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La sélection Modzik pour sonoriser ton weekend.
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ANTONY SZMIEREK – THE HERON
Antony Szmierek n’a jamais vraiment fait de musique comme les autres. Sur The Heron, le héron qu’il observe au bord d’un canal devient un symbole de patience et de solitude choisie. Le morceau s’inscrit dans une veine indie dance, mêlant rythmes captivants et atmosphères flottantes. Après l’errance nocturne et poétique de Service Station At The End Of The Universe, le Mancunien explore cette fois des sonorités plus dansantes, tout en gardant sa voix narrative unique. Les paroles combinent humour décalé et touches d’émotion discrète. On y croise des caisses automatiques, des vidéos verticales absurdes et de petits moments de la vie quotidienne transformés en scènes presque magiques. Le clip, réalisé par Zak Watson, renforce ce mélange de bizarrerie et de tendresse. Le refrain « You’ll never be alone again my love » devient un repère rassurant au milieu de ce tableau sonore. Les tournées et les longues journées de route nourrissent le texte, qui conserve un côté authentique et humain. Szmierek décrit The Heron comme une ouverture vers un futur album orienté dance, influencé par Gorillaz et Jamie XX, où la solitude cosmique et personnelle sera au centre de l’expérience sonore mais toujours centré sur l’observation du monde et des signes qui le traversent. L’ancien professeur d’Anglais confirme qu’il reste un artiste capable de surprendre et de toucher, avec un style unique qui échappe aux catégories traditionnelles. (LFC)
The Heron est disponible via Mushroom Music/Virgin. En tournée mondiale.
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LORD ESPERANZA – PUTAIN D’ÉPOQUE
« P*tain d’époque, tout le monde est taré, y a trop de gens à réparer ». Ça vous a traversé l’esprit aussi dernièrement ? Face à un monde toujours plus absurde et aux systèmes qui écrasent, Lord Esperanza met ses interrogations en musique, comme à son habitude. Il nous avait habitué à un rap enragé. Aujourd’hui il prend le contre-pied de notre époque anxiogène. Il puise dans ses doutes et sa colère pour créer une musique joyeuse. Un cri d’incompréhension, un aveu de faiblesse, pour s’alléger un peu. Ce n’est pas un hasard si Lord Esperanza termine nu dans le clip qu’il réalise avec ses partenaires de 3:14. Après dix ans dans le rap, il fait sa mue et révèle peu à peu sa transformation musicale. Son dernier EP Apprends-moi à voler, sorti en février, contient ses derniers morceaux de rap, dit-il. Il s’y aventure du côté du jazz sur le très bon morceau éponyme, de la bossa nova sur lily rose ou de la pop mélodieuse et planante aux textes sensibles sur d’autres morceaux. Un nouvel album est en préparation et c’est plus qu’un nouveau chapitre qui s’apprête à s’ouvrir, c’est un nouvel arc, presque une renaissance. On lui souhaite un bon envol. (AC-Le Rapporteur)
Apprends-moi à voler est disponible via Paramour.
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MIKI – ÇA PIK UN PEU QUAND MÊME
Friendzone, solitude domestique et autodérision : tout l’univers de Miki tient dans Ça pik un peu quand même, nouvel extrait de son album Industry Plant sorti à l’automne 2025. Fidèle à son écriture très parlée, presque comme un flux de pensées, le texte balance entre sarcasme générationnel et solitude domestique : dîners pour un, téléphone silencieux et pensées qui tournent en boucle comme un vieux riff. Le morceau reste dans la lignée de ses précédents singles : une production entre électro légère et énergie indie, portée par un refrain entêtant qui contraste avec la mélancolie du propos. Ce décalage constitue l’une des signatures de Miki. Le clip, signé avec Émilie Tronche, traduit ce vertige sentimental dans un décor d’adolescence stylisée. Sur un terrain de basket devenu théâtre des premiers émois, deux camps s’opposent pendant que la Miki animée vacille entre rivalité et coup de foudre. Fidèle à l’esprit de la série Samuel, l’animation mêle humour tendre et mélancolie légère. Résultat : Miki, révélée en 2024 par Contact High de Metronomy, sort un single pop aussi léger qu’acide, où les histoires de cœur ressemblent à ces petites échardes émotionnelles. (LFC)
Ça pik un peu quand même est disponible via Structure. En concert à Paris (Elysée Montmartre) les 18, 19 et 20 mars 2026 (COMPLET) et en tournée des Festivals cet été.
