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La playlist Modzik pour sonoriser ton weekend.

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DANIELLE PONDER – POWER

Ancienne avocate de la défense publique à Rochester (New York State), Danielle Ponder n’a pas quitté le prétoire pour faire dans l’ornement. Power, son nouveau single signé Dead Oceans, label dont Phoebe Bridgers est désormais partenaire, installe d’emblée une atmosphère de trip-hop et soul imbriqués. Tout part d’un voyage à Dakar à 17 ans, et d’un retour vingt ans plus tard pour tourner le clip avec le réalisateur Fede Kortez. Ce double mouvement temporel est le cœur du morceau : là-bas, adolescente, elle avait trouvé « des langues qui portaient avec assurance des idiomes ancestraux », un monde où le pouvoir, l’autorité et le leadership avaient tous la couleur noire, une évidence que l’Amérique lui avait rendue inaccessible. Ponder redéfinit le Black Power non comme rapport de force mais comme « croyance radicale en notre capacité d’agir » et la musique suit cette logique, sans montée en puissance spectaculaire, construite sur une résistance permanente. Power sort pour Juneteenth, fête annuelle célébrée le 19 juin pour commémorer les contributions des Noirs américains. Power est une lettre adressée à cette jeune fille qui traversait l’Atlantique pour simplement exister, aux enfants de son quartier d’aujourd’hui à qui tout, dit-elle, « directement ou indirectement, répète qu’ils ne peuvent pas » mais aussi à une diaspora qu’elle invite à se souvenir qu’elle « est capable de voler ». Sobre, dense et nécessaire. (LFC)

Power est disponible via Dead Oceans.

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ZÉ – 4SHOPPING

Figure montante de la nouvelle scène rap française, poursuit l’affirmation de son identité artistique avec 4Shopping, extrait de son EP L’Assemblée. Originaire du 92, le rappeur navigue avec aisance entre rap et chant sur une production signée Kary, BSIDES et Ytasir Ipek, construite autour d’une énergie dansante et d’une atmosphère à la fois légère et nocturne. Porté par une énergie communicative, le morceau s’inscrit dans la lignée des titres capables d’accompagner aussi bien les soirées que les déplacements. Derrière son apparente légèreté, 4Shopping aborde les contradictions d’une jeunesse partagée entre attirance pour les plaisirs immédiats, quête de reconnaissance et relations sentimentales instables. Le refrain entêtant agit comme un véritable fil conducteur, tandis que les basses et les sonorités modernes renforcent l’efficacité de l’ensemble. affirme son style à travers une interprétation naturelle, où se croisent passages rappés et envolées mélodiques. Sa voix, souvent portée vers les aigus et sublimée par des touches d’autotune maîtrisées, apporte une dimension aérienne au morceau sans jamais en altérer la spontanéité. Réalisé dans le prolongement de cette esthétique, le clip plonge dans le quotidien de l’artiste et l’atmosphère de son quartier. Son travail visuel repose sur une mise en abyme subtile et un montage dynamique qui accompagne parfaitement le rythme du morceau. Avec 4Shopping, affine une formule entre mélodie, attitude et sincérité, en proposant un morceau aussi accessible qu’empreint de sa propre sensibilité. Une sortie efficace et maîtrisée qui illustre la progression d’un artiste en pleine ascension. (Marie Kiara Broussard)

4shopping est disponible via Morning Glory Music/RMS Records/Allpoints.

