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La sélection Modzik pour sonoriser ton weekend.

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AUPINARD – UN THÉ ?

Il s’est inventé un nom en y glissant une référence au vin de sa ville, il a découvert la bossa nova à 14 ans sur YouTube, il a appris la guitare tout seul avant d’oser prendre des cours de chant. Tout ça pour arriver à un nouveau chapitre d’un parcours qui refuse désormais la demi-mesure, incarné par ce single  Un thé ? Depuis ses débuts sous le blaze Aupinard, le Bordelais a construit une identité à contre-courant. Aupitape 1 : Hortensia, dédié à sa grand-mère, première supportrice, posait une esthétique feutrée. Puis pluie, montagnes et soleil élargissait le spectre : plus d’émotions et une écriture plus incarnée. Dans plusieurs interviews, il l’affirmait clairement : il ne voulait plus « faire des chansons pour la vibe », mais raconter, creuser, se dévoiler. Un thé s’inscrit dans cette trajectoire, mais avec un supplément de nerf. La guitare reste le point d’ancrage, fidèle à son ADN, sauf qu’ici elle impulse. Le tempo s’anime, la voix se hisse plus haut. On sent une envie d’aller chercher quelque chose au-delà du confort mélancolique qui a fait sa réputation. Les obsessions demeurent : le lien fragile, les élans contrariés, la tendresse qui vacille. Sauf que le traitement change. Il l’affronte l’incertitude. Là où il se cachait derrière la douceur, il assume une forme de tension. Après la collaboration Belle âme avec Bianca Costa, qui ouvrait son univers à d’autres textures et d’autres voix, Un thé le remet seul face à lui-même. Pas une rupture, mais un déplacement. Aupinard ne renie ni la bossa ni la délicatesse de ses premiers projets. Il les pousse simplement vers un territoire plus affirmé.

Un thé ? est disponible via Aupinard/BMG Rights. En tournée et à Paris (Pleyel) les 2 et 3 avril 2026.

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ANGÈLE – WHAT YOU WANT (FEAT. JUSTICE)

Après avoir électrisé le monde lors de la Cérémonie des JO de Paris, Angèle revient avec What You Want, son single enregistré avec Justice. Tout commence à Bruxelles, en décembre 2024, lorsqu’elle assiste à leur concert : «  Je leur ai spontanément proposé de venir au studio… Ils avaient tout compris ! ». Le morceau, qu’elle avait écrit comme une chanson provocante et sensuelle, prend une nouvelle intensité grâce à l’électro puissante de Justice : « Bien que sa musique soit très différente de la nôtre, ce morceau appelait quelque chose de sensuel et brutal… instinctivement et sans compromis ». Les synthés hypnotiques, la rythmique qui pulse, et le chant mi-français mi-anglais d’Angèle donnent naissance à un univers pop transformé, fidèle à sa maturité et à ses envies queer. La vidéo, tournée de nuit à Marseille avec un iPhone 17 Pro, transforme des lieux ordinaires, lavomatic, primeur, bar, en scènes de désir et de mouvement, avec Nora Monsecour dans une course effrénée aux côtés d’Angèle. Selon (LA)HORDE, qui réalise, assure la direction créative et la chorégraphie   : « Chaque geste raconte quelque chose… Angèle prend le contrôle de l’image et du récit ». Chaque note et chaque plan intensifient la tension et la séduction du morceau, dans une atmosphère à la fois proche de la réalité et stylisée. Comme le résume Angèle : « Réunir nos univers, sans perdre nos identités, c’est la plus belle réussite de ce morceau ! ». Avec sa fusion de pop affirmée et d’électro intense, What You Want est un titre captivant et incandescent, à savourer sur scène ou au casque. (LFC)

What You Want est disponible via Angèle VL Records/Genesis/Because Music/Ed Banger Records.

