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La sélection Modzik pour sonoriser ton weekend.

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ARLO PARKS – 2SIDED

2SIDED annonce un virage aussi subtil que déterminé de la musique d’Arlo Parks. Le morceau, plus nocturne et pulsé que ses précédentes ballades introspectives, installe une tension entre désir et retenue, portée par une rythmique souple et des textures électroniques feutrées. Sa voix, toujours posée dans un registre bas et retenu, agit comme un fil narratif, précis et constant, laissant les mots s’imposer par leur clarté. Produit par Baird (Brockhampton, Kevin Abstract), le titre annonce un album plus ouvertement physique. Parks y capte l’ambivalence du désir, moteur vital autant que trouble intérieur, thème central de Ambiguous Desire (3 avril 2026). Inspirée par The Streets, Burial, LCD Soundsystem, Theo Parrish et l’héritage du Paradise Garage new-yorkais, elle s’immerge dans une culture club où le mouvement devient un moyen d’observation et de connexion. « J’ai dansé comme jamais pendant l’enregistrement de cet album », confie-t-elle, évoquant une période de lâcher-prise et d’exploration nocturne. Fidèle à son écriture sensible, l’artiste britannique, révélée avec Collapsed in Sunbeams et couronnée par le Mercury Prize, élargit ici son spectre sonore sans renier son attention aux zones floues de l’émotion. (LFC)

2SIDED est disponible via Arlo Parks/Transgressive Records/PIAS.

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FCUKERS – L.U.C.K.Y’

Avec ‘L.U.C.K.Y’, Fcukers poursuit la trajectoire hédoniste amorcée par BON BON. Plus direct encore, le morceau s’appuie sur une basse ronde pensée pour le club, où la nonchalance vocale de Shanny Wise contraste avec l’efficacité implacable du groove. Là où BON BON installait l’irrévérence disco-punk du trio et I Like It Like That en condensait l’énergie pop-club, ‘L.U.C.K.Y’ affine la formule : moins de débordement, plus de tension. Le titre agit comme un mantra minimaliste, révélant l’ADN d’un groupe nourri à la house 90’s et à l’esprit rave, mais parfaitement conscient de la force du hook. Découverts aux Transmusicales, Shanny Wise, Jackson Walker Lewis et Ben Scharf, nos espoirs 2025, incarnent une Gen Z club culture décomplexée, aussi à l’aise en Boiler Room que sur les scènes festival. Sur scène, cette mécanique se déploie pleinement : le son s’étire, se heurte, gagne en intensité, transformant chaque performance en expérience immersive où le corps précède souvent la pensée. À quelques mois de Ö (27 mars 2026), ‘L.U.C.K.Y’ confirme un album annoncé comme un bloc cohérent, pensé pour le dancefloor autant que pour le live, où l’attitude compte autant que l’impact sonore. (LFC)

‘L.U.C.K.Y’ est disponible via Ninja Tune.

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PETER PETER – IT’S YOU (HEATED RIVALRY, ORIGINAL SERIES SOUNDTRACK)

La série Heated Rivalry a créé un véritable séisme télévisuel dès sa sortie en novembre 2025. Adaptée de la saga Game Changers de Rachel Reid, produite pour la plateforme canadienne Crave et désormais diffusée en France sur HBO Max à partir du le 6 février 2026, elle explore frontalement l’homosexualité dans le sport, et plus particulièrement le hockey, un univers que beaucoup de spectateurs français connaissent peu. Entre compétitions intenses, romance et scènes de sexe explicites, la série a transformé ses deux jeunes acteurs, jusque-là inconnus, en figures incontournables, au point qu’ils ont été invités à remettre un prix aux derniers Golden Globes. Au cœur de ce phénomène, la bande‑son originale, composée par Peter Peter, sa première incursion dans le monde de l’image, apporte une profondeur inattendue à l’histoire. Le titre frappe par sa simplicité et son intensité émotionnelle. Les paroles, répétitives et directes « Where were you? Please don’t go », « It’s you » traduisent une urgence et une vulnérabilité totales, reflétant parfaitement les relations intimes et tendues au cœur de Heated Rivalry. Le morceau repose exclusivement sur des synthés atmosphériques et la voix de Peter Peter, travaillée à travers des filtres qui amplifient la tension et l’intimité. La répétition insistante du mot « you » agit comme un appel, soulignant le besoin de présence et de proximité, miroir sonore des conflits émotionnels et des scènes de romance explicites de la série. Peter Peter crée ainsi une atmosphère immersive sans jamais en faire trop, laissant respirer l’émotion. Pour ceux qui, comme nous, suivent Peter Peter depuis ses débuts, ce morceau confirme sa capacité à traduire les nuances psychologiques et sentimentales à travers une musique sobre et précise. It’s You frappe par sa justesse et son dépouillement, devenant un vecteur essentiel de l’identité de Heated Rivalry. (LFC)

It’s You est disponible via Accent Aigu Entertainment/Milan Records/Sony Music.