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HUPLA – EVERYBODY’S LOOKING FOR SOMETHING NICE

Hupla, contraction des premières syllabes de son prénom et de son nom, annonce avec cette petite merveille de single un album à venir : tout, dans sa construction comme dans son habillage, porte la marque d’un projet pensé en amont, déjà cohérent avant même d’avoir tout dévoilé. Après un album et deux EPs, Hugo y confirme sa position sur un terrain à mi-chemin entre la fragilité de Rex Orange County et le groove de Benny Sings. Le résultat est une soul pop qui suggère plus qu’elle ne raconte, où les arrangements mettent en avant basse et voix, laissant affleurer la mélancolie. Le texte suit cette même logique d’épure : peu de récit, beaucoup d’atmosphère, un narrateur davantage spectateur qu’acteur. Il résume à lui seul l’enjeu du morceau, cette quête universelle d’un peu de douceur, parfois logée dans le plus simple des gestes. Hupla n’est pas qu’un compositeur : sa formation à l’image et à la couleur irrigue tout son projet solo. La palette chromatique, la composition des plans, l’ambiance lumineuse répondent directement à la texture du son. On sent un artiste qui pense son univers dans sa totalité plutôt que par strates séparées, une rareté à l’heure où le clip suit trop souvent la chanson sans jamais vraiment la prolonger. Everybody’s Looking for Something Nice tient ainsi un rôle d’introduction parfaitement maîtrisé : assez pour donner le ton, assez peu pour donner envie d’entendre la suite. On y devine un artiste qui sait précisément où il va, et qui prend le temps d’y emmener son publique. (LFC)

Everybody’s Looking for Something est disponible via Hupla/Birth in Colors.

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SÉBASTIEN TELLIER – ATTRACTION (FEAT. JULIETTE ARMANET)

Quelle mouche a piqué Tellier pour faire une version française ? La question se pose à l’écoute d’Attraction, adaptation de Thrill Of The Night, l’un des sommets les plus hédonistes de Kiss the Beast. Côté musique, aucun bouleversement : la production signée Oscar Holter et SebastiAn reste rigoureusement identique, conservant ses synthés, son groove disco et sa mécanique parfaitement huilée. La nouveauté vient donc du texte, coécrit par Juliette Armanet et Amandine de La Richardière, épouse et collaboratrice de longue date de Sébastien Tellier. Sans chercher la grande poésie, les paroles privilégient l’élan, le désir et la sensation de vertige. La présence d’Armanet change l’équilibre du morceau : sa voix, plus profonde et plus charnelle que celle de Slayyter sur l’original, apporte une chaleur nouvelle à cette invitation à l’abandon. Le plaisir est réel de retrouver la chanteuse dans un registre qui rappelle les plus belles heures de Brûler le feu, entre euphorie dansante et romantisme. Attraction apparaît comme la rencontre naturelle de deux artistes qui partagent depuis longtemps le même goût pour une pop française élégante, populaire et aux couleurs nocturnes. Nous aurons désormais le choix entre deux versions complémentaires d’un même titre, l’une en anglais, l’autre en français. Et à l’arrivée, peu importe la langue : Thrill Of The Night comme Attraction possèdent tous les ingrédients pour accompagner et enflammer nos nuits d’été. (LFC)

Attraction est disponible via Because Music & Horizons. En concert à Paris (Pleyel) les 16 et novembre 2026 (Complet). Date suppl. 15 décembre 2026.

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SWING – ILY

Le rappeur belge Swing revient avec son nouveau single Ily, plein d’apaisement. L’apaisement d’un trentenaire qui fait le point après avoir vu et essayé beaucoup de choses, et qui a désormais un regard plus extérieur, moins à cran. L’apaisement de celui qui, après des années de galère, se retrouve en road-trip sur la côte ouest, cheveux au vent sous le soleil. Pas d’artifices dans la production : une guitare douce pour rythmer l’histoire et un pad envoûtant pour l’élever dans les nuages. L’ancien membre de l’Or du Commun passe du coq à l’âne dans cette chanson, comme s’il dévoilait sans filtre chaque pensée qui lui vient, des souvenirs du passé aux espoirs du futur, mais toujours avec un recul impressionnant. Toute cette tirade est ponctuée par un refrain onctueux à la mélodie plus aiguë que les couplets. Swing semble avoir trouvé une tranquillité, et une musique pour l’accompagner. Après tout, quand on est « habitué au mélodrame, le futur n’est pas si horrible ». (EC)

Ivy est disponible via Labrique. En concert à Paris (l’Olympia) le 8 novembre 2026.