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THE LEMON TWIGS – I JUST CAN’T GET OVER LOSING YOU
I Just Can’t Get Over Losing You replace The Lemon Twigs dans un rock 60s direct et maîtrisé. Brian D’Addario mène le chant principal, épaulé par Eva Chambers (Tchotchke), avec des harmonies serrées qui évoquent Beatles et Beach Boys. Il faut dire que les frères D’Addario ont commencé leur carrière par un glam rock flamboyant. Les guitares, la basse de Danny Ayala et la batterie de Reza Matin, pour la première fois impliqués en studio, apportent une énergie live inédite dans l’enregistrement. La structure verse-chorus classique est ponctuée d’un pont court qui crée une tension, et l’outro concentre toutes les superpositions vocales dans une montée contrôlée. La production, entièrement assurée par les frères D’Addario, conserve un son clair et organique tout en respectant leur esthétique rétro, fidèle à leur regard constant sur le passé, que ce soit dans la musique, le look ou le style général. Ce single est tiré du nouvel album Look For Your Mind!, prévu le 8 mai 2026, et illustre un retour au rock 60s plus direct après l’expérimentation de Songs for the General Public (2022) et l’album solo de Brian D’Addario Till The Morning (2025). Le morceau concentre efficacité, précision et mélodie, en restant focalisé sur l’essentiel. C’est court et immédiatement accrocheur. (LFC)
I Just Can’t Get Over Losing You est disponible via Captured Tracks.
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FRANGLISH – LOVE & SUGAR
Confidence masculine, le registre de Franglish est franc. Il a la capacité de confier les attitudes bancales que les hommes ont face aux femmes sans la vulgariser. C’est une mélodie qui est douce, abondante de romantisme. Ce n’est plus l’homme qui est risqué en engagement. Il parle de Red Flag au féminin, avec justesse et lypémanie. Toujours ensemble nous propulse dans l’univers de l’engagement avec toutes les influences extérieures d’un monde où la rancœur prime sur le pardon. Il chante en français et parle en anglais pour décrire une société où la femme supériorise l’homme quand il joue ses faux-semblants, c’est une métaphore visuelle des paroles qui est traduite dans l’histoire de son clip. L’erreur est humaine, Perdu décrit une rupture, la déception des hommes, il se laisse aller dans ses poésies sans risquer de haine. Attirant d’un public tant féminin que masculin, c’est un équilibre entre les hommes et les femmes qu’il décrit dans ses poésies. On se sent voler au contraire de lui ; lorsque l’on écoute ses sentiments dans l’interprétation I Don’t Love U, il redescend sur terre. (AM)
Love & Sugar est disponible via Lutèce Music/AllPoints. En tournée et en concert à Paris (Olympia) le 3 avril 2026 et à Yardland le 3 juillet.
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LYKKE LI – LUCKY AGAIN
Cordes disco baroques et beats pop effrénés secouent Lucky Again de Lykke Li, l’interprète du hit mondial I Follow Rivers. On a envie de bouger, mais le texte nous rappelle qu’on est toujours au bord du vide. Premier extrait de The Afterparty, son sixième album attendu (8 mai 2026), le morceau installe la nouvelle ère existential de Lykke Li, loin des romances obsessionnelles qui ont jalonné ses débuts. Co-écrit avec Björn Yttling, Justin Parker et Jacob Olofsson, il sample les Quatre Saisons de Vivaldi, version Max Richter en pop baroque contemporaine. Les refrains répètent un espoir fragile : « If we’re lucky, we’ll get lucky again ». La voix de Lykke Li fait passer chaque mot comme une injonction à tenir bon, malgré la chute. Chaque note oppose euphorie disco et noirceur existentielle : on imagine la scène d’après-fête à quatre heures du matin, où la chance semble fuir. Les paroles, « I am bruised, I am broken… », révèlent le chaos intérieur, mais imposent une énergie tenace. Le concept de samsara pop apparaît : amour, chance et vitalité tournent et tournent, jusqu’à revenir. Sur l’artwork de l’album, son visage déformé par un collant translucide incarne ce lower self obsédant. Neuf titres, vingt-quatre minutes, mais chaque seconde respire intensité et urgence. Lucky Again est une confrontation avec ses démons, un mélange de grandiloquence baroque et de modernité implacable. (LFC)
Lucky Again est disponible via Neon Gold Records. En tournée mondiale.
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OLIVE JONES – KINGDOM
Sur For Mary, Olive Jones assemble des chansons écrites au fil des années comme on recoud des fragments de vie. Le single Kingdom en est le dernier extrait : un riff de guitare joyeux sous lequel affleure pourtant une amertume tenace. Écrit dans la foulée du référendum sur le Brexit, le morceau transforme la frustration politique en expression musicale, entre énergie teintée rock et mélancolie face à un patriotisme britannique abîmé. Olive Jones commence la musique très tôt, d’abord au saxophone dès l’enfance, puis à la guitare, instrument avec lequel elle compose rapidement ses propres chansons. Cette pratique instrumentale précoce influence sa manière de chanter : son phrasé vocal est souvent très soufflé et jazzy. Sa voix semble parfois imiter le jeu d’un instrument à vent, ce qui donne à son interprétation une grande fluidité et une expressivité singulière. L’album évolue dans un territoire hybride où se croisent soul, blues, jazz et folk alternatif. La voix de Jones, grave et veloutée, reste le centre de gravité. Les arrangements restent sobres, guitares, cordes discrètes, percussions légères, laissant respirer les mélodies et les silences. Cette économie de moyens donne aux chansons une chaleur organique. Premier album mais déjà nourri d’années d’écriture, For Mary avance sans concept ni posture. Un disque de climat et d’empathie, où l’intime et le politique cohabitent naturellement, porté par une écriture attentive aux failles humaines et aux émotions qui persistent longtemps après la dernière note. (LFC)
Kingdom est disponible via Olive Jones/Nettwerk Music Group. En concert à Paris (Boule Noire) le 17 avril 2026.
