L’exceptionnelle Fashion Week des collections printemps-été 2026, qui a marqué les débuts d’une dizaine de designers à la tête de grandes maisons, vient de tirer sa révérence. Pendant un mois, nous avons assisté aux premiers pas de créateurs de renom tels que Demna chez Gucci, Alessandro Michele chez Valentino ou encore Jonathan Anderson chez Dior. Ces bouleversements majeurs témoignent d’un véritable tournant créatif dans la mode. À quoi ressemblera cette nouvelle ère stylistique, et surtout, comment s’habillera-t-on à l’été 2026 ? Zoom sur cinq trends issues des collections printemps-été 2026.
Le Tailoring
Qu’il soit cropé, cintré ou oversize, le tailleur a été l’incontournable de la saison. Chez Max Mara, Ferragamo ou encore Acne Studios, la veste de tailleur s’est vue réinventée sous différentes formes, couleurs et matières. L’omniprésence du tailleur sur les podiums confirme à quel point cette pièce est un intemporel ancré dans l’air du temps. Mais elle traduit aussi la volonté des designers de styliser le vestiaire workwear, en le rendant à la fois désirable et audacieux. Chez Chanel, sous la direction de Matthieu Blazy, le tailleur joue avec les codes du genre et rend hommage à la garde-robe personnelle de Gabrielle Chanel, qui empruntait les vestes de son grand amour, Boy Capel. Chanel nous invite, aujourd’hui et demain, à piocher librement dans l’armoire de nos petits copains.
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Minimalisme VS Maximalisme
Les podiums de cette saison ont été marqués par une véritable bataille opposant deux grandes écoles de la mode : les minimalistes et les maximalistes. Jusqu’à la Fashion Week italienne, la victoire semblait promise aux minimalistes, notamment à New York et Londres, avec en tête la première collection de Veronica Leoni pour Calvin Klein, qui a essuyé quelques critiques pour son manque d’originalité. Mais à Milan, avec Fendi et Moschino, puis à Paris, avec un retour en force de Balenciaga par Pierpaolo Piccioli, les silhouettes ont repris de la grandeur, tant par leurs formes que par l’explosion de couleurs et de matières.
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Le Color Block
En réaction au minimalisme ambiant, le maximalisme s’est trouvé un allié de poids : la couleur. Chez Akris, un rouge étincelant se mêle à un bleu roi éclatant, tandis que chez Fendi, ce sont des teintes estivales, orange, vert et jaune, qui habillent les jupes et tops avec audace. Mais c’est à Prada que revient la palme d’or, grâce à une parfaite maîtrise de cette tendance haute en couleur, avec des looks tricolores flamboyants qui captivent et dynamisent la silhouette.
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Le Corset
Un vent de romantisme punk, venu tout droit de la cour de Versailles du 18e siècle, a soufflé sur les catwalks cette saison. Les créateurs britanniques en ont été les principaux instigateurs, sans doute influencés par l’ouverture très remarquée de l’exposition Marie-Antoinette: Style au Victoria & Albert Museum de Londres. Chez Simone Rocha, l’été 2026 se vit comme un bal de débutante désenchantée : les brassières-corsets à paillettes se mêlent à des jupes en tulle rose façon panier, dans un contraste assumé entre douceur et rébellion. De son côté, Erdem Moralıoğlu, à la tête de Erdem, puise directement dans l’univers visuel de la fin de l’Ancien Régime, pour livrer une collection baroque-futuriste où le raffinement historique rencontre des volumes et références contemporaines. Mais la queen incontestée de cette tendance punk romantique, c’est Dilara Fındıkoğlu, avec sa collection choc intitulée Cage of Innocence. Corsets déchirés, harnais métalliques, bijoux provocants : tout dans sa mise en scène revendique une féminité puissante, libérée, rebelle, loin des carcans traditionnels. Ce retour en force des corsets sur les podiums ne glorifie pas les contraintes du passé, mais les détourne. Il affirme une esthétique féminine assumée, indocile, qui rejette les normes rigides imposées au corps.
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Les Franges
Sur les sacs, les jupes ou les robes, les franges seront absolument partout cet été. Symbole d’un style hippie chic avec un twist rock, elles marquent le retour d’une mode libérée, inspirée des années 70/80, quand la jeunesse exprimait ses convictions à travers ses tenues. Chez Acne Studios, la frange devient accessoire de ville, apportant du mouvement et de la texture à nos looks urbains, en attendant les vacances. Chez Alaïa, elle descend jusqu’aux jambes dans un pantalon frangé qui n’en est pas vraiment un, plutôt un bas hybride parfait pour un look estival à la fois frais et sophistiqué. Enfin, chez Burberry, c’est tout un imaginaire qui s’installe : celui du festival de Glastonbury, où la frange se porte comme une attitude. Libre, rebelle, festive.
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Texte Alizée Morais
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