La sélection Modzik pour sonoriser ton weekend.
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TSHEGUE – PSYCHO
Depuis Survivor et Téléma, le duo formé de Faty Sy Savanet et Dakou resserre son langage et poursuit son voyage dans le son hybride. Psycho relève toujours d’une certaine urgence punk, mais désormais traversé de flux club et d’échappées plus troubles. Les guitares râpent comme un vieux garage de Detroit, pendant que le rythme cogne avec une précision tribale. Faty Sy Savanet module désormais son chant, plus nuancé, sans rien céder. Née à Kinshasa, passée par des groupes punk puis propulsée sur les scènes majeures, elle a aussi étendu son terrain : du Théâtre du Châtelet aux côtés de Damon Albarn pour Le vol du Boli, jusqu’aux défilés Off-White avec IB Kamara. Un retour au Congo qu’elle a quitté à l’âge de 10 ans, agit comme point de bascule : « Je rencontre une communauté de femmes incroyables avec qui j’ai fait de la musique… des femmes très fortes, des boxeuses… j’ai compris qu’il fallait me gonfler de force pour porter un message de libération… reprendre mon indépendance et repartir seule ». Cette trajectoire innerve l’EP Psycho (29/05/2026), plus ouvert, plus mobile dans ses formes. On y entend autant l’héritage punk que des échos pop déformés ou des textures issues des cultures club. Le visuel prolonge cet évolution : Francesco Petroni, le réalisateur du clip parle d’un projet né d’un ressenti face à « un monde où le pouvoir cherche à définir ce que nous sommes », où dévier peut faire passer pour une menace, et où « la véritable folie réside peut-être dans les forces qui surveillent les identités et façonnent le monde qui nous entoure ». Tshegue reste fidèle à son principe : une musique en déplacement constant, à la croisée des corps, des luttes et des sons. (LFC)
Psycho est disponible via Animal63. En concert à Paris (Solidays) le 26 juin 2026.
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A2H – INDISCUTABLE
Un OG du rap indépendant ? Un guitariste-rappeur-lover ? Un marathonien musical ? Comment présenter A2H ? Peu importe, tout ça lui convient « indiscutablement ». Mais ce qui le définit le mieux, c’est l’« amour ». De la musique et des femmes, qui lui ont inspiré ses plus gros succès : Le cœur des filles (63 millions d’écoutes sur Spotify), Nudes (13 millions). Les jeux du cœur et du corps, inépuisables sujets de création, semblent les seules choses qui peuvent rivaliser avec la musique aux yeux de A2H. La passion musicale anime depuis l’enfance celui qui s’est frotté à un paquet de genres qu’il a parfois mêlés au rap : reggae, funk, UK garage, grime, blues, rock… Au fil de ses quinze ans de carrière, ponctués de collaborations avec des rappeurs exceptionnels, A2H a gardé son cap en vue : faire de la bonne musique et se faire plaisir. Cette stratégie, en apparence naïve, a payé puisque sa fan base croît avec le temps. En 2026, il revient à ses fondamentaux de rappeur, fort de l’expérience musicale accumulée. Après un freestyle de huit minutes de pur découpage publié en mars pour annoncer son retour, A2H dévoile Indiscutable, dans lequel il se retourne sur son passé, sa carrière, pour réaffirmer qu’il est plus en place que jamais, prêt à balancer la quintessence de son art. Son nouvel album, Les gosses effrayés est annoncé pour octobre. (AC-Le Rapporteur)
Indiscutable est disponible via Palace Prod. En concert à Paris (Bataclan) le 20 novembre 2026.