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SLOW FICTION – SATELLITE

Lorsque l’indie pop de l’époque pré-Covid se frotte à un shoegaze DIY et au garage rock des Yeah Yeah Yeahs, on obtient quelque chose de similaire à Slow Fiction, groupe formé à Brooklyn par Julia Vassallo. Lequel vient de lâcher le deuxième single de leur premier album qui sera dans les bacs le 7 août prochain, dollhouse. Produit par Sonny DiPerri (julie, DIIV, Emma Ruth Rundle, La Femme), le disque a été enregistré dans des lieux isolés, idoines au sérieux de la confection d’un premier album : leur salle de répétition à Brooklyn ou encore des studios pas loin de San Francisco et dans l’Etat de New York. satellite, qui en est extrait, est un hymne à l’empathie face à un monde progressivement anesthésié par la surabondance d’informations qui l’entourent. C’est un titre qui évoque la nostalgie d’une bedroom pop intime et l’introspection du shoegaze tout à la fois ; un peu comme les titres de ses morceaux et son nom de groupe, Slow Fiction partage des créations à savourer, pas tout à fait inscrit dans le présent, légèrement décalé du monde réel. (MH)

Satellite est disponible via Slow Fiction/Tight Knit.

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DANYL  – C’EST QUI C’EST NOUS (FEAT. KULTURR)

Après un premier album en janvier 2026, Danyl revient avec un nouveau single, C’est qui c’est nous, en feat. avec Kulturr. L’artiste, qui mélange rap et new raï, propose ce qui pourrait être l’un des hits de l’été, et reste fidèle à une énergie pop et ensoleillée, et un refrain qui rentre autant dans la tête qu’il la fait bouger et ce, dès la première écoute. Une écriture pensée autant pour le streaming que pour la scène, une mélodie qui agit comme un véritable hook, et qui capte immédiatement le public. Cette volonté de fédérer s’inscrit dans une thématique déjà présente dans plusieurs morceaux récents de Danyl : l’identité collective, le sentiment d’appartenance et la fierté d’un « nous » plutôt qu’un récit individuel. On retrouve cette logique dans des titres comme 5 sur nous ou Brouillon, où la notion de groupe, d’origine et de communauté est centrale. Une énergie qu’il a su retransmettre sur la scène de We Love Green, en parfaite symbiose avec sa communauté. Un lien évident avec son public, qui reprend ses morceaux et partage pleinement cette dynamique collective. Avec son pouvoir fédérateur et sa capacité à transformer un message identitaire en hymne populaire, C’est qui c’est nous semble pensé pour être chanté à plusieurs, dans la continuité de la démarche de Danyl consistant à célébrer le « nous » plutôt que le « je ». (Paloma Nilles Voindrot)

C’est qui c’est nous est disponible via Structure. En concert à Paris (Zenith) le 19 novembre 2026.

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CRC – TOTAL 90 (FEAT. ISHA)

Il y a des morceaux qui posent un univers, Total 90 est de ceux-là. Une production minimaliste mais entraînante, une voix qui prend le pas sur le reste, des passages a capella et des lyrics remplis de sincérité, le single est à l’image de CRC. Le bruxellois a toujours cultivé une certaine intimité, à l’instar de son invité sur le single. Rien de plus logique que d’y accueillir son compatriote, le taulier bruxellois Isha. Les deux rappeurs ont ce point commun d’aimer les choses simples, après en avoir rêvé au cours de leur enfance. Si Isha nous contait en 2017 son amour du Frigo Américain, CRC se rappelle lui de la Total 90, mythique paire de Nike du début des années 2000. Cet écho aux souvenirs est à l’image de l’EP Pierre-Alexandre (Acte III), dont est extrait le morceau, dernier volet d’une trilogie. En neuf titres, CRC s’y dévoile sans pudeur, jusqu’à faire raconter par sa mère l’origine de son prénom sur un interlude, où l’on apprend que Pierre était le prénom de son père. Avec ses ainés rappeurs comme Isha ou avec ses parents, tout est une question de transmission avec CRC. (EC)

Total 90 est disponible via Labrique. En concert à Paris (La Maroquinerie) le 29 novembre 2026.

