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La playlist Modzik des sorties musicales à écouter ce weekend.
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CHARLI XCX – ROCK MUSIC
Deux ans après Brat, Charli XCX prend une nouvelle fois le contre-pied de ses propres succès avec Rock Music, prémices d’un album en préparation. Exit les rythmiques club omniprésentes : la Britannique préfère ici des guitares saturées et une production glitchy élaborée avec ses fidèles collaborateurs A.G. Cook et Finn Keane. Charli y détourne plutôt son énergie pour la mêler à son ADN hyperpop, dans un chaos sonore parfaitement contrôlé. « I think the dance floor is dead / So now we’re making rock music », lance-t-elle comme un slogan provocateur autant qu’un changement d’époque après l’ère Brat. Dans British Vogue, la chanteuse explique avoir eu besoin de « l’exact opposé » d’un nouveau disque dance, jugeant cette perspective « vraiment dure » et « triste ». Une envie de repli plus intérieur qui traverse tout le morceau malgré son apparente agressivité. Le clip réalisé par Aidan Zamiri prolonge cette mutation esthétique entre références punk, grunge et stylisation mode. Plus qu’un virage rock, Rock Music confirme surtout la capacité de Charli XCX à transformer chaque réinvention en nouvel espace de friction pop. (LFC)
Rock Musique est disponible via Charlie XCX/Atlantic Recording.
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DURAND BERNARR – AM I OKAY?!
Le natif de Cleveland, longtemps connu comme choriste d’Erykah Badu et caméléon vocal croisé chez Kaytranada ou The Internet, publie BERNARR., un disque qui sonne comme un ampli enfin poussé à son point d’équilibre, groovy, doux et à la fois énervé. Ce nouvel opus porte le prénom de son père, Bernarr Ferebee Sr.. On y retrouve son ADN gospel et théâtre, mais branché sur un courant funk et R&B progressif, avec des échappées pop et un vrai goût pour le « yacht rock ». HELLO! est sa poignée de main victorieuse : groove qui met en joie, une voix en liberté, et ce sens du show qui rappelle qu’il a construit sa légende à force de reprises virales depuis 2008 avant de décrocher son premier Grammy en 2026. Et quand il coupe les lumières sur Am I Okay?!, Bernarr laisse tomber le costume : une confession où la voix porte toute la gravité. Autour du queer Durand Bernarr, les invités nous enchantent : Big Sean (Waiting), Vic Mensa (Homesick), BJ the Chicago Kid (AYO!), James Fauntleroy (Wild Ride), Khalid (Soft.) et Sevyn Streeter ferme la marche avec 10,000 Lifetimes. Si l’ensemble est dense (17 titres), la production est parfaite. BERNARR. est un excellent disque, ample et généreux. (LFC)
BERNARR. est disponible via Durand Bernarr/DISING RECORDS/Create Music Group.
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YAMÊ – NE REVIENS PAS
Après avoir imposé sa voix singulière avec ÉBĒM, Yamê poursuit sa trajectoire avec Ne reviens pas, un single dansant et mélodique produit par Tristan Salvati (Angéle, Miki). Révélé par son mélange de soul, de rap et de chanson, le musicien parisien s’est rapidement distingué sur scène jusqu’à remplir un premier Zénith, porté par le succès viral de Bécane et une reconnaissance critique et professionnelle : Grand prix SACEM, MME Award. Dans ce nouveau morceau, Yamê délaisse l’élan conquérant pour une lucidité plus amère. Sur des basses nerveuses et une production épurée totalement Salvati-esque, il raconte l’usure d’une relation rongée par l’obsession du travail et de la création. Le refrain martelé « Va et ne reviens pas » agit comme une formule d’autodéfense. Là où ÉBĒM explorait déjà les contradictions entre ambition, solitude et sentiments, ce titre en propose une version plus directe. Une chanson de rupture sans grand théâtre, mais avec suffisamment de tension intérieure pour laisser une trace durable et qui ne manquera pas de faire danser les scènes des festivals de l’été. (LFC)
Va et Ne reviens pas est disponible via DBS Records/Naïve/Believe. Actuellement en tournée.
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EPSILON – RAFALIA
Rafalia, c’est l’endroit de toute sérénité. On sent un personnage qui se livre au sol, à celui de sa terre, pour mieux en comprendre les tourments que celles étrangères peuvent révéler de sombre en nous. Tel un écho au contexte historique de ce pays, Epsilon vient ici ramener une douceur grâce à la fidélité de son piano, présent dans son toucher, cependant invisible. La représentation d’une terre de soleil ne vient pas sans son histoire de feu. Son dernier titre de l’EP, Fire Water, vient asseoir définitivement ce voyage culturel vers la Grèce. Sans s’y attendre, on prend le large, comme pour se laisser surprendre par ce romantisme pianotant qu’on lui connaissait déjà, ancré dans son identité musicale. La mer et ses tourments se veulent plus brutaux ; The Waves nous plonge dans un roulis de vagues porté par la séduction du duo avec Monika. Falling In Love : la cadence de la mélodie fait exploser notre cœur, pris dans le piège de ce que l’on pourrait appeler une sorcellerie de la mer. De retour à l’estran, on se sent soi-même et capable d’aimer pleinement ce que l’on est, retrouvant ainsi notre identité natale. Les six titre folks du nouvel EP d’Epsilon est un hymne à la contemplation avec des textes ciselés comme des poèmes, entre le feu et l’eau, comme un instinct de survie destiné à donner un sens à ce qui traverse nos poitrines. (AM)
Fire Water est disponible via Night Train Publishing. En concert à Paris (Olympia) le 9 mai 2026.