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AMF – SINE QUA NON (MAKING OF) (FT. SOPRANO, KULTURR, PIT BACCARDI, YOUSSOUPHA & JUSTE SHANI)

Fidèle à la devise « jamais dans la tendance mais toujours dans la bonne direction », Abd Al Malik poursuit depuis plus de vingt ans une œuvre artistique et intellectuelle profondément engagée, appelant à la tolérance, au respect et au vivre-ensemble dans un monde toujours traversé par l’ignorance et l’intolérance. À l’approche des vingt ans de Gibraltar, il confirme cette constance avec Furcy, né libre, film puissant inspiré du livre de Mohammed Aïssaoui, retraçant le combat juridique de Furcy Madeleine, né esclave sur l’île Bourbon, pour obtenir sa liberté. Ce projet se prolonge avec Furcy Héritage, album collectif porté par le groupe familial AMF, réunissant Abd Al Malik et ses deux frères Matteo Falkone et Bilal, et enrichi par de nombreuses figures du rap français, anciennes et nouvelles. Pensé comme une œuvre de transmission et de partage, l’album aborde frontalement l’héritage de l’esclavage et de la colonisation, dénonçant racisme, inégalités et amnésie institutionnelle. Musicalement, il privilégie l’intemporel plutôt que la mode, naviguant entre trap sombre, influences caraïbéennes et esthétiques plus déstructurées. Le titre Sine Qua Non en est l’illustration la plus marquante : véritable cypher intergénérationnel, il rassemble des MCs aux styles variés dans un équilibre maîtrisé entre fond politique et virtuosité technique. On y retient la précision chirurgicale de Youssoupha, la richesse référentielle de Pit Baccardi, les flows rapides et affirmés d’Abd Al Malik, ainsi que l’éclat prometteur de Juste Shani. Furcy Héritage ne cherche pas à être l’album rap de 2026, ce n’est pas sa bataille. Mais il a peut-être déjà gagné le prix de l’album au message le plus important de l’année. (Antoine Clairefond)

Sine Qua Non est disponible via G!lbratar. Furcy, né libre en salles.

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THE SOPHS – GOLDSTAR

Originaires de Los Angeles, Ethan Ramon (chant/guitare), Sam Yuh (keyboards), Austin Parker Jones (guitare électrique), Seth Smades (guitare acoustique), Devin Russ (batterie) et Cole Bobbitt (basse) se distinguent par un rock alternatif intense mêlant influences indie-rock, punk et passages expérimentaux. Remarqué dès 2025 avec la sortie de leurs premiers singles et découvert au Supersonic en septembre dernier, le groupe construit un univers sonore à la fois immersif et narratif, capable de se déployer pleinement sur scène. Après quelques singles marquants, le strockiens SWEAT plonge dans la tension et l’effort du quotidien, DEATH IN THE FAMILY dévoile une fragilité émotionnelle, une cover de Mac DeMarco réinventée sous un prisme surf‑punk For The First Time et I’M YOUR FIEND vibre de frénésie et de confession. GOLDSTAR fusionne ces énergies pour révéler l’essence de leur univers. Le morceau-titre de leur premier album (13 mars 2026), installe immédiatement un contraste entre guitares incisives, rythmiques et lignes vocales, témoignant d’une écriture et d’une production maturées. Musicalement, le titre confirme le penchant du groupe pour un mélange de textures claires et saturées, où chaque instrument occupe un espace précis dans un ensemble serré et cohérent. Le morceau interroge la moralité et l’identité personnelle, une ligne directrice que le groupe explore avec un mélange de légèreté et de gravité : « si tu es une bonne personne pour de mauvaises raisons, est-ce que cela compte ? », interroge le chanteur Ethan Ramon. Sur GOLDSTAR, comme sur les titres précédents, The Sophs trouvent l’équilibre parfait entre tension et délicatesse, offrant une pop-rock alternative qui frappe et questionne, et qui prépare un premier album déjà attendu avec impatience. Sans doute, LA révélation rock 2026. (LFC)

GOLDSTAR est disponible via Rough Trade Records. En concert à Paris (Maroquinerie) le 4 mai 2026.

