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La playlist Modzik pour sonoriser ton weekend.

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NOTHING BUT THIEVES – STRAY DOGS

Nothing But Thieves n’a jamais vraiment choisi entre l’hymne et le vertige. Depuis ses débuts à Southend, le quintet britannique cultive ce contraste entre refrains fédérateurs et zones d’ombres, et les deux premiers extraits de Stray Dogs l’illustrent parfaitement. Avec Evolution, le groupe avait ouvert la porte sur une déferlante immédiate : un titre rythmé, porté par les envolées vocales de Conor Mason et des guitares conquérantes, pensé comme un hymne de scène typiquement Nothing But Thieves. Stray Dogs, deuxième aperçu de l’album du même nom (25/09/26), emprunte une trajectoire plus sinueuse. Dès les premières secondes, le morceau installe un climat presque irréel : la voix filtrée de Conor Mason flotte dans un brouillard psychédélique avant que les guitares ne viennent ouvrir les vannes, entre riffs massifs proches du métal. Enregistré dans le même studio que leur premier album, ce cinquième disque semble reconnecter le groupe à une énergie plus instinctive, forgée par plus de dix ans de complicité et de scène. Derrière l’image de ces « chiens errants » lancés en meute, Nothing But Thieves questionne le besoin d’appartenance et la force des liens collectifs. Jusqu’à son final noyé dans un halo de guitares, le titre rappelle que le groupe sait toujours faire du grand spectacle sans sacrifier le trouble et la profondeur. (LFC)

Stray Dogs est disponible via RCA/Sony Music. En concert à Paris (Zenith) le 12 janvier 2027.

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NIA ARCHIVES, JORJA SMITH – GET ME DOWN

Longtemps présentée comme l’un des nouveaux visages de la jungle britannique, Nia Archives prouve aujourd’hui qu’elle a largement dépassé le stade du simple renouveau d’un genre. Get Me Down, deuxième collaboration avec Jorja Smith, en apporte une nouvelle démonstration. La productrice fait dialoguer ses breakbeats nerveux et ses basses profondes avec le timbre feutré de sa compatriote, dont l’interprétation apporte une certaine fragilité. Derrière cette apparente fluidité se devine un travail de production particulièrement soigné : entourée sur Emotional Junglist de collaborateurs comme James Ford, Ethan P. Flynn ou Julia Michaels, Nia Archives affine son écriture en ouvrant son univers à des textures plus organiques. Sans renier son identité, Nia Archives ralentit le tempo émotionnel pour mieux faire émerger les fêlures d’un morceau qui évoque l’emprise affective et les difficultés à se détacher d’une relation. Cette tension permanente entre énergie club, soul contemporaine, pop alternative et électronique britannique des années 1990 illustre l’ambition de ce deuxième album de quinze titres avec le feat de Sampha qui dépasse le cadre de l’alt-jungle pour imposer une vision plus large de la musique électronique. (LFC)

Get Me Down est disponible via Nia Archives/Universal.

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DINAA – ROUTINE (HEIN HEIN)

« Une sale journée qui commence, j’me réveille dans la tenue d’la veille Vanda GO Adidas . Le téléphone vibre, oh non, j’devais bouger mais là mais là j’ai la flemme. Obligée de sortir maintenant, il y a les copines qui veulent faire la fête. » On n’imaginait pas la routine sous cette forme-là, mais c’est celle que Dinaa raconte, en format guitare-voix des plus entêtants. On y retrouve les thématiques chères à l’autrice-compositrice-interprète toulousaine : la sororité, l’expérience féminine, le quotidien. Découverte en 2020 via ses reprises sur les réseaux, révélée en 2023 avec Lisa, Dinaa a mis trois ans et deux albums (Les Rêves qui parlent, Finalement) à trouver le geste musical qu’elle assume aujourd’hui sur Maison Vide, dernier album sorti en mars dernier après une rupture amoureuse qui a nourri toute l’écriture. La voix, chaude et voilée, porte Routine (Hein Hein) comme elle a porté tout le disque : des guitares en avant, une plume sincère, quelque part entre folk et soul. Ce titre n’est pas un single annonciateur mais une pièce du puzzle intime. La preuve que chez Dinaa, même l’ennui du quotidien devient matière à chanson. (LFC)

Routine (Hein Hein) est disponible via Palace Prod/Demain[PIAS]. En tournée et en concert à Paris (La Cigale) le 15 janvier 2027.

