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Ce samedi 16 mai, Gucci dévoilait son défilé Cruise 2027 – GucciCore – au cœur de Times Square sous la direction de Demna, dans une atmosphère sombre et ultra spectaculaire fidèle à l’univers du créateur.

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@Gucci

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En investissant Times Square, Demna ne se contente pas de choisir un décor spectaculaire : il s’approprie un espace déjà saturé d’images, de lumières et de messages publicitaires, dont Gucci fait partie intégrante. Le cœur de Manhattan devient un terrain dystopique, en cohérence avec les campagnes et teasers récents de la maison. Ce choix prolonge une esthétique déjà installée : celle d’un environnement hyper-visuel où les frontières entre défilé, marketing et fiction s’effacent progressivement. On se retrouve face à une scénographie qui nous rappelle le cinéma de science-fiction, où la ville fonctionne comme un système d’images en flux continu. Avec écrans géants, nuit et surcharge d’informations à la Matrix, Gucci s’inscrit dans un chaos urbain, cyberpunk, où le luxe se fond dans le lifestyle de la ville.

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@Paris Hilton for Gucci

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Au-delà du décor, ce sont surtout les silhouettes qui donnent la lecture du défilé. Le casting joue un rôle clé, accompagné d’une tension constante entre personnalités ultra identifiables et présences plus anonymes, comme si Demna reconstituait une rue de Manhattan plutôt qu’un podium classique de défilé. C’est un moment de vie nocturne, totalement ancré dans le lifestyle new-yorkais. Parmi les moments marquants, Paris Hilton apparaît dans une robe-blouse jaune scintillante, à la fois très red carpet et légèrement décalée, accompagnée d’une nouvelle coloration brune qui condense parfaitement cette idée d’un glamour transformé en personnage.

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@Taylor Hill, Anok Yai for Gucci

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Les looks eux-mêmes alternent entre codes très luxe et pièces plus casual : tailleurs, manteaux massifs en fausse fourrure, denim et silhouettes noires composent une collection hybride, entre quotidien et exagération. Demna s’adapte parfaitement au lieu choisi avec une collection qui semble pensée pour évoluer dans cet environnement. On retrouve Anok Yai dans une présence forte, qui s’impose sans effet de mise en scène spectaculaire, tandis que d’autres silhouettes féminines comme Mariacarla Boscono ou Emily Ratajkowski incarnent des registres plus froids avec attitude. Alex Consani et Gabbriette apportent, elles, une énergie plus brute, une aura qui casse la rigidité de l’ensemble.

Ce jeu de contrastes construit une impression de fiction urbaine. Chaque look semble appartenir à une personnalité distincte plutôt qu’à une collection homogène.

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Avec ce Cruise 2027, Demna commence déjà à installer les bases d’une nouvelle image pour Gucci. Le noir domine une grande partie du défilé, renforçant cette atmosphère nightcore déjà omniprésente dans la scénographie. On retrouve également plusieurs éléments récurrents qui commencent à s’imposer dans son paysage Gucci, notamment ces volumes très structurés au niveau du haut du corps, devenus presque une signature. Le crop et les coupes ajustées prennent le dessus dans les nouvelles proportions proposées par la maison.

On observe aussi des nouveautés comme des hauts très légers façon tube top ou, à l’inverse, des matières épaisses et matelassées qui rappellent certains défilés de Rick Owens, mais aussi directement l’univers de Demna et ses anciennes silhouettes chez Balenciaga. Malgré cette vision très personnelle, certains codes historiques de la maison restent présents par touches, entre glamour italien, fausses fourrures, tailoring et détails maximalistes.

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@Taylor Hill

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Plus qu’une simple collection, ce Gucci Cruise 2027 montre surtout une direction artistique pensée dans les moindres détails. Du casting au maquillage, de la scénographie aux accessoires jusqu’à l’attitude des mannequins, chaque élément participe à construire l’univers que Demna commence déjà à imposer chez Gucci.

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Texte Maël Delanoë

Image de couverture @Angela Weiss, Alex Consani for Gucci

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