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DAJAK – HÂTE DE VIVRE

Dajak construit sa musique sur un héritage à la fois éclectique et personnel : parti des vibrations du reggae et des sound systems de sa jeunesse, il a progressivement élargi son univers vers l’indie, le folk, l’ambient et le rap introspectif. La guitare, qu’il pratique depuis l’âge de sept ans, devient chez lui un instrument de textures autant que de mélodies : nappes répétitives, résonances longues et toucher précis structurent ses morceaux et installent un climat émotionnel unique. Son approche s’accompagne d’un travail attentif de production et de mixage, souvent indépendant, ponctué de collaborations avec d’autres musiciens et ingénieurs du son, pour un son vivant et organique. Dans Hâte de vivre, ce savoir-faire se révèle pleinement : enregistré entièrement live, le morceau privilégie un grain brut et des imperfections assumées, mêlant ambient cinématographique, ballade folk et indie-rock, tout en conservant la dimension introspective qui traverse ses précédents singles. Les Allumettes, Cimetière d’Éléphants, Les Tournesols et Rayons sont extraits de l’album Solar Stereo, qui explore la lumière, la mélancolie et le besoin de chaleur dans des ambiances contemplatives. Le texte de Hâte de vivre illustre le passage de l’enfermement à l’élan, la fin de la fuite intérieure et la recherche de lumière. Dajak raconte ce besoin de clarté après des années d’errance et d’angoisse, et cette chanson s’inscrit dans cette dynamique, transformant la fragilité en force créatrice et la musique en espace de transition plutôt qu’en refuge. Avec Solar Stereo, Dajak offre un univers enveloppant et hypnotique, où les textures sonores se déploient alternant fragilité et grandeur. L’album devient un voyage contemplatif, entre introspection et horizon lumineux, un espace sonore où chaque morceau résonne comme une promesse : celle d’exister pleinement et d’avoir enfin hâte de vivre. (LFC)

Hâte de Vivre est disponible via Bleu Bandits/DEMAIN/PIAS. En concert à Paris (Olympia) le 21 mars 2026.

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DAVE – RAINDANCE (FT. TEMS)

Après le succès de Raindance, en featuring avec TEMS, extrait de son nouvel album The Boy Who Played the Harp, Dave dévoile enfin le clip du titre, l’un des morceaux les plus marquants du projet. Avec cet album, le rappeur britannique poursuit une trajectoire artistique plus introspective et émotionnelle. The Boy Who Played the Harp se distingue par une écriture sensible, presque confessionnelle, où Dave explore l’amour, la vulnérabilité et la maturité émotionnelle. Là où Psychodrama et We’re All Alone in This Together, ses albums précédent, posaient un regard frontal sur les traumatismes, la société et la pression du succès, ce nouveau projet adopte un ton plus apaisé, spirituel et mélodique laissant davantage de place aux silences et aux émotions. Titre phare de l’album, Raindance incarne parfaitement cette évolution. Porté par des sonorités douces mêlant R&B, presque soul et hip-hop alternatif, le titre se présente comme une véritable déclaration d’amour, sublimée par la voix profonde et magnétique de TEMS. Le morceau évoque une relation profonde, presque spirituelle, où l’amour devient un refuge face aux tumultes du monde extérieur. Visuellement, le clip réussit à traduire cette intensité émotionnelle avec justesse. Alternant entre effets VHS et images nettes et soignées aux textures vaporeuse et satinée, Dave et TEMS évoluent dans un décor paradisiaque, hors du temps. Cette dualité esthétique traduit une envie de partager une histoire entre souvenirs intimes et idéalisation amoureuse. La caméra capte des instants de proximité, de regards et de gestes simples, et des moments conviviaux entourés de leur proches, renforçant l’impression d’entrer dans une bulle, celle de la consécration d’une histoire d’amour à la fois intime et universelle. Le clip ne cherche pas l’abondance visuelle mais privilégie une narration douce et sincère, où l’émotion prime sur le spectaculaire. Une approche cohérente avec l’identité artistique des deux artistes, connus pour leur capacité à transmettre beaucoup avec peu. Avec The Boy Who Played the Harp, Dave signe un retour remarquable, plus nuancé et mature que ses projets procédant, nous confirmant sa capacité à se renouveler et s’affirmer artistiquement. Ce nouveau chapitre marque également le début d’une tournée européenne., qui passera notamment par Paris le 4 février à l’Accor Arena. (ML)

Raindance est disponible via Dave/Neighbourhood. En concert à Paris (Accor Arena) le 4 février 2026.

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