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SWIM DEEP – I KEEP HER PHOTOGRAPH WITH ME
Swim Deep confirme avec ce nouveau single qu’il n’est plus vraiment ce groupe indie underground des débuts, mais une formation en mutation. Né à Birmingham au début des années 2010, le quintette a toujours navigué entre pop rêveuse et dérives plus texturées, mais ce nouveau titre creuse plus loin, dans une matière sonore dense et enveloppante. Il s’agit du deuxième extrait de leur prochain album Hum (19/06/2026), et aussi d’un moment charnière avec l’arrivée récente de JJ Buchanan, dont l’écriture marque ici un tournant sensible. Les claviers aux teintes vintage et les guitares flottantes dessinent un décor quelque part entre nostalgie seventies et romantisme luxuriant. La production de Bill Ryder-Jones accentue une sensation de flottement, en alourdissant légèrement l’atmosphère. Austin Williams, fidèle à son phrasé détaché, laisse affleurer une émotion pudique. « Quand JJ m’a fait écouter cette démo, c’était comme entendre l’une de mes chansons préférées pour la première fois. Elle m’a plongé dans un univers chaleureux et réconfortant où je me suis volontiers perdu. Et pour moi, elle réunissait tous les éléments que j’ai toujours voulu que Swim Deep transmette : une émotion forte, de la mélancolie, de l’espoir et de la chaleur. » Au cœur du morceau, il y a cette idée simple : tenter de figer ce qui échappe. Une image conservée comme talisman et des mots gardés comme des trésors. À l’approche de Hum, ce single agit comme une promesse : celle d’un groupe qui, après plusieurs cycles, semble trouver un équilibre entre mélancolie et clarté. (LFC)
I Keep Her Photograph With Me est disponible via Submarine Cat Records.
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LAUFEY – MADWOMAN
Chanteuse, compositrice et violoncelliste islandaise, Laufey est devenue en quelques années l’une des figures les plus singulières de la pop-jazz actuelle. Formée à la musique classique et au jazz, elle s’est fait remarquer avec un style à part, élégant et rétro, entre standards d’hier et sensibilité plus contemporaine, avant de s’imposer avec ses albums Everything I Know About Love et Bewitched. Et elle poursuit avec son nouveau single Madwoman, extrait de son prochain album A Matter Of Time : The Final Hour, cette identité artistique tout en signant un clip ludique, assez cinématographique, qui multiplie les clins d’œil visuels et les présences surprises. On y retrouve notamment Alysa Liu, Megan Skiendiel de KATSEYE, Lola Tung et Hudson Williams, dans un univers glamour et décalé qui donne au morceau une énergie à la fois fun et sophistiquée. Résultat : une petite scène pop où Laufey joue avec les codes de la féminité, du regard des autres et de l’excès, sans jamais perdre sa délicatesse musicale. Le clip accompagne parfaitement la chanson : malin, élégant, et assez irrésistible dans sa façon de réunir autant de personnalités autour d’un même imaginaire. (TR)
Madwoman est disponible via Vingolf Recodings/AWAL.
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PIERRE DE MAERE – JE PENSE À VOUS
Chez Pierre de Maere, la flamboyance n’est jamais un vernis. Avec Je pense à vous, il revient après le cycle triomphal de Regarde-moi, disque inaugural qui l’avait propulsé jusqu’aux Victoires de la musique 2023 en figure à part, quelque part entre romantisme théâtral et second degré. Le single s’inscrit dans cette trajectoire, mais dévie subtilement : plus charnel dans le groove, porté par une basse vivante et des textures volontairement kitsch. Il y a là une recherche sonore qui évoque autant la confession que la mise en scène, fidèle à son goût pour la performance. Le morceau pulse : « Je vais, je viens, ça monte » devient une boucle obsessionnelle où se mêlent désir de contrôle et vertige. Derrière l’apparente désinvolture, l’écriture met en scène un personnage qui se regarde jouer « l’idôle et le fanboy » et revendique une autonomie quasi arrogante, « c’est entre moi et moi ». Présenté en avant-première ce mardi, à Paris, en présence de ses co-compositeurs, Xavier son frère et Jean Castel, il s’est confié : « C’est avec ce morceau que j’ai véritablement découvert les joies du studio pour la première fois. J’ai eu la chance et le luxe de m’entourer de musiciens pour donner vie à mes idées. Le studio est devenu un moment d’exploration et d’amusement ». Le clip, signé de son amie Edie Blanchard sur une idée de Jack Rexhausen, son amoureux, prolonge cette nouvelle dynamique en injectant du mouvement dans un décor figé, comme si la scène débordait enfin du cadre. Avec Je pense à vous, Pierre de Maere quitte le pur romantisme pour une forme d’exaltation plus trouble. (LFC)
Je pense à vous est disponible via Cinq 7/Wagram Music. En concert à Paris (Olympia) les 8 et 9 décembre 2026.