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POMME – LE VILLAGE

Pomme troque une partie de ses habits folk contre une esthétique plus rugueuse avec Le Village. Les guitares indie rock imaginées avec Aaron Dessner (The National) accompagnent un texte qui emprunte aux contes pour parler de peurs bien réelles. Son écriture, à la fois dépouillée et imagée, repose sur des symboles immédiatement identifiables, le loup, le village, la forêt, qu’elle détourne pour leur donner une portée contemporaine. Sans jamais verser dans le discours frontal, elle construit une tension constante entre menace et espoir, jusqu’à faire émerger l’idée d’une résistance collective. Derrière cette fable nocturne, la chanteuse évoque les violences qui touchent les femmes et les personnes queer, tout en laissant émerger une force capable de leur répondre. La dimension politique n’écrase jamais l’écriture, qui conserve toute sa puissance évocatrice à travers cette galerie de figures symboliques. La noirceur assumée apporte au morceau une intensité nouvelle dans la discographie de l’artiste. Nourrie par les expériences qu’elle multiplie depuis plusieurs années, Pomme continue d’enrichir son univers sans perdre ce qui en fait la singularité. Cette manière de mêler récit, imaginaire et engagement résonne avec ses explorations artistiques récentes, de ses collaborations scéniques avec Yoann Bourgeois à ses débuts d’actrice dans Peau d’homme, où elle partagera l’affiche avec Eddy de Pretto et Catherine Deneuve. Rugueux et captivant. (LFC)

Le Village est disponible via Believe.

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FERDI – ROYAL SUN (FEAT. BRAXTON COOK)

Il y a des rencontres qui n’arrivent pas par hasard. Ferdi, gamin du Nord de la France façonné au Conservatoire de Douai avant de bifurquer vers Bruxelles et le jazz, a posé son saxophone sur la scène de Coachella, ce temple californien de la pop mondiale. Le clip de Royal Sun a été tourné juste après, à Palm Springs, logique. C’est là, sous un soleil sans concession, qu’il grave avec Braxton Cook une évidence : quand deux saxophonistes se trouvent en pleine canicule, le groove transpire. Cook, l’Américain, creuset de Coltrane et de Frank Ocean, a tourné avec Rihanna et Solange Knowles ; Ferdi, lui, enchaîne les scènes d’Europe avec Dabeull, promène son sax au Zénith de Paris aux côtés de Théodora, traverse l’Atlantique. Deux trajectoires, une même chaleur. Royal Sun pulse, flotte, il étire le temps comme seuls savent le faire les grands après-midis d’été. De la musique qui prend sa température dans le corps, pas dans la tête. (LFC)

Royal Sun est disponible via Ferdi Records/DEMAIN [PIAS]. En concert à Paris (Trianon) le 23 novembre 2026.

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GENER8ION – LOVE & TEARS (FEAT. YANNIS PHILIPPAKIS)

Dix ans que ça mijotait. Love & Tears possède l’odeur d’une obsession patiemment nourrie. Surkin, pur produit de la chambre d’adolescent équipée d’un PC tour, compagnon de route de Gaspard Augé et DJ Mehdi dans ce qu’on finira par appeler la French Touch 2.0, avait depuis longtemps rangé les grandes messes techno au placard. Avec Romain Gavras, dont on connaît la précision chirurgicale derrière une caméra, de Justice à MIA, il aura fallu des allers-retours entre Ukraine et Leeds, des clips tournés avant-guerre dont le monde rattrapait la noirceur, pour accoucher d’un objet qui n’appartient à aucun genre établi. Ce qui frappe d’emblée, c’est la logique de film-monde qui structure l’ensemble : chaque morceau appelle son image, chaque image prolonge le suivant, dans une continuité rare entre son et récit. Huit titres, cinq vidéos signées Gavras, un imaginaire ancré en 2034 sans robot ni décor de science-fiction cheap, juste des gamins dans une carrière de marbre, avec 070 Shake, Yung Lean en seigneur d’un lycée britannique sous tension, Yannis Philippakis des Foals et Adèle Castillon en présences vocales, Charlize Theron qui fixe l’objectif sans ciller. Comme le dit Gavras lui-même : « si tu parles du futur et que tu mets un robot dedans, dans cinq ans ce robot est obsolète » mieux vaut filmer des corps, des gestes, du désordre juvénile. Épopée pop autant que proposition dystopique, Love & Tears tient son équilibre entre chaos et cohérence sans jamais glisser vers le clip promotionnel habillé en concept. La preuve que la forme, décidément, pèse autant que le fond. (LFC)

Love & Tears est disponible via Iconoclast Music.

