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La playlist Modzik pour sonoriser ton weekend.

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BORDERLINE – SKYLINE

À 20 et 21 ans, les Néo-Zélandais de Borderline ne traînent pas : entre le Prix du Public aux Aotearoa Music Awards et une présence sur la liste Future of Music 2026 de Rolling Stone, le quatuor avait déjà de quoi nourrir l’attente autour de son premier album éponyme. Skyline, choisi comme étendard, surprend par son virage assumé vers une pop funky super slick, loin du surf-rock indé qui avait vu naître le groupe au lycée. Influencés par une plongée dans Justified de Justin Timberlake, Ben Glanfield, Jackson Boswell, Matthew McFadden et Max Harries livrent ici une rythmique nerveuse, une basse funky et du son de guitare le plus addictif. Mais l’album ne se résume pas à cette unique facette. When It’s Raining, Terrify, Tainted, Watching It Burn ou That Girl dessinent un disque éclaté, chaque morceau empruntant une direction différente, funk, rock plus mordant, ballades plus sombres, sans jamais chercher de fil conducteur unique. Le quatuor revendique cette absence de ligne droite comme un parti pris. L’album navigue entre Coldplay, Michael Jackson et Fleetwood Mac sans complexe. Une mosaïque d’émotions contradictoires, à l’image de ces années de jeunesse instables que le groupe dit vouloir restituer. (LFC)

Skyline est disponible via Borderline/Empire. En tournée européenne, à Londres, The Social, le 22 aout 2026.

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PEARL & THE OYSTERS – LIGHTS OUT

Monkey Mind ne ressemble à rien de ce que Pearl & The Oysters avait fait jusque-là et pourtant, on les reconnaît immédiatement. L’évolution musicale est indéniable : le duo franco-américain assume désormais pleinement sa West Coast choisie, glissant vers une Yacht Music lumineuse et aérée, moins psychédélique que par le passé et plus ancrée. Exit les interludes synthétiques qui ponctuaient leurs précédents opus, seulement une intro, une outro et un instrumental, Shinkansen, tout en inspiration orientale, qui déroute et séduit à la fois. Le disque a été écrit et enregistré lors des incendies de Los Angeles en 2025, la seconde investiture de Donald Trump en toile de fond. Le contexte est lourd, la musique ne l’est pas, c’est tout le paradoxe de ce disque. Le titre lui-même vient du bouddhisme, le monkey mind, cet esprit agité qui saute d’une pensée à l’autre, et le groupe dit avoir composé l’album en quelques semaines pour transformer cette inquiétude en musique. Le disque s’ouvre sur une mélodie de piano qui revient hanter Wide Awake et donne le ton de cette nouvelle direction. Stratford & 52 groove à la Bird and The Bee, une influence revendiquée depuis leurs débuts, sur des accords tellement West Coast qu’on croit presque sentir le Pacifique, avec un solo de clavier jazz. Des flûtes sur Mandarin Moon, une inspiration brésilienne sur Doom Mood, la richesse harmonique chère à Joachim est toujours là. Et puis il y a le très lumineux et entêtant Lights Out, ode au perdant magnifique et célébration de la passion de Joachim pour les LA Lakers, avec un solo de saxophone signé Joey Dosik de Vulfpeck. Ce qui fait toute la différence cette fois-ci, c’est Jonathan Rado (Weyes Blood, The Lemon Twigs, Father John Misty) qui co-produit et mixe l’ensemble, enregistré sur bande avec un minimum d’overdubs. Monkey Mind garde tout ce qu’on aime chez Pearl & The Oysters, cette façon singulière de faire sonner la pop comme une évidence et une surprise à la fois mais passé au filtre de Jonathan Rado, plus ancré. (LFC)

Monkey Mind est disponible via Stones Throw Records. En tournée et Paris (Petit Bain) le 6 décembre 2026.

