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Alors que leur nouvel album éponyme vient tout juste de sortir, Infinity Song poursuit une ascension singulière dans le paysage musical américain. Révélé par Jay-Z et porté par une identité que certains qualifient désormais de « soft rock », le groupe familial entend bien laisser une empreinte durable dans la musique contemporaine.

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Composé des frères et sœurs Abraham, Angel, Israel et Momo Boyd, Infinity Song n’est pas un groupe comme les autres. Bien avant les scènes internationales et les millions d’écoutes, leur histoire commence dans les rues de New York, où ils se produisent régulièrement à Central Park, dans le métro ou encore à Times Square.

Leur trajectoire bascule lorsqu’une vidéo de leurs performances de rue attire l’attention du réalisateur Jeymes Samuel, qui la transmet à Jay-Z, le fondateur de Roc Nation invite alors le groupe à se produire dans les bureaux du label avant de leur proposer un contrat. Une rencontre décisive qui ouvre un nouveau chapitre de leur carrière.

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Une famille avant tout

Si leur histoire fascine, c’est aussi parce qu’elle repose sur une dynamique familiale rare dans l’industrie musicale. « Être dans un groupe est déjà un défi, peu importe avec qui l’on travaille », explique Abraham Boyd lorsque nous l’interrogeons sur leur collaboration quotidienne. « Je ne dirais pas que c’est forcément plus facile en famille, mais notre lien est évidemment beaucoup plus fort. »

Cette proximité nourrit l’alchimie qui caractérise Infinity Song. Leurs harmonies vocales, devenues leur signature, sont le fruit de nombreuses années passées à chanter ensemble bien avant d’en faire une carrière.

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Abraham et Israel. Crédit : Jimmy Fontaine

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Soft rock, mais pas seulement

Souvent associé aux années 1970 et 1980, le soft rock est un sous-genre du rock qui privilégie les mélodies, les harmonies vocales et les arrangements doux plutôt que les guitares agressives ou les sonorités plus lourdes du rock traditionnel. Des artistes comme Fleetwood Mac, America, Chicago ou encore les Eagles ont contribué à populariser cette esthétique.

Infinity Song reprend certains de ces codes tout en y intégrant des influences soul, gospel, R&B et folk.

Cette singularité a poussé Jay-Z à les qualifier de groupe de « Black soft rock », une appellation que les membres accueillent avec lucidité. « Nous voulons montrer qu’il existe aussi une place pour les artistes noirs dans cet univers », expliquent-ils. « Nous espérons ouvrir des portes et créer un chemin pour les générations futures. »

Au-delà de la simple étiquette musicale, le groupe revendique ainsi une place dans un genre où les artistes noirs ont souvent été moins visibles malgré leur influence historique sur la musique américaine.

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Un album pour affirmer leur identité

Si Metamorphosis explorait la découverte de soi et les transformations qui accompagnent le passage à l’âge adulte, Infinity Song apparaît comme l’album de l’affirmation. Là où le précédent projet racontait un processus de changement, ce nouveau disque semble incarner l’aboutissement de cette quête identitaire.

À travers ce disque, le groupe mêle récits intimes et observations du quotidien, abordant aussi bien les départs, l’amitié, l’amour ou encore les réalités matérielles de la vie adulte. Porté par des harmonies vocales lumineuses, le disque continue de puiser dans le soft rock et le folk des années 70 tout en conservant une sensibilité très contemporaine. Entre délicatesse mélodique et sincérité, Infinity Song signe un album chaleureux et profondément humain.

Pour Angel Boyd, ce choix s’inscrit dans une logique naturelle. « Si Metamorphosis parlait de la découverte de soi, alors il est logique que notre prochain album soit éponyme. C’est une façon de dire : voilà qui nous sommes désormais. »

Son frère Abraham complète cette idée en évoquant une ambition plus large. « Cet album représente une étape importante dans notre volonté de nous établir comme la famille musicale de référence de notre époque. » Une déclaration ambitieuse, mais cohérente avec la vision à long terme du groupe.

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Angel & Momo. Crédit : Jimmy Fontaine

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L’émotion du Tiny Desk

Le 27 avril dernier, Infinity Song a également marqué les esprits lors de son passage dans la célèbre série des Tiny Desk Concerts de NPR.

Pour ceux qui ne connaissent pas le format, les Tiny Desk sont des concerts intimistes enregistrés dans les bureaux de la radio publique américaine NPR, devant le célèbre bureau (« tiny desk ») du journaliste Bob Boilen. Depuis plus de quinze ans, ces performances sont devenues une référence mondiale, accueillant aussi bien des artistes émergents que des légendes comme Alicia Keys, Anderson .Paak, Sting ou Mac Miller.

Pendant leur prestation, les membres d’Infinity Song ont semblé particulièrement émus après l’interprétation de Deja Vu. Israel Boyd nous confie : « j’étais nerveux, surtout parce que c’était la première fois que nous interprétions cette chanson en public ».

Le chanteur reconnaît également avoir été surpris par le cadre. « Jouer dans des bureaux n’est pas quelque chose d’habituel pour nous. Mais au final, j’ai adoré l’expérience. L’atmosphère était vraiment spéciale. »

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De Central Park au monde entier

Le groupe garde pourtant les pieds sur terre lorsqu’il évoque son parcours. « À l’époque, nous regardions les touristes passer à Central Park  », racontent les membres. « Aujourd’hui, c’est nous qui voyageons partout dans le monde pour partager notre musique. »

Cette évolution prend encore plus de sens lorsqu’ils parlent de leur public, désormais présent bien au-delà des États-Unis. « C’est enrichissant en tant qu’artistes, mais aussi en tant qu’êtres humains. Cela nous permet de découvrir de nouvelles cultures et de créer des liens avec des personnes que nous n’aurions jamais rencontrées autrement. »

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Laisser une trace

Plus que les chiffres ou les récompenses, Infinity Song semble animé par une autre ambition : celle de l’héritage.

Lorsqu’on leur demande ce qu’ils aimeraient que l’on retienne d’eux dans vingt ans, la réponse fuse immédiatement. « Ce serait incroyable qu’un jeune artiste puisse dire : ‘Si je fais de la musique aujourd’hui, c’est grâce à Infinity Song‘. »

Une phrase qui résume parfaitement la mission que le groupe s’est fixée : créer une musique capable d’inspirer, de rassembler et d’ouvrir la voie à la prochaine génération d’artistes.

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Infinity Song est disponible via Roc Nation Records. En concert à Paris (Gaité Lyrique) le 12 novembre 2026.

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Texte Charles-Henri Okul Efole

Image en couverture Jimmy Fontaine

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