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La sélection Modzik pour sonoriser ton weekend.

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A. G. COOK – RESIDUE

A. G. Cook, érigé au rang de maître de l’hyperpop avec des projets tels que Britpop (2024) ou encore 7G (2020) est aussi le bras droit de Charli XCX depuis Vroom Vroom jusqu’à Brat. Le producteur britannique est un des cerveaux derrière les iconiques Von Dutch, Club Classics et B2B, où il fusionne textures digitales et euphorie vertigineuse. Son nouveau single Residue complète la BO de The Moment, le faux docu satirique imaginé par Charli XCX et réalisé par Aidan Zamiri (avec Rachel Sennott, Alexander Skarsgård et Kylie Jenner), qui dissèque avec piquant la fabrique de la célébrité, l’obsession du buzz et la peur du déclin post-viral. Residue, c’est un morceau qui grésille, où la sensation de flottement emplit les oreilles de celui qui l’écoute. C’est une tension, comme électrique : parfois mystérieuse, elle éclate en un pic galvanisant, comme un coup de jus qui arrive sans prévenir. Cette progression capture parfaitement le « résidu » émotionnel laissé par les instants de gloire éphémère dont il est question dans le film. Dans le clip du même Zamiri, une armée de clones de Charli XCX danse en transe dans un hangar, tandis que Kylie Jenner, reine des réseaux sociaux, surgit comme la métaphore ultime du « moment » : viral, consumé à la vitesse de l’algorithme, puis abandonné, ne laissant que l’ombre de ce qui fut. (TR)

Residue est disponible via A24 Music.

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MAKALA – LOKETO

Depuis douze ans, Makala est l’un des principaux visages du rap suisse. Après des tournées à enflammer les salles avec ses amis Di-Meh et Slimka (formant le trio XTRM Boyz), il a travaillé dur pour bâtir une discographie reconnaissable parmi mille. Enfin… Ils sont deux à en être les architectes, toute sa musique étant produite par son compositeur fétiche : Varnish La Piscine (anciennement Pink Flamingo). Il aura fallu attendre près de quatre ans après Chaos Kiss pour découvrir Yamoto, le nouveau projet de Makala. Le rappeur originaire des Avanchets (cité de Vernier, ville voisine de Genève) nous a livré une œuvre dense et concise. La musique y est riche et hybride, puisant dans de nombreuses influences, dans la continuité des productions du duo. Plus que jamais, Makala se pose en mentor ou guide spirituel pour les auditeurs. Il parle de l’importance de la volonté, du travail à fournir pour devenir soi-même et accomplir les choses qui nous tiennent à cœur, en dépit des difficultés et de l’adversité. C’est le sens du nom du projet : Yamoto : la flamme qu’on ne peut pas éteindre. Loketo est le bonbon de nostalgie du projet. L’artiste y replonge dans ses souvenirs d’enfance à la cité, parlant de ses amis d’antan, de sa famille et de ses débuts dans le rap. Il a d’ailleurs convié son père et ses amis, ainsi que Varnish, et peut-être d’autres membres de la famille, à figurer dans le clip. Ensemble, ils célèbrent le chemin parcouru et le prime actuel de sa carrière. Dans ce morceau, il est chanté en lingala, langue maternelle de ses parents : « Jordy abeta Olympia. Bientôt abeta Zenith ». Jordy (prénom de Makala) a joué à l’Olympia, bientôt il jouera au Zénith. Le plan était minutieusement préparé depuis longtemps. (AC – Le Rapporteur)

YAMOTO est disponible via Colors Records/ Capitol Music/Universal. En concert à Paris (Zenith) le 27 novembre 2026.

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MYRA – SPLASH

Avec Rebetiko puis Splash, Myra a progressivement dessiné le cadre de YAPI, qui paraît aujourd’hui. Deux extraits comme deux pôles : l’un ancré dans les racines grecques et la filiation, l’autre tourné vers l’instant et la sensation. Sorti en novembre dernier, Splash pouvait sembler plus léger ; il trouve pourtant sa place au cœur du projet. Pensé comme une reconstruction de soi, YAPI prend sa source dans un voyage en Grèce vécu par Myra à vingt ans avec son père, et dans le besoin d’explorer ses héritages culturels franco-helléniques. « Cet album, on l’a fabriqué en Grèce, en famille, comme je le rêvais déjà en 2017. Huit ans de patience, à affûter mes couteaux de cuisine », confie t-elle. Le titre de l’album YAPI, ce qui n’est pas fini, traverse les textes et les formes, construits sur des contrastes et des polarités constantes. La famille occupe une place centrale dans l’album, entre transmission, absence et mémoire. Le duo avec Ichon sur Pièce manquante en est l’un des points de cristallisation. Splash, en contrepoint, rappelle que cette quête intime laisse aussi place au présent, au corps et à une forme de légèreté. YAPI avance et nous charme et fait de l’inachevé un principe de mouvement « comme le chantier que je suis, animée par cette envie brûlante de me construire ». (LFC)

Splash/YAPI sont disponibles via Smart Kid/Labréa/Turenne Music. En concert à Tremblay en France (Odéon) le 13 mars 2026.