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THE LEMON TWIGS – 2 OR 3
Look For Your Mind!, nouvel opus des Lemon Twigs confirme, avec une sobriété trompeuse, leur nouvelle vitesse de croisière : une pop à guitares ultra-écrite qui assume ses filiations : Beatles, Beach Boys, Byrds, Big Star, Todd Rundgren, sans jamais s’y abriter. Surtout, les frères D’Addario changent de méthode : pour la première fois, ils ouvrent réellement le studio à leur band live, et cette manière plus collective de construire les morceaux apporte de l’air, du mouvement et une énergie de scène qu’on sent circuler dans les arrangements. Les singles déjà dévoilés en donnent la mesure : I Just Can’t Get Over Losing You, fausse évidence qui casse sa propre ligne droite au meilleur moment, 2 or 3, bouncy et solaire en surface, légèrement fébrile dessous, et le titre Look For Your Mind!, guitares carillonnantes sur fond de sourcil froncé. Rien n’est « revival » ici, c’est un album qui connaît ses classiques par cœur et s’en sert comme d’un outil. Au final, un disque dense, précis, et étonnamment vivant, comme si la perfection pop acceptait enfin de montrer ses fissures. (LFC)
Look For Your Mind! est disponible via Captured Tracks. En concert à Paris (La Cigale) le 11 octobre 2026.
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KELELA – LINKNB
Kelela revient avec linknb, la deuxième offrande musicale de son prochain album new avatar, attendu le 10 juillet, après le single idea 1 qui en ouvrait déjà la voie. Porté par une production d’Oscar Scheller et un clip réalisé par Mischa Notcutt, le morceau poursuit son exploration d’une pop sensible, minimaliste mais mutante. Depuis Cut 4 Me, Take Me Apart et Raven, Kelela s’est imposée comme l’une des figures les plus singulières de la pop R&B alternative, au croisement de l’électronique et d’une écriture très incarnée. Son travail chimérique puise autant dans Janet Jackson, Björk que dans les scènes club et queer, et il semblerait que new avatar poursuive cette mue avec élégance. Désormais, avec linknb, Kelela transforme un blocage créatif en mantra de relance : le titre avance comme une incantation presque flottante mais toujours précise. Ce qui frappe chez Kelela, c’est cette façon de faire coexister le corps et l’abstraction, l’idée et le réel. Ici, l’artiste ne revient pas simplement avec un single après un autre : elle se place en maitresse absolue de son propre langage et le reconfigure avec une élégance cérébrale mais bien ancrée. (TR)
linknb est disponible via Warp.
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THE WOMACK SISTERS – CHAUFFEUR
Chez les Womack Sisters, la musique, c’est une histoire de famille. La soul est une seconde nature pour les trois sœurs, petites-filles de l’illustre Sam Cooke, filles du duo Womack & Womack et nièces de Bobby Womack. Un héritage dont elles se revendiquent, mais à partir duquel elles tracent leur propre trajectoire. D’ailleurs, bien qu’elles aient grandi entre le studio et la scène, et qu’elles soient toutes trois des choristes aguerries, il faudra attendre 2017 pour la sortie d’un premier single. Et près de dix ans de plus pour leur premier album éponyme, attendu le 14 août 2026 chez Daptone Records (Charles Bradley, Jalen Ngonda). Des années qui ont permis à BG, Kucha et Zeimani de trouver leur voie et d’affiner leur son, quelque part entre la soul des années 60 et le R&B contemporain. À l’image des girls band qui les ont précédées, elles se partagent la lumière, mais pas question que leurs identités individuelles s’effacent derrière le groupe. Au contraire, les sœurs puisent de la force dans leurs singularités. Et lorsqu’elles se joignent, leurs voix créent des harmonies gospel dignes des Supremes ou des Ronettes, version 2026. The Womack Sisters sortent cette semaine le titre Chauffeur, assorti d’un clip réalisé par Shauna Presto. Il raconte une période où elles cumulaient les petits boulots (dont chauffeuse de VTC) pour joindre les deux bouts, tout en rêvant de percer dans l’industrie musicale. Un morceau personnel et groovy sur la détermination, qui figurera symboliquement en première place de leur album à venir. (EM)
Chauffeur est disponible via Daptone Records.