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LAKNA – T MIGNON
Lakna poursuit son parcours entre R&B, pop et influences afro‑diasporiques avec T Mignon, un single qui prolonge une écriture déjà marquée par la sensibilité et la mise en scène de soi. Née à Genève dans un environnement traversé par la culture griotique de son père et le théâtre de sa mère, elle développe très tôt un goût pour les récits personnels. Après Univers observable et Tsunami, puis une série de sorties plus récentes qui ont consolidé son ancrage dans la scène francophone contemporaine, Lakna affine ici un registre plus ludique. T Mignon, comme 18‑30 avant lui, annonce d’ailleurs son futur album prévu pour octobre 2026. La production, signée par le Ghanéen Master Garzy et habillée par le fidèle Yoann Maeder, installe un socle dancehall léger, traversé de syncopes souples et d’un groove volontairement décontracté. La construction repose sur une dynamique simple mais efficace, laissant la voix osciller entre attitude joueuse et distance. Le texte détourne les figures attendues du flirt pour en faire un espace de recul, où l’humour agit comme filtre et protection. Le clip, volontairement kitschissime, prolonge cette intention : conçu comme un moment de complicité entre amies, il transforme la séduction en terrain de jeu collectif, où l’ironie devient un geste d’affirmation plutôt qu’un masque. Derrière l’apparente légèreté, le morceau s’inscrit dans une ligne déjà présente dans son travail : transformer les dynamiques relationnelles en matière narrative, souvent teintée d’autodérision et de lucidité. La référence à une posture de « baddie » assumée relève moins d’un cliché que d’une manière de reprendre la main sur le regard extérieur. T Mignon prolonge ainsi cette manière qu’a Lakna de mêler légèreté, humour et lucidité, en faisant de la voix un espace de jeu autant qu’un terrain d’affirmation. Un titre court, efficace, qui privilégie l’élan et la connivence. (LFC)
T Mignon est disponible via Lakna (autoproduit).
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BLEACHERS – THE VAN
Troisième extrait de Everyone For Ten Minutes (22/05/2026), après You and Forever et Dirty Wedding Dress, The Van éclaire la matrice du disque . Bâti sur un tempo stable, le morceau mêle orgue Hammond, harmonica et passages en talk over qui ancrent le récit dans le vécu. Jack Antonoff progresse par images concrètes, enracinées dans les débuts du groupe : parkings de stations-service, premières tournées, jeunesse du New Jersey et routes sans retour. La chanson avance hantée par une idée simple : ne pas rester seul. Moins euphorique et fédérateur que You and Forever, dans la lignée de leur album éponyme de 2024, plus direct que l’americanesque Dirty Wedding Dress, The Van privilégie la narration. Le clip réalisé par Alex Lockett prolonge cette logique, laissant parler le mouvement et le collectif. Un titre de transition lucide qui regarde en arrière sans s’y enfermer. On attend la suite avec impatience. (LFC)
The Van est disponible via Dirty Hit. En concert à Paris (Pleyel) le 21 novembre 2026.
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AARON ROWE – JOHN’S SONG
« Porter l’histoire de tout le monde », c’est le souhait qu’Aaron Rowe formule lorsqu’il parle de sa musique et de ses ambitions. Sur ce nouveau single, le présent se mêle au passé et les souvenirs aux vivants, pour mieux les porter. Il prend sur lui le poids de tout un deuil familial et la responsabilité de rendre une mémoire glorifiée à celle de son arrière-arrière-oncle. Inconnus, c’est un travail d’écriture qui lui a pris du temps à mettre en forme, essuyant les larmes des lacs de Dublin et l’odeur de cigarettes, comme celle d’un fantôme qui traverse la mémoire des objets qu’il étudie, dans chaque fissure, pour leur rendre une identité exacte. Aaron rend hommage à son héritage et à l’Irlande, portant une voix plus frontale ; l’interprétation de son écriture est plus directe et l’élévation ne fait que murir dans une direction qu’il sait être celle qui lui est destinée. Sûr de son élocution passionnelle, il peut fouiller dans les ruines d’un homme mort pour le rendre vivant au-delà de sa pierre tombale. Inspirée par des lettres de famille, cette chanson profondément personnelle et introspective retrace l’histoire de John, qui a combattu aux côtés des Britanniques et est mort dans la Somme pendant la Première Guerre mondiale, à une période complexe de l’histoire de l’Irlande. (AM)
John’s Song est disponible via Realbutter/Columbia Records.