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DAYARGA – I’M THIS N****

« Ça me brûle de l’intérieur. Mon art c’est ma vie. Je connais personne dont l’art c’est la vie à ce point-là. » Dayarga prononçait ça en se filmant dans la chambre où il emménageait en banlieue de Paris fin 2021. Inconnu à l’époque, il s’était lancé le défi fou de remplir Bercy et de documenter son parcours. Il aura dû attendre octobre 2025 et son morceau bouyon Capote pour enfin exploser sur les réseaux. Le succès était surtout dû à l’humour du clip, à son refrain entêtant et à l’énergie contagieuse de Dayarga. Depuis, on a compris qu’il pouvait nous captiver sans clownerie. Qu’il est un gars à part. Quand on se penche sur sa musique, il est clair qu’il peut autant nous faire pleurer que rire. Dayarga est un garçon rempli de blessures et de conflits intérieurs. Il le partage avec son public. Et l’a prouvé, rappant en robe de mariée sur Skyrock, avec son émouvant J’peux pas tout recommencer. Après quelques morceaux aux ambiances très rock, il revient avec I’m this n**** , un morceau clairement trap produit par Florida Cypher. Il en a imaginé le clip et l’a encore confié à Topaz, son fidèle réal. En tenue féminine surprenante, il nous répète ce qui bout dans ses veines : il est une star. Mais il est toujours pauvre, au bord de la dépression et de l’épuisement. Tant que sa passion brûle, il ne nous lâchera pas. Et nous on croit de plus en plus au Bercy. (AC-Le Rapporteur)

I’m this n**** est disponible via Dayarga (autoproduit).

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MITSKI – IF I LEAVE

Finalité inévitable, dans un romantisme dramatique, elle donne le ton avec I’ll Change For You, soulevant l’ombre des souvenirs tout en y laissant transparaître une lumière. C’est dans une voix entraînante, inspirée de la bossa nova, qu’elle offre l’affirmation désespérée de s’aimer soi-même, dans le pathétique de se perdre en essayant de se retrouver. Son timbre, qui ressemble à un murmure, est une floraison de sentiments que l’on ressent face à l’amour. Sa voix douce devient forte au refrain : un piège ou un cri de délivrance, comme un bruit intense plongé dans le silence de notre amertume. Il nous réveille, nous bouscule, pour mieux plonger au cœur de nos guérisons. Artiste dotée d’une empathie extrême pour ceux qui l’écoutent, elle chante mais nous parle comme une confidente, une amie ; elle crée une bulle de conversation privée où chaque être humain se laisse aller à ses rêveries où tout reste encore à construire. Le titre de son album nous chavire d’espoir, laissant derrière lui les restes d’une morosité passée, comme la peau qui attend le soleil pour mieux se réchauffer et prendre de nouvelles couleurs de vie. Alors, quel tourment nous fait face lorsque l’on décide de partir ? (AM)

Nothing’s About to Happen to Me est disponible via Dead Oceans/Secretly Group. En concert à Paris (Zenith) le 5 mai 2026.

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FATOUMATA DIAWARA – DJANNE

Née en Côte d’Ivoire et élevée au Mali, Fatoumata Diawara a traversé le théâtre, le cinéma et la musique avant de devenir une figure incontournable de la scène mondiale. Son nouveau single, co-écrit avec Mathieu Chedid, fait ressortir cette trajectoire : là où London Ko explorait l’électro et les textures expérimentales, cette chanson revient à une énergie plus directe, portée par une guitare funky et un groove chaleureux. La voix, toujours magnétique, raconte le départ, l’exil et la mémoire d’une terre natale qu’elle n’a jamais quittée du cœur. Les thèmes de gratitude et d’appartenance, constants dans sa discographie depuis Fatou jusqu’à Fenfo, trouvent ici un écrin accessible mais profond. Après des collaborations internationales avec Damon Albarn, Herbie Hancock ou Matthieu Chedid, ce single montre une fois de plus sa capacité à mêler tradition malienne et modernité. Le clip, projetant la migration dans un univers digital futuriste, illustre cette volonté de transformer le personnel en universel. Djanne est un pont entre passé et futur, entre l’âme du Mali et les vibrations du monde contemporain. Le single prépare le terrain pour un futur album, promettant un dialogue entre tradition et modernité, entre musique vivante et réflexion universelle. Avec ce single, elle rappelle que la simplicité peut être tout aussi puissante que l’électro sophistiquée, et que son parcours de jeune actrice à icône musicale engagée est toujours au service de la voix et de l’histoire qu’elle porte. (LFC)

Djanne est disponible via Nare Productions/NØFormat. En concert à Boulogne Billancourt (Festival Chorus) le 10 avril 2026.