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CAMP CLAUDE – SPEAK SOFTLY

Troisième extrait du très attendu Never Say Never (sortie le 20 mars 2026), Speak Softly de Camp Claude s’impose d’emblée comme une plongée hypnotique, quelque part entre la noirceur élégante de Madonna période Ray of Light et la tension d’une nuit sans sommeil. Diane Sagnier pose sa voix douce et réverbérée sur les guitares de Leo Hellden et les synthés de Michael Giffts, tissant un cocon sonore où la nostalgie flirte avec la contemplation. Le clip, signé Sagnier elle-même, prolonge cette immersion : silhouettes perdues dans l’obscurité, guidées par la lumière froide des écrans, le trio nous entraîne dans un espace méditatif, presque halluciné. Rythmique minimaliste, basse profonde, textures électroniques : tout concourt à installer une tension continue, subtile mais obsédante. En écho à  I Just Want It All  (croisement entre Massive Attack et Archive) et à World With Your Name (plus aérien, plus contemplatif),  Speak Softly confirme la capacité de Camp Claude à naviguer entre les pôles de la pop électro, du dramatique au vaporeux. Never Say Never, promet d’être pluriel, parfaitement éclectique : une sorte de mixtape où chaque titre offre sa propre promesse, entre rythmes électro, synthés rétro et guitares shoegaze. Depuis plus d’une décennie, Camp Claude façonne un univers sonore à la fois intime et foisonnant. Diane, Leo et Michael tissent ensemble des paysages musicaux mouvants, mêlant élégance sombre et fulgurances lumineuses. (LFC)

Speak Softly est disponible via Cadette Records. En concert à Paris (Trabendo) le 9 avril 2026.

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FRANGLISH – PAS TROUVÉ

Franglish signe son retour et il le fait en R&B ! Après une collaboration (Génération impolie) avec Keblack, sur des tons plus festifs comme on en a l’habitude avec ce duo, Franglish revient dans un registre dans lequel son public l’a connu. Pas Trouvé est un morceau moins festif, mais il n’est pas moins rempli d’émotions pour autant. C’est l’histoire d’une femme qui, à force de donner son cœur, s’est perdue. Les attentes déçues, les amours qui s’effondrent : l’histoire de millions de femmes racontée sur une prod émotionnelle, avec comme compositeur Skyjee. Les synthés, la basse et les drums créent une intimité autour de la voix de Franglish, qui met des mots simples sur des blessures profondes. Le morceau invite à ressentir et à se reconnaître. Un retour aux sources réussi pour Franglish, qui prouve une fois de plus que le R&B reste son terrain d’expression le plus juste. Cette année, sur la scène R&B, pour notre plus grand plaisir, il faudra compter sur Franglish. (Charles-Henri Okul Efole)

Pas Trouvé est disponible via Lutèce Music/AllPoints.

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DINAA – DÉSOLÉE POUR LE BRUIT

Le R&B ne vaut rien s’il n’a pas d’âme, et Dinaa l’a parfaitement compris. Avec Désolée pour le bruit, disponible sur son album Maison Vide, qui sortira le 13 mars 2026, elle s’inscrit dans un R&B conscient. Dans ce morceau, Dinaa chante les fractures de notre époque : les violences policières, la misère sociale, le dérèglement climatique, le racisme et les injustices qui se répètent. Porté par un piano, le refrain résonne comme une excuse : « désolée pour le bruit ». Mais ce bruit reste nécessaire, c’est celui de la douleur qu’on refuse de taire. Le clip réalisé par Willy Guittard propose des métaphores visuelles fortes. Une maison qui brûle, symbole d’un monde en ruines. Dinaa elle-même qui fume face à ce chaos, comme pour fuir la réalité. Tout est minimaliste, mais chaque détail a un sens : rien n’est décoratif. Dinaa rappelle que le R&B, dans son essence, est une musique de vérité et d’émotion. Tant qu’il portera des voix comme la sienne, il restera vivant. (Charles-Henri Okul Efole)

Désolée pour le bruit est disponible via Demain/Pias.