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JESSIE WARE – AUTOMATIC
Superbloom, sixième album de Jessie Ware, s’inscrit dans le prolongement direct de What’s Your Pleasure? et That! Feels Good!. Désormais pleinement aux commandes artistiques, elle transforme une période personnelle agitée en une matière tournée vers le plaisir, l’attachement et la continuité. La production repose sur un noyau solide : James Ford (Arctic Monkeys…), Barney Lister (MRCY…), piliers de cette nouvelle ère, rejoints par Stuart Price, Jon Shave et Ben Baptie au mix. Cordes amples, claviers soyeux, rythmiques entêtantes : tout concourt à installer un dancefloor fantasmé, entre héritage seventies, groove Studio 54 et sophistication contemporaine. L’écriture, partagée avec Kamille, Clementine Douglas ou Miranda Cooper, privilégie des formes étirées, presque hypnotiques, comme si l’ivresse devait s’installer dans la durée. Des interludes viennent structurer l’ensemble et renforcent cette impression de continuum nocturne. Les singles Ride, I Could Get Used to This et Automatic en avaient posé les bases, mais c’est Don’t You Know Who I Am qui s’impose comme sommet : un hymne queer disco rétro où les violons, fastueux, évoquent une Gloria Gaynor tragique, tandis que Ware injecte une dramaturgie plus vive. Elle y campe une figure souveraine et fissurée, entre assurance affichée et désillusion amoureuse, renouant avec une tradition où la piste de danse devient espace de revanche, de révélation et d’affirmation. Moins frontal que ses prédécesseurs, Superbloom choisit la continuité plutôt que la rupture. Il s’inscrit dans une esthétique désormais pleinement installée chez Jessie Ware, et trouve sa force dans la tenue d’ensemble, la précision de ses textures et la maturité d’une artiste qui sait exactement où elle veut aller.
Automatic est disponible via Universal Music. En concert à Paris (Casino de Paris) le 10 novembre 2026.
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CRYSTAL MURRAY – KEYSTAR
Ce morceau annonce le thème du nouvel EP de l’artiste : un univers naturel, baigné d’une tristesse révoltée et déchirée, née du choix de privilégier sa santé mentale afin de gagner en indépendance, loin des relations toxiques. Si sa voix et son style sont moins provocateurs, elle conserve néanmoins une identité corporelle qui la fait parler avant de chanter. Sensuelle, elle brise les retenues du voyeurisme et joue avec celui-ci, particulièrement dans 73. Sur l’autoroute inconsciente, elle porte avec fierté l’image que l’on se fait aujourd’hui de la féminité. Son image sexuelle est à la fois revendicative que communicative : le physique n’est pas envisagé comme un simple objet de désir chez Crystal, mais comme un dialogue sec et franc. C’est sa voix qui lui confère cette touche sucrée et amer, reflet d’un chamboulement de l’être et de l’esprit. Tangerine et Part Two traduisent tout ce ressenti en images. Dans une ambiance nocturne, elle incarne une étoile, contrastant sa peau avec une robe style fourrure blanche, afin d’y introduire le cercle sombre et perpétuel des pensées. Quelque chose de l’ordre du sentiment se meurt ; le cœur collecte les dégâts pour donner une place libre à l’anatomie de la souffrance individuelle. Keystar laisse naître en nous l’envie de chaleur corporelle, une élévation du commun vers l’extase.
Anatomy of a Cry est disponible via Crystal Murray (autoproduit). En tournée et à Paris, au Studio Ferber (Complet), le 30 avril 2026.
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