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LONEPSIALIBI

Personnage singulier de la scène française, Lonepsi n’a jamais suivi les chemins balisés. Cinq ans après Après la pluie et après avoir quitté Paris, Lindolfo Gargiulo revient avec Dans le lointain de ta voix, un deuxième album chanté, plus organique, pensé pour le live. Écrit, composé, enregistré et produit seul, le disque confirme une démarche d’artisan où chaque détail semble pesé. D’Alibi, sorte de Ballade de Jim au refrain entêtant, magnifique échappée où l’amour devient refuge, à Laisse-moi t’aider, bouleversante déclaration face à l’impuissance, en passant par la sensualité de Labyrinthe ou la mélancolie lumineuse d’Une autre vie, Lonepsi tisse un même fil, entre désir, fuite et transmission. Après avoir exploré l’intime, de ses souvenirs et sensations vécues dans l’écriture de son livre Un refuge m’est permis, Lonepsi prolonge cette quête avec Dans le lointain de ta voix. Nourri de son goût pour les mots, hérité autant de ses lectures que de son parcours en psychologie, il signe un disque d’une cohérence remarquable, où l’intime ne cesse de résonner bien au-delà de sa propre histoire. Tout simplement beau. (LFC)

Dans le lointain de ta voix est disponible via Lone et la Lune.

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BONOBO – DRIFT

Vingt-sept ans après Terrapin, Simon Green n’a plus rien à prouver et c’est précisément là qu’il devient « dangereux ». Distance in Static (11/09/26) s’annonce comme l’un des albums les plus peuplés de sa carrière, un long voyage entre Los Angeles, Tokyo et Londres où se croisent Arooj Aftab, Joy Crookes, Nilüfer Yanya, Ichiko Aoba, Anya Martin ou encore Nicole Miglis, dans un anglais qui se mêle à l’ourdou et au japonais. Mais sur Drift, troisième extrait dévoilé, Green referme un instant la porte du studio et reste seul aux manettes, comme pour prouver que son sens du club n’a besoin de personne d’autre. Synthés qui irradient comme des néons sous la pluie, nappes vocales quasi liturgiques qui montent en pression jusqu’à un second acte proprement vertigineux : on retrouve ici l’artisan de Black Sands et de Migration, mais ramené au geste pur. Une musique de casque autant que de club, cinématographique sans jamais perdre le beat, la meilleure définition possible de ce que Bonobo fait depuis un quart de siècle : chercher un signal clair au milieu du bruit, seul cette fois, avant de retrouver tout son monde sur le reste du disque. (LFC)

Drift est disponible via Ninja Tune.

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LAUZIE – MAINSTREAM

Lauzie est une nouvelle tête du rap dont la proposition et l’attitude sont assez singulières pour que sa découverte vous marque. Venant d’un milieu rural et passée par les Beaux-Arts, elle ne ressemble sûrement à aucune rappeuse que vous connaissez. Pour bien le signifier, elle a inséré des bruits de soucoupe volante dans l’instru de MAINSTREAM et déferle comme une OVNIe qui annonce de joyeux lendemains. Sa forte personnalité et son humour désinvolte habitent sa musique, sans rien sacrifier à l’énergie ou à l’émotion qu’elle veut transmettre. Ni à la qualité de son rap, très maîtrisé. Résultat : on se marre ou on s’émeut, tout en remuant la nuque au rythme de ses flows ou des grosses basses qui l’accompagnent. Quel.le fan de rap résisterait à la tentation de chanter avec elle le refrain si efficace de MAINSTREAM : « Y a des gens ils font pas de streams alors qu’ils sucent tout le rap français ! Y a des gens ils sont mainstream alors qu’leur son il est à chier ! » ? Lauzie a fait ses classes dans la région de Clermont-Ferrand avant de débarquer à Paris. Sur la période 2024-2025, elle a sorti trois EPs. Normal : elle fait « que taffer », armée de sa « confiance en acier ». Elle a bien raison, car écouter sa discographie ou voir des extraits de ses concerts nous confirme son talent et son potentiel de star. Cette baddie venue de la campagne a les armes pour nous imposer sa vision, où l’acceptation de sa propre vulnérabilité et de sa singularité n’a fait que la rendre plus forte et convaincante. (AC-Le Rapporteur)

MAINSTREAM est disponible via Lauzie.