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KŸFY – LES ABEILLES (FEAT. WAMEN)

Venu de Grigny, nourri au rock autant qu’au rap américain, Désiré alias Kÿfy a construit depuis 2023 un univers où la soul se frotte au R&B, où l’afrobeat vient parfois réchauffer une mélodie. Ÿêrê, titre de son deuxième EP, est un mot du nouchi ivoirien pour donner un nom à ce qu’il traverse, cette zone trouble où l’on perd quelque chose avant de devoir, lentement, le reconquérir. On y retrouve les marques d’un parcours déjà amorcé sur le premier EP, où l’Ÿnterlude et Et sÿ posaient déjà les bases de cette écriture à fleur de peau. Le disque s’enrichit de quelques invités de marque. Mennel Salaam pose son grain sur un nouvel Ÿnterlude, tandis que Wamen apporte sa voix chaude sur le titre Les Abeilles. Côté musiciens, Te amo emprunte les courbes d’une rumba, sublimée par la guitare d’Anthony Datti. Un titre rend hommage à Fela Kuti, dont l’empreinte affleure jusque dans la trompette de Roy Markson. Toute cette matière est façonnée par Armand Tournier, producteur aux mains expertes (Camille Yembe, Oxmo, Swing…). Signé chez Sideline, le label de Josman, et fort de précédentes collaborations avec Tuerie ou Bluuchyd, Kÿfy continue avec ce captivant Ÿêrê de tracer une voie qui comptent dans le paysage de la soul francophone aujourd’hui. (LFC)

Les Abeilles est disponible via Sideline Records.

 

 

 

FROST CHILDREN – SATTELITES

Sans être jamais vraiment parti de la scène électro contemporaine, Frost Children est de retour avec un son nouveau. Le duo new-yorkais, formé par Angel et Lulu Prost, s’est imposé en quelques projets comme l’un des moteurs les plus imprévisibles de l’électro alternative actuelle. Leur ascension s’est aussi construite dans le mouvement collectif : collaborations avec Ninajirachi, Jane Remover ou encore Kim Petras, DJ sets incendiaires (pas plus tard qu’à la fête de la musique avec le collectif Life On Earth) et présence constante dans les sphères les plus nerveuses de la scène club et internet. En somme, Frost Children, c’est autant une esthétique qu’une énergie qui circule. Avec Satellites, leur nouveau single, le duo affine encore sa formule. Toujours ancré dans cette nostalgie indie sleaze fluo, le morceau glisse vers une texture plus techno, sans pour autant lâcher l’ADN électro/dance qui fait leur signature. Ça brille autant que ça sature, mais avec une précision nouvelle, peut être plus nocturne. Un avant-goût de Tweaker Poem, leur prochain EP attendu le 10 juillet, qui s’annonce déjà comme un nouveau chapitre dans leur trajectoire folle. (TR)

Satellites est disponible via Frost Children.

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ODETTO – KISS

Formé aux planches du Cours Florent et de l’école Mesguich, Vincent Odetto n’a jamais vraiment décroché de la scène il l’a juste changée. Révélé en 2022 aux côtés de 2TH sur On t’a vu danser, une compo signée Bomel, avant d’embraser la première partie de l’Olympia en 2025 de son compère, ce fils de la disco-pop française sait maintenant exactement où il veut aller. Kiss en est une des preuves. Après Du bleu des étoiles qui lorgnait ouvertement vers un funk solaire, cinématographique, porté par des nappes soul et un groove d’été, le voilà qui réajuste le tir. Retour aux fondamentaux. Le son de Kiss retrouve l’ADN de Sunset Radio, cet album-mosaïque sorti chez Apollo Sound, fait de scènes furtives et de séquences disco-pop taillées pour les fins de nuit. Odetto y creuse un sillon qu’il connaît bien : l’amour comme énigme, la séduction comme jeu dont on n’a pas les règles. Une femme illisible, une attirance qui flotte entre deux eaux, et cette honnêteté légère qui évite le piège du mélo. Le clip tourné à New York pose le décor, urbain, élégant, un rien insaisissable, à l’image du titre lui-même. Du bleu des étoiles puis Kiss, deux jalons qui dessinent en creux les contours d’un prochain projet encore tenu secret. (LFC)

Kiss est disponible via Appolo Sound/Sony.

