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Aja Monet est une poète de blues surréaliste qui s’attache à donner la chair de poule et à dire des vérités qui vont droit au cœur et aux tripes. Ses poèmes sont harmolodiques, vulnérables et rebelles. En tant que plus jeune lauréate du titre du Nuyorican Poets Cafe Grand Slam Poetry, elle a fait ses premières armes à New York dans les clubs et bars de poésie du Lower East Side, affinant sa voix et son art sur les scènes légendaires d’un mouvement poétique populaire en plein essor. Son premier album de poésie, When the Poems Do What They Do, a été nommé pour le Grammy Award, dans la catégorie du meilleur album de poésie parlée en 2024.  

Poursuivant sa trajectoire dans une musique desiderata saccadée et une immersion poétique toujours plus profonde, elle dévoile son deuxième album, The Color of Rain. 

L’oblation revendicative 

Tout au long de ses poèmes chantants, on bascule entre un romantisme, un amour entier de sa personne vers l’univers, et la lutte contre toute forme d’individualisme et de meurtre gouvernemental. Son premier morceau, Say It With Your Chest introduit une méditation obscure sur l’incertitude du futur, qui nous ouvre à une rédemption emplie d’amour : c’est la parfaite opposition entre la sérénité et l’anxiété. Elle amène une rencontre avec sa voix, qui se veut calme et compréhensive, avant de se transformer en un hymne à l’esclavagisme sociétal, une dénonciation plus directe qui se perçoit dans sa voix. Song Of Myself et For The Congo illuminent les consciences face au sang versé au prix du capitalisme et des richesses, brave de l’histoire incriminatrice qu’elle dénonce. Honnête dans ses ambitions, le titre Indigo la décrit tant physiquement que spirituellement dans ce qu’elle souhaite transmettre comme havre de paix : un espace d’échange et de voyage planétaires. Elsewhere nous offre le souvenir d’un monde technologique révolu, en hommage à Sly Stone, pionnier du funk, une machine à remonter le temps dans sa propre essence créatrice. La peau et toutes les ombres de l’âme marchent avec la musique : Skinfolk fait tomber les frontières raciales dans le plongeon auditif de l’eau, cet élément naturel qui s’oppose à Hollyweird, « écrit sur des bouts de papier trouvés ici et là, notant frénétiquement mes observations et mes sentiments du moment pendant les incendies de Los Angeles et leurs conséquences ». Parler de ce vide catastrophique est, pour l’artiste, une ode afro-punk aux frustrations et aux sentiments liés à notre culture actuelle d’isolement social et de solidarité performative.  

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Ajat Monet ne nous surprend pas : elle questionne notre propre condition et nos actions face au monde aristocratique malhonnête qui nous entoure. Parolière hors pair, c’est une poète singulière, mais aussi une organisatrice communautaire et une militante dévouée. Contrairement à la haine que l’on nous enseigne, elle va à contre-courant des satisfactions faciles et s’inscrit dans la longue lignée, ainsi que dans la tradition, des poètes engagés dans des mouvements sociaux pour le changement.

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The Color Of Rain est disponible via Drink Sum Wtr.  En tournée et à Paris (Cité de la musique) le 30 août 2026. 

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Texte Andréa Martins 

Image de couverture Jesse Boykins III

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