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GABRIEL KRÖGER – JE NE M’EN SORTIRAI JAMAIS !
Il parle de perte de repères, tout ce qui touche au monde instable dans lequel nous vivons. « Ils m’ont cassé mes lunettes et m’ont volé mon goûter », c’est insinuer que notre commandement nous prend pour des personnes aveugles et pour des enfants. Je ne m’en sortirai jamais ! chante la musique comme une thérapie, ce sont des sentiments forts qu’il interprète d’une façon calme avec le son d’une guitare. « Les mains sur le clavier » soignent les nuits blanches de mélancolie amoureuse, Je ne suis plus l’ami de tes amis confie la douleur d’indépendance. L’Interlude Poussière reste la composition la plus profonde et la plus courte de son EP : un arrêt brutal, un ensemble choc pour 51 secondes de réalité. « On est tous en boîte entassés ». La guitare douce nous emmène vers moins de dynamisme que celui auquel on était habitué. Voir les signes nous décrit comme des humains de fer sans fortune de vie. Gabriel Kröger porte une cagoule, mais ses chansons se mettent à nu avec « des épines », des cris et des déprimes qui dominent à l’intérieur de façon lucide. Artiste émergent de la scène indie parisienne, il mélange folk-punk et lo-fi rock. « Il reste toujours une petite lueur, même dans les chansons les plus sombres ». (AM)
Un an sans soleil est disponible via GK Prod.
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BEADADOOBEE – ALL I DID WAS DREAM OF YOU (FT. THE MARIAS)
Beabadoobee continue d’endosser son rôle de princesse indie avec All I Did Was Dream Of You, rêve éveillé partagé avec The Marías. Repérée en 2020 avec Coffee, ballade lo-fi écrite dans sa chambre et devenue virale quand Powfu la sample sur Death Bed (Coffee for Your Head), elle passe d’icône bedroom pop à héritière plus assumée du grunge et de l’alt-rock, puis confirme avec Fake It Flowers, Beatopia ou encore This Is How Tomorrow Moves une écriture ultra directe sur l’amour, la peur et la nostalgie. Son nouveau titre, All I Did Was Dream Of You, est quant à lui un véritable slow brumeux, porté par une progression de cordes mélancolique, une rythmique feutrée et un refrain qui tourne autour de l’obsession amoureuse. Et lorsque l’on y ajoute la voix de María Zardoya en contrechamp vocal, la chanson prend une toute autre dimension : plus onirique encore, entre caresse et malaise. Le clip, tourné dans des paysages glacés à la lumière pâle, montre l’artiste seule sur un lac gelé, silhouette fragile et seule dans l’immensité de ce décor, comme perdue dans sa propre projection. Comme un rêve mélancolique où la langueur indie de Beabadoobee rencontre et embrasse l’alt-pop des Marías. (TR)
All I Did Was Dream Of You est disponible via Interscope Records.
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JOK’AIR – PARFUM
Jok’air continue son année 2026 comme il sait le faire : avec des sentiments. Après Je suis love, sorti il y a peu, le rappeur poursuit avec Parfum, un titre qui parle d’une femme impossible à oublier. Dans ce morceau, Jok’air utilise une image simple mais efficace celle du parfum. Comme une odeur qui reste dans l’air longtemps après le passage de quelqu’un, cette femme laisse une trace dans sa mémoire. Le texte est entre nostalgie et attachement, avec ce mélange de douceur et de mélancolie qui caractérise souvent l’univers du rappeur. Musicalement, le morceau reste fidèle à ce que Jok’air maîtrise le mieux : une mélodie planante, un refrain accrocheur et une écriture très directe, presque intime. On a l’impression d’écouter une confession en musique. Il parle d’un amour qui marque, d’une présence qui continue d’exister même quand la relation est terminée. La surprise arrive à la fin du titre. Jok’air glisse un sample du classique Hit the Road Jack, qui apporte une touche inattendue au morceau. Ce clin d’œil musical donne une autre dimension à la chanson : comme si derrière la nostalgie se cachait aussi l’acceptation d’un départ. Avec Parfum, Jok’air confirme la direction prise en ce début d’année. Après Je suis love, il signe déjà son deuxième titre de 2026, et reste fidèle à son terrain de prédilection : celui des émotions, des relations et des souvenirs qui collent à la peau. (CHOE)
Parfum est disponible via La Dictature.
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