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MARIUS – POUR TE PLAIRE

Avec Pour te plaire, Marius ouvre un nouveau chapitre de son parcours artistique. Depuis son EP Accroche-cœur (2022), le Lyonnais installé à Paris s’était fait remarquer par une pop sensible et personnelle. Mais derrière cette douceur se cache un parcours intense : avant son premier projet, Marius a traversé une période de dépression, dont la musique est devenue un exutoire, un terrain de reconstruction. Aujourd’hui, le ton change. Pour te plaire impose un virage plus sombre, plus charnel. La production, dense et tendue, crée une atmosphère électrique où chaque mot semble peser. L’écriture est frontale, voire brutale : Marius explore le désir, l’obsession et cette dépendance affective qui peut être à la fois un moteur mais aussi qui nous rend vulnérables face au regard des autres. Accompagné par Cellar et Sony Music Publishing, il signe ici un retour fort, ancré dans le vécu et une évolution artistique affirmée. Ce nouveau titre sera défendu sur scène en premières parties de Louane dès janvier, prolongeant ce changement au contact du public. Pour te plaire confirme que Marius ne se contente plus de raconter : il confronte, expose, et signe son passage à un niveau supérieur. (LFC)

Pour te Plaire est disponible via Cellar/2000 Records. En concert à Paris (Pop Up du Label) le 1er avril 2026 et Maroquinerie le 29 octobre 2026.

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LUXIE – DREAMING OF U

Dreaming Of U ouvre un nouveau chapitre pour Luxie plus incarné. Premier extrait de l’EP Weightless prévu le 10 avril, le morceau s’impose comme une ode hyperpop au manque, où la dévotion amoureuse devient une ligne de survie. La productrice bordelaise y déploie une pop électronique sensible et éthérée, traitant la voix comme une matière plus que comme un discours, laissant la langue anglaise se dissoudre dans le son. Le clip, signé Julien Thevigny, prolonge cette plongée intérieure en y injectant des éléments biographiques, brouillant la frontière entre intimité et mise en scène. Co-produit avec Ceccatt et masterisé par Jack Palmer, le titre assume une esthétique électronique fine, entre ambient, hyperpop et instants plus breakés, reflet d’un travail de chambre devenue sa marque de fabrique. Weightless apparait comme un véritable voyage onirique, pensé comme une traversée émotionnelle. UNREAL explore une histoire d’amour entre illusion et réalité, WHY DID WE BREAK UP SO QUICKLY?? capte la violence d’une rupture vécue à pleine vitesse, tandis que WHENIMALONE transforme la solitude en espace de reconstruction, porté par une ambiance cinématographique et des nappes vaporeuses. NEVERLAND, enfin, évoque la persistance des liens invisibles. Un EP pensé comme une traversée émotionnelle, où Luxie affirme une nouvelle direction sonore et visuelle, plus cinématographique que jamais. (LFC)

Dreaming Of U est disponible via Luxie (autoproduit).

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AIME SIMONE & PETER DOHERTY – SERENITY

On adore les collaborations. Surtout lorsqu’elles sortent des sentiers battus. Avec Serenity, Aimé Simone et Peter Doherty prouvent une nouvelle fois que la rencontre peut encore surprendre. Né à Paris d’origine norvégienne, Aimé Simone poursuit sa post-pop protéiforme, capable de naviguer entre électronique, pop minimaliste et moments plus acoustiques. Face à lui, Peter Doherty, figure indéboulonnable du rock britannique, reste solidement ancré dans son écriture habitée. Et pourtant, loin de s’annuler, les deux univers dialoguent. Après une première collaboration en 2018 sur Werewolf, Serenity explore une voie plus dépouillée. La guitare acoustique minimaliste sert d’écrin à un échange de voix d’une douceur désarmante bientôt accompagnée d’un violoncelle grave et enveloppant, qui accentue la dimension introspective et mélancolique. Les deux voix s’entrelacent, se répondent, parfois se confondent entre désir et quête de calme. La musique crée un espace où la tension n’explose jamais vraiment, mais où l’émotion se fait tangible à chaque note. Serenity parle de désir, d’absence et de la recherche d’un apaisement incertain. Les paroles « Elle est partie, elle est à moi, c’est elle que je désire retrouver » oscillent entre obsession et douceur, portée par la gravité du violoncelle. Le titre s’achève sur une dernière ligne, « À mon dernier souffle, je te remercierai, Sérénité », avant que le silence ne tombe, laissant un sentiment de suspension et il dit presque autant que la chanson. (LFC)

Serenity est disponible via No Start No End/Because Music.

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