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NAEKO – DEMAIN, À L’AUBE

Chez NAEKO, chaque sortie ressemble à une mue. Mais avec Demain, à l’aube, la transformation ne passe plus par la saturation ou la collision des genres : elle se joue dans le dépouillement. Commencé fin 2024 dans une période fragile, puis façonné musicalement avec Jules Vidal (Jeune Oji) début 2025, le morceau prend la forme d’une ballade organique où la guitare acoustique soutient une voix plus fragile. Les paroles frappent par leur frontalité. « Qui viendra m’sauver ? » la question ouvre et referme la chanson comme une boucle obsessionnelle. Entre incendie, noyade et souvenirs qui se dissolvent, NAEKO met en scène une identité qui vacille. « J’crois que j’suis fucked up », l’aveu est brut, sans détour poétique. Les « fausses notes » impossibles à corriger deviennent le symbole d’un passé qui déborde. Ce virage intime résonne avec son parcours. De Nicolas, diplômé en école de commerce et MBA en poche, à l’artiste qui décide en 2020 de tout miser sur la musique, il y a toujours eu cette tension entre maîtrise et vertige. Après les premières expérimentations anti-pop en home studio, les scènes du Printemps de Bourges ou la date marquante à La Boule Noire, Demain, à l’aube marque une étape plus nue. Jouée pour la première fois au Le Hasard Ludique en mai 2025, retravaillée après plusieurs prises en studio, la chanson inaugure aussi une nouvelle méthode : éprouver les morceaux en public avant de les figer. Moins spectaculaire que ses titres précédents, elle est peut-être la plus risquée. Parce qu’ici, NAEKO laisse entendre la fissure et choisit de rester debout face à elle. (LFC)

Demain, à l’aube est disponible via Fugitive/Spread by Confiture.

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GET WELL SOON – OK

OK inaugure un retour incisif pour Get Well Soon, loin des envolées orchestrales qui ont fait sa réputation, de Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon à Amen. Ce single place d’emblée les guitares saturées en première ligne et la batterie en marche martiale. Le mot « OK » est répété, scandé, vidé de son poids. Le texte dresse un portrait satirique d’un présent absurde, où la normalité est un simulacre et le stoïcisme une obligation sociale plutôt qu’un choix libre. Ce morceau est le premier jalon du très attendu Minus The Magic, un album annoncé comme une plongée lucide dans la perte de la magie personnelle, la maturité et la confrontation au réel. Là où d’anciens disques pouvaient dilater l’émotion, Minus The Magic semble vouloir la compresser. À côté de OK, The Golden Toilet Heist expose une autre facette de ce virage esthétique : une tension plus retenue, une rythmique plus tight, des guitares saturées qui n’explosent qu’au refrain, et une ligne mélodique plus affirmée. Dans ces deux extraits, Konstantin Gropper transforme l’ironie en moteur musical. Il devient chroniqueur d’une époque tendue où les illusions se fissurent. Minus The Magic promet d’être une révélation : la magie n’est plus là où on la cherchait, mais précisément là où on croyait l’avoir perdue. (LFC)

OK / The Golden Toilet Heist est disponible via Scarlet Beast Records.

