/

NEWS !

/

/

À chaque Fashion Week, un autre calendrier parallèle attire l’attention des initiés : celui des défilés d’écoles. Cette saison encore, ceux de Central Saint Martins et de l’Institut Français de la Mode ont confirmé une chose, le futur de la mode est déjà là.

Sur ces podiums, loin des contraintes commerciales et des impératifs de rentabilité, une nouvelle génération de créateurs, étudiants comme jeunes designers émergents, s’exprime avec une liberté totale. Silhouettes expérimentales, matières détournées, narrations personnelles : ils ne suivent pas les tendances, ils les inventent. Ce qui frappe surtout, c’est cette fraîcheur instinctive. Là où certaines maisons installées peuvent parfois sembler figées dans leurs codes, ces jeunes créateurs avancent avec une forme de fougue, testant sans retenue les limites du vêtement et de son langage.

Déconstruction, hybridation, volumes extrêmes ou minimalisme conceptuel, tout cohabite. Mais au-delà de l’esthétique, c’est une vision qui émerge : une mode plus libre, plus engagée, portée par une génération qui redéfinit déjà ses propres règles. Ces collections ne sont pas seulement des exercices de fin d’études. Elles s’inscrivent dans une dynamique plus large, celle d’une nouvelle scène créative en pleine affirmation. Et si l’industrie regarde attentivement, c’est bien parce qu’elle sait que ces jeunes talents ne sont pas simplement « les talents de demain », ils façonnent déjà la mode d’aujourd’hui.

/

@bafcsm

/

Voici une sélection coup de cœur de créateurs à suivre de près, qui ont particulièrement marqué cette saison.

/

Yousra Naomie Youssoufa

/

@ifmfashionma

/

Durant la FW26, le Master of Arts Graduate Show de l’IFM a marqué les esprits. À travers une maille expérimentale et texturée, Yousra Naomie Youssoufa questionne la surveillance des corps noirs. Volumes en raphia, franges qui cachent autant qu’elles dévoilent : chaque silhouette est une armure poétique, entre protection et exposition. Politique et sensorielle, sa mode transforme le vêtement en déclaration radicale, puissante et visuelle.

/

Diane V

/

@dianev

/

À travers ses accessoires, Diane V insuffle une énergie sensible et profondément personnelle. Entre tartans audacieux et fabrication artisanale au Togo, la créatrice puise dans son héritage pour proposer des pièces à la fois singulières et expressives. Des sacs qui revendiquent une esthétique joyeuse, presque instinctive, tout en affirmant une identité culturelle forte.

/

Christian Ye

/

@ifmfashionma

/

Parisien et étudiant à l’Institut Français de la Mode, Christian Ye utilise la maille comme arme de satire. Ses silhouettes déconstruisent le pouvoir : héros et icônes transformés en caricatures grotesques, avec des clins d’œil à Henry VIII et L’Impudique Albinos. Pulls, combinaisons, shorts cyclistes et bodysuits bubble‑knit en Lycra, cheveux brodés à la main : chaque look est un mélange d’irrévérence et de choc visuel, où la maille devient langage.

/

Kai Ghattaura

/

@kaighattaura

/

23 ans. London Fashion Week. Kai Ghattaura étudiant de dernière année à la Central Saint Martins, balance Seminomadic, une collection où histoire et internet se percutent. Upturned pike shoes, vestes fluo, accessoires XXL : tout attire le regard. Bandes de tissu enroulées autour des bras, traînes qui touchent le sol : chaos coloré, poétique et maîtrisé. Le jeune créateur fait vibrer la génération digitale, pousse les codes, transforme chaque silhouettes en performance radicale. Subversif, hyper‑connecté, Ghattaura est déjà la next big thing à suivre.

/

Fernanda Castro

/

@efimmero

/

En 1ʳᵉ année à l’Institut Français de la Mode, Fernanda Castro habille déjà Rosalía dans un corset en maille. Charli XCX avait aussi succombé à ses créations plus tôt. Son univers ? Brut et raffiné, féminité forte, layering intense. Une maille agressive et délicate, qui claque et qui promet. Fernanda est une designer à suivre ; la maille cette saison n’a décidément jamais été aussi puissante !

/

Zeina Issa

/

@the.zeina

/

Londres, Central Saint Martins. Zeina Issa fait exploser le MA Design Show avec Inherently Loud. Maximaliste, opulente, alternative : elle réinvente la femme arabe contemporaine, loin des clichés, loin des regards. Chaque look crie puissance et liberté. Glamour assumé, rébellion silencieuse, elle impose sa loi : triomphante, radicale, inoubliable. Zeina est la mode sans compromis.

/

Myat

/

@ericamyat

/

Myat crée une mode sombre, électrique et addictive. Silhouettes élancées, plumes légères, fentes audacieuses et tissus translucides : chaque pièce joue sur cache et révélation, sensualité et tension. Entre gothique moderne et poésie dramatique, Myat transforme le vêtement en choc sensoriel, captivant et radical à chaque regard.

/

Camille D Thompson

/

@divine_bimbo

/

Camille D Thompson joue avec bling‑bling 2000s et esthétique gaming. Provoc, kitsch et digitale, la marque mixe trash audacieux et futurisme pixelisé, créant un univers où chaque pièce claque et captive. Entre excès assumé et énergie décalée, la jeune fashion designer transforme la mode en expérience visuelle radicale.

/

La nouvelle génération ne suit pas les codes : elle les réinvente.

/

/

Texte Nefertari Remir

Image de couverture @bafcsm

/

/