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BEABADOOBEE – SUN HAS SET

Trois mois après la sortie de All I Ever Did Was Dream of You aux côtés des Marias, Beabadoobee vient de publier Sun Has Set. Et en a profité pour annoncer son prochain album, Pylon, qui sera dans les bacs le 18 septembre, ainsi qu’une tournée nord-américaine et européenne. En ce qui concerne le disque de la britannique, on en tire déjà quelques indices : la sélection des premières parties, Wisp et Violet Grohl, indique que l’on peut s’attendre à la dream pop typique de la chanteuse, teintée d’un shoegaze brumeux et d’un son 90s rêche. Le single, bien qu’entrainant, rappelle l’emo exalté de la génération MySpace, en partie de par son écriture très journal intime sans retenue. Déplorant les non-dits et l’hypocrisie des fausses promesses post-rupture, le morceau illustre justement les propos du quatrième album de Beabadoobee, qui explique à Alt Press y avoir écrit ce qu’elle aurait aimé pouvoir dire à certaines personnes. Pylon, partiellement produit par les membres des 1975, Matty Healy et George Daniel, invite les pointes de la scène rock du 21ème siècle : Hayley Williams, Brendan Yates de Turnstile ou encore Chino Moreno (Deftones) et Shane Moran (Title Fight) y apparaîtront. Une réunion des grands qui intrigue, voie nous fait trépider d’impatience. (MH)

Sun Has Set est disponible via Beabadoobee/Dirty Hit/Interscope Records. En concert à Paris, le Zenith, le 30 novembre 2026.

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SOMBR – MY BODY ISN’T READY

My Body Isn’t Ready, poursuit l’élan introspectif amorcé avec Potential et Homewrecker. Sous la production du fidèle Tony Berg, le piano lumineux évoque une pop mélancolique à la Coldplay. Production qui soutient un texte centré sur l’insécurité corporelle et la difficulté à se laisser aimer. Sombr, dont la grande taille a souvent nourri un malaise physique, chante la difficulté d’habiter un corps qui ne suit pas le cœur. « Je t’aime bien, mais mon corps n’est pas prêt… » Les stars d’Obsession et d’Off Campus, Inde Navarrette et Josh Heuston, servent de vecteur émotionnel dans le clip vidéo. Sombr accompagne la sortie d’un message adressé à son public : « J’espère que cette chanson peut signifier différentes choses pour différentes personnes. Elle peut être prise comme une métaphore. Ou cela peut être pris littéralement comme une description de la façon dont j’ai perçu mon propre corps, pour toute ma vie. Je voulais écrire sur ma lutte afin que d’autres personnes qui peuvent aussi être en difficulté sachent qu’elles ne sont pas seules ». Une manière d’inscrire son récit personnel dans une portée plus universelle. (LFC)

My Body Isn’t Ready est disponible via SMB Music/Warner. En concert à Paris (Rock en Seine) le 26 aout 2026.