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ALMOST ROSE – FEVER
Fever est un comme un coup de boule à facettes dans la porte du club signé Almost Rose, bande de potes strasbourgeois soudée depuis le lycée et devenue, à force de jams et de mash-ups, une vraie machine à groove. Premier extrait d’un EP attendu à l’automne, pensé en grand format, il sera accompagné d’un court-métrage réalisé par Leonora Schlünz dont le clip de Fever laisse déjà entrevoir quelques images. Ici, la rythmique disco-funk ne demande que des rayons lasers balayant la piste, pendant que des cordes (synthétiques) viennent vernir le refrain d’une touche rétro-futuriste. On entend l’élégance des grands maîtres du chic (Nile Rodgers en ligne de mire), relevée par ce phrasé qui laisse traîner les syllabes façon Arthur Teboul, puis la touche des héritiers électro qui ont appris au dancefloor à rêver plus grand mais le quatuor garde sa patte : une énergie live, indépendante, peaufinée au détail près. Le thème ? La fièvre comme état de surchauffe. Désir, excès, besoin de bruit, et surtout cette urgence de lutter contre une figure de domination, d’ego ou d’illusion. Avec ses jabs mélodiques et ses crochets de synthés, Fever transforme l’indécence d’une nuit trop tardive en club et la convertit en pur carburant : ça colle à la peau, ça pousse la lumière plus fort, et ça donne envie de faire tomber les masques sans jamais quitter la piste. (LFC)
Fever est disponible via Almost Rose/Modulor.
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LA ROUX – CABIN FEVER
Six ans après Supervision, La Roux réapparaît avec Cabin Fever, premier extrait de Old Flames, attendu cet automne. Derrière ce retour, Elly Jackson reprend seule les commandes de l’écriture, de la production et des arrangements, fidèle à cette indépendance artistique qui avait déjà fait la force de Bulletproof à la fin des années 2000. Mais loin de l’euphorie synthétique de ses débuts, Cabin Fever relève plus de la pénombre que de la lumière. Sur une mécanique pop, La Roux dissèque l’enfermement mental, l’usure affective et la difficulté à retrouver un équilibre après des années de chaos intérieur. « Cet album dit les choses telles qu’elles sont : qui je suis et comment je suis », explique-t-elle, décrivant Old Flames comme une manière « d’accepter ses erreurs » et de tourner définitivement une page. Cabin Fever semble entre volonté d’apaisement et bouillonnent intérieur : rythmique serrée, refrains obsessionnels et paroles hantées par la solitude et l’auto-conversation. La chanteuse décrit ce titre comme le reflet d’un ancien état d’esprit, « prisonnière de mes pensées, perdue », contrainte d’affronter cette vérité pour avancer. Sous ses contours électro impeccables, Cabin Fever laisse surtout entendre une artiste qui préfère désormais la franchise aux artifices. (LFC)
Cabin Fever est disponible via La Roux/Casablanca Records/Universal Music.
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AYA NAKAMURA – SEXY NANA
Aya Nakamura est de retour avec un nouveau single en featuring avec La Raflvuse et honnêtement… on ne s’attendait pas du tout à la revoir aussi vite dans ce registre-là. Après son album Destinée sorti fin 2025 et surtout ses Stade de France qui arrivent en mai, on pensait qu’Aya allait peut-être ralentir un peu ou rester dans une zone plus « safe ». Mais non. Et c’est justement ça qui est intéressant. Sur ce titre, Aya rentre complètement dans l’univers de La Raflvuse, un univers plus rap et le plus surprenant c’est qu’elle le fait naturellement. Elle montre autre chose : oui, la Reine de France a aussi des vraies capacités de rappeuse. Et ce n’est pas juste un essai maladroit pour suivre une tendance, ça sonne crédible. La vraie question maintenant c’est : est-ce que sa fan base va suivre ? Parce que c’est clairement un terrain sur lequel on ne voit pas souvent Aya. Son public est habitué à une Aya plus mélodique, plus sensuelle, plus pop. Là, elle casse un peu cette image et prend un risque artistique. Mais peut-être qu’elle est arrivée à un stade de sa carrière où elle peut justement se permettre d’expérimenter sans penser aux répercussions derrière. Et honnêtement, c’est souvent là que les artistes deviennent les plus intéressants. Ce qu’on aime surtout dans ce morceau, c’est cette impression qu’Aya s’amuse. Elle sort de sa zone de confort, elle teste autre chose, elle ose. Et ça fait du bien de voir une artiste déjà installée continuer à surprendre au lieu de simplement refaire la même formule qui marche. En tout cas nous, on aime bien le titre. Et surtout, on aimerait voir plus souvent une Aya qui ose autant. (CHE)
Sexy Nana est disponible via Nakamura Industrie. En concert à paris (Stade de France) le 29, 30 et 31 mai 2026.
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