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EARTHEATER – CROWN JEWEL

L’une des musiciennes les plus impressionnantes et intrigantes de la scène mondiale est de retour. Après trois ans d’absence, Eartheater dévoilera son nouvel album Heavenly Body : If I’m the Bottle, You’re the Message le 14 juillet. L’autrice-productrice-multi-instrumentiste cristallise en musique le volcan d’imagination, d’émotions et de sensibilité qui l’habite grâce à sa voix digne d’une sirène, à son sens de la mélodie raffiné et à ses productions sublimes. Sa musique est à la fois exigeante et accessible, profonde et poétique. Eartheater explore des thématiques telles que l’essence de la beauté et de l’étrange, la transformation permanente de toute chose, le pouvoir infini de la féminité et de l’amour. Elle observe le visible et l’invisible. Son oreille guette la magie cachée ici-bas. Ses talents ne sont pas passés inaperçus : elle a produit des projets de FKA twigs et Lourdes Leon, fille de Madonna. Elle a collaboré avec Caroline Polachek, Sega Bodega ou encore la super frenchie Oklou, seule invitée sur son nouvel album. Ces dernières années, Eartheater s’est mariée, a racheté la maison dans laquelle elle a grandi et surtout, a donné naissance à une fille, Nova. Ce nouvel album est le récit fantastique de ce qu’implique « donner la vie », dans ce que ça a de plus viscéral comme de transcendantal. Chaque extrait paru est envoûtant. La mangeuse de terre adresse dans Crown Jewel un message à sa fille. Elle lui explique qu’elle est l’aboutissement de l’œuvre de la Terre mais qu’elle est née d’une chanson. Elle lui propose déjà de suivre l’exemple de figures féminines puissantes : « Stand tall like Grace Jones ». Enfin, elle l’invite à faire sienne la lumière, comme le ferait une couronne de bijoux. La lumière, c’est ce dont Eartheater nous emplit la vue avec son clip où l’on se retrouve dans la position de Nova qui a le droit à une comptine tombée du ciel. (AC-Le Rapporteur)

Crown Jewel est disponible via Chemical X sous licence exclusive avec Mad Decent, Because Music. Eartheater sera en concert à Paris (Trianon) le 30 août 2026.

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FKA TWIGS – ON YOUR MIND (FEAT. LIL YACHTY)

FKA twigs n’a jamais vraiment quitté la conversation, mais depuis Eusexua (fin 2024), quelque chose s’est accéléré. Un virage plus frontal, plus sensoriel, où la Britannique explore un rapport physique à la musique, prolongé quelques mois plus tard avec Afterglow (printemps 2025), projet-limite, crépusculaire, comme une respiration avant un nouveau chapitre. Deux sorties qui dessinent aujourd’hui les contours d’une trilogie encore officieuse, complétée par un troisième album en gestation, déjà teasé sur scène : Body High. Car depuis plusieurs mois, twigs performe. Sur la route du Body High Tour, sa tournée actuelle, elle distille des fragments de ce futur projet : Techno Ballet, entendue dans une campagne pour Gentle Monster, ou encore Bluebird, déjà connues et attendues avant même leur sortie. Et, enfin, arrive On Your Mind. En featuring avec Lil Yachty, le morceau agit comme un point de bascule. Extatique, immédiat, euphorique dans sa construction, il tranche avec l’abstraction de ses précédents travaux. Ici, twigs ouvre une porte : celle d’un son plus accessible sans jamais sacrifier sa singularité. Yachty, dans son registre flottant, apporte une texture inattendue qui élargit encore le spectre. On Your Mind coche toutes les cases du premier single parfait : un refrain mémorable, une énergie contagieuse, et surtout cette capacité à capter un public au-delà du cercle habituel. Mais au-delà de son efficacité, il pose une question essentielle : l’ère a-t-elle officiellement commencé ? Une seule chose est sure : on est déjà embarqué. (TR)

On Your Mind est disponible via Atlantic Recording Corporation.

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