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SLAYYYTER – OLD TECHNOLOGY

Slayyyter continue de dérouler son ère WOR$T GIRL IN AMERICA avec son cinquième single explosif, OLD TECHNOLOGY, avant la sortie de l’album prévue le 27 mars prochain. Propulsée dès 2019 par sa mixtape éponyme et une série de collaborations remarquées, elle a confirmé son statut d’icône avec les albums Troubled Paradise en 2021 puis Starfucker en 2023, salué jusque dans les classements dance/électroniques de Billboard. Et depuis quelques mois, son retour est fulgurant : ses singles BEAT UP CHANEL$, CANNIBALISM!, CRANK et DANCE… posent les bases d’une ère ultra-club, bruyante et assumée, où se mêlent et se démêlent esthétique outrancière et imagerie pop chaos queen. OLD TECHNOLOGY s’inscrit dans cette montée en puissance comme la dernière frappe avant l’album, un missile qui fusionne (soft) techno, rap et pop autour d’un refrain porté par guitares saturées et basses écrasantes. Le morceau joue sur une nostalgie sale et futuriste, où l’artiste revendique à la fois excès et besoin de « peace of mind ». Le clip, tourné en noir et blanc et auto-réalisé par Slayyyter aux côtés de sa collaboratrice Kaitlyn Muro, prolonge visuellement ce que l’on y entend : quelque chose de granuleux mais toujours ultra stylisé. Avec OLD TECHNOLOGY, elle verrouille alors avec fracas un sans-faute de cinq singles pré-album et confirme que WOR$T GIRL IN AMERICA s’annonce comme l’un des projets pop les plus attendus de l’année ! (TR)

OLD TECHNOLOGY est disponible via Columbia Records.

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JOK’AIR – JE SUIS LOVE

Jok’Air signe son retour avec Je suis love, un titre qui remet l’amour au centre. Il commence par l’aveu : il n’y croyait plus vraiment. Les histoires qui se répètent. Et puis il y a cette rencontre. Celle qui change la posture. Il le dit simplement : elle le rend bête. Il est love d’elle. Pas dans l’excès, pas dans la démonstration. Juste un constat. Le morceau avance calmement. La production laisse de l’espace, la mélodie reste efficace. Jok’Air pose sa voix sans forcer. Toujours reconnaissable. Il garde son image, son assurance, mais il accepte de montrer une part plus exposée. Il ne perd pas en crédibilité, il ajoute une couche. Dans les couplets, il parle d’attachement, de remise en question, de cette sensation de retomber dans quelque chose qu’on pensait avoir quitté. Il assume le fait d’être touché. Et puis il y a ce passage pour sa mère : « aucune n’a pris aussi soin de moi, que la femme qui m’a porté neuf mois ». La phrase est directe. Elle rappelle que l’amour dont il parle ne se limite pas à une relation amoureuse. Il élargit le propos. Il montre aussi d’où vient sa façon d’aimer. Avec Je suis love, Jok’Air ne change pas de direction, il affine son discours. Il parle de sentiments sans quitter son identité. C’est un retour posé, assumé. Et on comprend qu’il est prêt à reprendre sa place, sans bruit inutile, mais avec intention. (CHOE)

Je suis love est disponible via La dictature.

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YAEL NAIM – SOLAIRE

Il vient comme une vague, le côté Solaire féminin. On a une voix qui nous emmène dans les chemins doux que l’on aime écouter dans un moment de recueillement, de doute et de recentrage sur soi-même. Les voies sont sans virages, sans déchéance aveugle. La conscience est là, du Rabbit Hole où l’on tombe ; elle interprète la figure de la femme, donne une voix à l’animosité sans lui accorder trop de poids. Le sens figuré se transforme au fil du voyage de son ton mélodique, elle nous laisse fermer les yeux paisiblement, sans se victimiser. Elle laisse les émotions submerger chaque note où l’amour est un arc-en-ciel Multicolor, c’est une cuisine de tous genres sans distinction. Tout en comparant l’affection à une cour de récréation remplie de personnes imparfaites, Yael pointe du doigt l’individualisme en y posant ces maux dans son titre What’s in Your Soul, où la basse au style électro devient une méditation sonore. Elle dénoue tous les chakras pour esquisser un sourire improvisé sans qu’il n’en demande l’effort. Ses chansons sont un message de paix, une positivité contagieuse. C’est Wow, Wow, Wow. (AM)

Solaire est disponible via Mouselephant. En tournée et à Paris (Cigale) le 13 avril 2026 et Olympia le 23 mars 2027.

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