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BLONDSHELL – VIOLINS

On n’arrête plus Blondshell : à peine plus d’un an après le très réussi If You Asked for a Picture sorti en mai 2025 (dont on se parlait ici) suivi d’une extension en novembre, la voilà de retour avec un troisième album studio, Violins, le 25 septembre 2026. Après avoir exprimé sa colère et exploré sa propre vulnérabilité à travers le prisme des relations amoureuses toxiques, elle prend de la hauteur avec des thèmes comme la religion, le corps et la guérison. C’est précisément ce dont parle le titre éponyme dévoilé cette semaine, annoncé par l’artiste californienne comme le « morceau préféré » de sa propre discographie, sur les réseaux – de quoi faire grimper d’un cran l’excitation des fans. Le clip, signé Sabra Binder, s’ouvre sur une structure de faon en glace, traversé de coulées de sang. La glace fond sous l’effet de l’air chaud d’un sèche-cheveux, que Blondshell tente, en vain, de bloquer. Au mur, un miroir sans tain l’empêche d’échapper à son propre reflet, tout en mettant sa souffrance à la vue d’autrui. Ces tentatives désespérées d’empêcher le sang de couler symbolisent la nécessité de se laisser le temps de guérir après un traumatisme. Musicalement, on passe de la douceur des couplets aux puissantes guitares d’un refrain qui prend aux tripes. « It’s not overnight » (traduction : « Ça ne se fait pas du jour au lendemain ») répète-t-elle comme une supplique, pour se convaincre qu’on ne peut pas accélérer la cicatrisation. De notre côté, on attendra le temps qu’il faudra pour découvrir le reste de Violins, le 25 septembre prochain. (EM)

Violins est disponible via Partisan Records. En concert le jeudi 10 décembre 2026 à Paris, Gaîté Lyrique.

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SPORTS – I CAN’T CRY!

Dix ans après leurs débuts en Oklahoma, les inséparables Cameron et Cale de Sports continuent de brouiller les lignes entre rock alternatif, R&B psyché et pop. Pour ce nouvel album, le duo avait besoin d’un nouveau départ : ils investissent un petit studio, en améliorent l’acoustique, peignent les murs en blanc et ramènent des restes de gazon du terrain de football de leur lycée pour en faire des tapis. C’est dans cet espace chargé de souvenirs qu’est façonné le disque, avant d’être confié à leur ami de longue date Chad Copelin pour le mixage. Sorti en février 2026, l’album, teinté de l’anxiété combattue durant son élaboration et très centré sur l’amour, la rupture et les états émotionnels du duo, se referme sur Metaphors, titre aérien où Cale cherche des images pour prouver l’évidence avant de trancher avec une simplicité désarmante : « All I know is that I love you ». « J’aime que l’album se termine par cette phrase. Je ressens un sentiment d’apaisement, même aujourd’hui, lorsque je l’entends à nouveau. » Un disque où les zones d’ombre côtoient l’espérance. Le duo propose aujourd’hui de faire un rappel avec I Can’t Cry! leur hymne de festival, où l’émotion passe par le ton, la production et la répétition plutôt que par des images poétiques complexes. Sports n’a jamais cessé d’avancer vers l’avenir. (LFC)

I Can’t Cry! est disponible via Sports/ONErpm. En concert à Montreuil (Marbrerie) le 29 octobre 2026.

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ORELSAN – BOSS CYPHER (FEAT. JUSTE SHANI, LEYS, MANDYSPIE, SURPRISE, 32, ENCORE UNE AUTRE)

Sorti en surprise ce mardi, le Boss Cypher au casting presque 100% féminin organisé par Orelsan a ravi les fans du rappeur mais a surtout permis de faire découvrir à un public néophyte d’excellentes rappeuses. Juste Shani commence par répondre avec un humour acide et féministe à la chanson Boss, tirée du dernier album du caennais, dans lequel il explique ne pas être le boss de son couple. Elle continue en avançant « tout schuss » avec charisme sur ce cypher plein de défoulement. Pendant une demi-heure les rappeuses interprètent chacune trois couplets. Leys sert sa trap pleine d’attitude « comme une boss lady ». Mandyspie et Surprise enchaînent les punchlines acerbes et cyniques en se backant avec complicité. 32, elle, enflamme l’appartement à chaque couplet, grâce à ses mélodies puissantes volontairement hors-temps. Le tout est ponctué par trois couplets d’Orelsan, dont deux exclusifs, et orchestré avec maestria par la DJ strasbourgeoise Encore une autre.

Boss Cypher est disponible via 7TH MAGNITUDE/ STRONG NINJA. En concert à Paris (Accor Arena) du 9 au 29 décembre 2026.

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