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NAO YOSHIOKA – CHANGES (FEAT. DEVIN MORRISON)

La journée s’achève, le soleil glisse lentement derrière l’horizon. Les premières notes de Changes, morceau d’ouverture de Self, le nouvel album (17/07/26) de la plus américaine des Japonaises, Nao Yoshioka, s’élèvent et vous enveloppent. En quelques mesures, nous voilà bercés par un voyage intérieur où la soul devient le langage de la métamorphose. Longtemps perçue comme une artiste à part, Japonaise chantant en anglais elle trace sa propre voie sur la scène soul internationale. Écrit en grande partie au bord du lac Yamanaka, face au mont Fuji, ce disque raconte un chemin de reconstruction : accepter ses blessures, embrasser ses parts d’ombre pour retrouver son identité profonde. Des titres comme Safe Place, Pieces of Me, Shadow ou Yet to Come dessinent ce parcours où l’amour de soi remplace peu à peu la dépendance affective, tandis que la nature s’impose comme un refuge et une source de guérison. Self fait dialoguer neo-soul, R&B indépendant, jazz spirituel, house et rythmiques afro dans une esthétique organique et éclatante. Cette traversée intérieure prend une dimension universelle grâce à un casting exceptionnel réunissant Devin Morrison, Bilal, Peter CottonTale, Khari Mateen, Keyon Harrold, Jamila Woods, MXXWLL, Sam Wills, Bnnyhunna, Mỹ Anh, Misha et Chien Chien Lu. Chacun apporte sa sensibilité, mais c’est bien la voix de Nao Yoshioka qui relie ces rencontres en un album où la soul devient un langage pour apprendre à se retrouver. (LFC)

Changes est disponible via SWEET SOUL RECORDS. En concert à Paris (Bizz’Art) le 25 septembre 2026.

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ROMSII – AUTOUR DU FEU

Le rappeur cagoulé Romsii ouvre un nouveau chapitre avec Autour du feu, un EP produit par Mayeul Giraud, MEI et Marty Bogo. Loin de de la pure énergie qui a fait sa réputation, l’artiste dévoile cette fois un projet plus intime, où la mélancolie prime. Depuis quelques années, Romsii s’est imposé comme l’un des visages les plus singuliers de la nouvelle scène rap-pop française. Caché derrière sa cagoule, il cultive un univers à contre-courant, oscillant entre rap, pop et ballades, avec cette formule qui résume parfaitement son identité : « trash et sensible ». Après Lola puis l’EP de remixes 400 % en 2025, Romsii a amorcé cette nouvelle étape avec les singles Chanel, Opéra et Papillon. Trois morceaux qui annonçaient déjà un changement de ton, comme si l’artiste ralentissait le tempo pour laisser davantage de place à l’émotion. Avec Autour du feu, il délaisse les productions les plus explosives pour installer une atmosphère feutrée. Les morceaux évoquent ces instants où la nuit touche à sa fin, quand les conversations deviennent plus sincères et que les émotions remontent à la surface. Plus qu’un projet à faire résonner en club, c’est une bande-son pour les retours solitaires ou les trajets nocturnes. Le morceau-titre cristallise cette évolution. Romsii y raconte une histoire d’amour qui s’est éteinte, mais refuse le ressentiment. À la place, il laisse apparaître une douce nostalgie, une tendresse qui survit à la rupture. Derrière cette histoire intime se dessine aussi le portrait d’un artiste qui doute, qui questionne sa place, son rapport aux autres et au monde. Sans jamais céder au désespoir, il avance avec ses contradictions, porté par une quête sincère de bonheur. (MKB)

Autour du feu est disponible via Structure. En tournée et en concert à Paris (Elysée Montmartre) le 7 octobre 2026.

