde, guitares aiguisées et arrangements éléctros, le falsetto sensible de Sanders contraste avec la voix grave et rugueuse de Tricky, créant un dialogue entre vulnérabilité et tension. Entre héritage trip-hop, influences rock, soul et textures expérimentales, Different When It’s Silent révèle un Tricky à la liberté artistique intacte tout en ouvrant son univers à de nouvelles voix. Passionnant. (LFC)

I’m Yours est disponible via False Idols/!K7/Bigwax.

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CITIZEN – OVER IT

Si vous cherchez le chaînon manquant entre The Weeknd et Justin Timberlake, CITIZEN The Artist pourrait bien être une réponse crédible. Derrière ce nom se cache Phineas J. Peters, un artiste indépendant américain qui a fait de la rencontre entre musique, image et stratégie digitale son terrain de jeu. Avec Overt It, il poursuit ses thèmes de prédilection : les relations amoureuses intenses, les ruptures impossibles, le désir et cette difficulté à tourner définitivement la page. Il mélange R&B moderne, pop sophistiquée et textures électros, avec des refrains conçus pour rester en tête. Mais la véritable singularité de CITIZEN réside dans son approche globale : chaque sortie devient un projet visuel pensé pour capter l’attention sur TikTok et Instagram grâce à des effets spéciaux artisanaux et des « magical tricks » qui transforment ses chansons en expériences. Sa méthode tient presque autant du marketing que de la création artistique, puisqu’il conçoit ses morceaux avec une logique de contenu viral et de construction de communauté. Qu’on adhère ou non à cette approche très (trop ?) calculée, force est de constater qu’il a compris les nouveaux codes de l’industrie : aujourd’hui, un artiste ne propose plus seulement une chanson, il construit un univers auquel le public a envie d’appartenir. (LFC)

Over It est disponible via CITIZEN (autoproduit).

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SHANNON – TÊTE

Quoi de mieux qu’un Tropical Mood pour rythmer l’été ? Si le nom du nouvel album de Shannon peut faire penser à un nom de cocktail, l’écoute de celui-ci renforce cette impression. Du shatta à la pop en passant par R&B, dancehall ou bouyon, la martiniquaise fait virevolter les saveurs dans une ambiance balnéaire et ensoleillée. Et un cocktail, ça se partage. Shannon invite alors du beau monde sur ce nouvel opus. La scène martiniquaise est évidemment à l’honneur avec les producteurs Mikado et Tutuss mais aussi la chanteuse N’Ken. Petit détour par d’autres îles des Caraïbes avec les guadeloupéens Whyneed et Pompis et le saint-lucien Blackboy, avant de se rendre au Nigeria avec la chanteuse Ohla et le chanteur Qudus. Après ce joli tour du monde, Shannon revient en France en collaborant avec le rappeur du 91 Bolémvn. De toutes ces influences et collaborations ressort un album libre, explosif et décousu dans le bon sens du terme. Comme Shannon le dit si bien dans son clip Tête, il va nous falloir une prescription pour que ses refrains sortent de nos têtes cet été. (EC)

Tête est disponible via Wence Entertainment. En concert à Paris (La Cigale) le 9 novembre 2026.

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