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MARIUS – PLEURE ENCORE POUR MOI

Pour te plaire joue sur l’ambiguïté des rôles : on ne sait jamais vraiment qui, du bourreau ou de la victime, mène la danse. Le morceau de Marius déroule ce vertige sur une électro pop ensoleillée, pulsée comme un cœur qui s’affole. Le Lyonnais monté à Paris à dix-huit ans, formé au conservatoire de jazz puis aux chorales avant de lâcher l’école de comédie musicale pour composer seul, sait de quoi il parle : celui qui a longtemps porté la tristesse comme un fardeau la retourne ici en arme de séduction. Le refrain tourne en boucle une injonction aux larmes qui finit par sonner comme une litanie, entre déclaration d’amour toxique et rituel d’exorcisme. On retrouve cette fragilité habitée sur scène ainsi qu’une grâce écorchée héritée de la danse qui fait de la douleur une chorégraphie. Après l’EP Les fleurs meurent toujours en hiver, ce single confirme un artiste qui sait rendre sa mélancolie redoutablement séduisante. (LFC)

Pleure encore pour moi est disponible via Cellar/2100 Records. En concert à Paris (Maroquinerie) le 29 octobre 2026.

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INTERPOL – IRON CITY

Interpol poursuit la montée en tension amorcée par This Mirror Weighs a Ton, neuvième album attendu le 28 août 2026. Fidèle à son élégance crépusculaire héritée de Turn On the Bright Lights, mais enrichi des explorations plus texturées de Marauder et The Other Side of Make-Believe, le quatuor new-yorkais signe un morceau où notes de piano et textures s’entrelacent sur une rythmique implacable. Produit par Andrew Wyatt (Rosalía, Charli XCX) et mixé par Dave Fridmann (MGMT, Sleater-Kinney), l’album promet d’élargir encore la palette sonore d’Interpol, entre cordes, bois, harmonies vocales superposées, guitares acoustiques et expérimentations sonores, sans sacrifier cette atmosphère nocturne qui constitue son ADN. Paul Banks y imagine un dialogue troublant entre l’humain et une intelligence artificielle devenue puissance dominante. « La chanson est une conversation entre le narrateur humain et l’intelligence artificielle du futur qui dirige les choses. On ne sait jamais si cette technologie sera bienveillante ou en colère », explique-t-il. Une réflexion qui dépasse le simple exercice de science-fiction : chez Interpol, la froideur mécanique n’étouffe jamais l’émotion, elle la met au contraire sous tension. Plus de vingt ans après ses débuts, le groupe continue de faire évoluer sa formule sans renier cette identité sombre et magnétique qui est sa signature. (LFC)

Iron City est disponible via Interpol/Partisan Records. En concert à Paris (Rock en Seine) le 30 août 2026.

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TAHITI 80 – WILD ROMANCE

Troisième extrait de Rejoice (An Inventory of Pop Maps) (25/09/26), Wild Romance confirme le goût de Tahiti 80 pour les détours et les collisions d’influences. Depuis leur formation à Rouen au milieu des années 90, le groupe n’a jamais cessé de naviguer entre pop sophistiquée, rock indépendant et expérimentations électroniques, construisant une discographie à l’écart des formats figés. Le morceau repose sur une architecture épurée où une boucle de piano, des nappes de synthé, une guitare plus rugueuse et une rythmique précise installent un climat à la fois familier et nouveau. On y retrouve l’influence de la pop progressive de Yes dans les années 80, mais surtout une proximité avec les textures psychédéliques de Tame Impala. Derrière son apparente simplicité, Wild Romance développe une tension entre besoin de repères et envie d’échapper aux réponses toutes faites : « Don’t want reassurance, give me wild romance ». Ce troisième extrait de Rejoice, conçu comme une collection de chemins sonores différents, confirme l’ambition du groupe de continuer à surprendre sans perdre son sens immédiat de la mélodie. (LFC)

Wild Romance est disponible via Human Sounds. En concert à Paris (Alhambra) le 11 Décembre 2026.

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VEN1 – FR DZ

Toujours masqué, VEN1 n’en a pas pour autant peur d’être impudique. À l’occasion de l’été, le rappeur de Nanterre rend un vibrant hommage à ses racines algériennes, mélangeant habilement l’arabe et le français dans FR DZ. Il semble alors faire un parallèle entre ses peines et celles du pays, mais aussi entre les façons d’y répondre : « On joue chaque match comme si c’était la guerre ». Il puise alors son inspiration dans les sonorités algériennes et fait resplendir le pays dans le clip, bouleversant de nostalgie douce-amère. Pour conclure, VEN1 prend la parole en commémorant le passé tragique de son pays d’origine : « On oubliera jamais toutes les familles qu’ils ont brisées, on restera un exemple pour les pays colonisés ». Le tout est appuyé par des chœurs presque aussi endeuillés, tristement sonnés. (EC)

FR DZ est disponible via Nouvo Monde.

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