/

Ça y est, la Paris Fashion Week a fermé ses portes. Entre Haute Couture, annonces, revendications et réinterprétations, les maisons ont une nouvelle fois su nous plonger dans leurs univers et susciter de nombreuses réactions. L’occasion pour nous de revenir sur les looks qui nous ont particulièrement marqués, mais aussi sur ceux qui ont beaucoup fait parler. Nous vous proposons donc de revenir ensemble sur cette Fashion Week, à travers certains looks et messages qui ont retenu notre attention, surpris ou parfois même fait débat.

/

/

CHANEL 

Un show de qualité, qui raconte les multiples vies d’une femme. Sous un plafond nocturne traversé par une envolée d’oiseaux dorés, Matthieu Blazy rend hommage aux différentes facettes de Gabrielle Chanel et à son parcours d’émancipation par la mode. En revisitant les classiques de la Maison à travers les époques, le directeur artistique leur insuffle une modernité nouvelle, jouant sur les textures et les matières. Une innovation retient notamment l’attention : le tweed smocké.

Le défilé s’ouvre sur le sac personnel de Gabrielle Chanel, Coco un 2.55 sorti des archives de la Maison, qui rend l’hommage plus personnel avec un plus grand impact. Les silhouettes présentée retracent toutes la vie de Gabrielle Chanel. De sa vie de jeune femme corsetée avec une vision radicale du tailleur féminin jusque son affranchissement, à la femme et créatrice libre et exploratrice qui a révolutionné la mode. Ces silhouettes représenteraient selon Matthieu Blazy « des femmes qui se cachent en chaque femme ». Une idée qui trouve aussi un écho dans la diversité des tenues présentées, comme autant de facettes d’une même femme au fil des 24 heures d’une journée. Des looks semblables à de la lingeries, des vêtements de bureaux, des robes de cocktails dinatoires autant que des tenues de soirées. Une esthétique des années 30 retrouvée dans les coupes des robes mais aussi dans les détails qui les façonnent, des broches, des perles, de la broderie, toute un ancrage remis au goût du jour, alliant modernité et culture créant une harmonie époustouflante.

/

/

/

VIVIENNE WESTWOOD

Avec ce défilé, Andreas Kronthaler s’empare d’un enjeu climatique devenu mondial et interroge l’avenir de la mode face aux chaleurs extrêmes. Une question traverse sa collection : « Que deviendront les vêtements ? » Inspiré par l’engagement de sa défunte épouse contre le changement climatique, le créateur a imaginé ces silhouettes bien avant que les vagues de chaleur ne frappent Paris. La répétition des canicules soulève pourtant des interrogations de plus en plus pressantes : comment s’habillera-t-on lors des prochains étés ? Et comment la mode peut-elle s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique ?

Sur les podiums, des silhouettes habillées de sortes à adapter sa tenue face aux prochaines chaleurs. Des coupes amples, du courts, des matières légères et fluides, des pantalon troués, des couvres chefs, chaque vêtements est pensé pour la régulation de la chaleur au corps humain. Des inspirations au tissu Bazin (tissu en coton damassé à la texture rigide et l’apparence brillante) souvent associé à la culture africaine, il est connu pour être léger et respirant.

Andreas Kronthaler nous rappelle que certaines préoccupations dépassent le cadre de la mode. Le changement climatique nous concerne tous, où que nous soyons, et nous oblige à repenser nos modes de vie. Comment nous habillerons-nous lorsque les vagues de chaleur se succéderont ? Comment nous habillerons-nous lorsque les vagues de chaleur se succéderont ? Et surtout, à quoi ressemblera la mode de demain face à ces bouleversements ?

/

/

/

BALENCIAGA

Après la question sur la Terre passons à la mer, le défilé Balenciaga SS27 intitulé Les Coraux de la Liberté par Pierpaolo Piccioli a été un succès.  Dans un décor assez sobre, comme une toile blanche avec une implantation centrale d’une sculpture de coraux de l’artiste française Aude Franjou de 2025. Balenciaga met à l’honneur la couture avec les techniques de la Haute Couture dans un vestiaire conçu pour le quotidien. Si la collection semble sobre au premier regard, elle n’en révèle pas moins un véritable travail de recherche. Les pièces essentielles de nos garde-robes sont minutieusement revisitées, à travers des coupes, des constructions et des structures repensées. Un travail qui reflète à la fois l’identité de la Maison et la vision personnelle de Pierpaolo Piccioli. « Pour moi, Cristóbal Balenciaga, c’est la silhouette, le volume, la forme. » Pour y répondre, le designer joue sur les volumes et les formes. La première partie de la collection privilégie des silhouettes sobres, ancrées dans le quotidien, avant de laisser place à une seconde séquence plus proche de l’esprit couture. Les robes se structurent alors en architectures sculpturales, sublimées par des couleurs évoquant les récifs coralliens.

/

/

/

SCHIAPARELLI 

Un défilé qui ne passe pas inaperçu. Daniel Roseberry, nous a mis des paillettes pleins les yeux ! Avec sa collection nommée Going Clear et en cherchant à ouvrir d’autant plus sa collection vers du prêt à porter, il engage des coupes et matières plus décontractées. Il souhaite se détacher de la « promesse de statut et d’approbation » que prône l’industrie de la Fédération de la Haute Couture. L’enjeu étant de transporter les codes de la Haute Couture dans un vestiaire prêt à porter, sans en retirer la prestance et la qualité. Ce qui devait être une ouverture de paradigme s’est transformé en vrai réflexion sur l’avenir de la Haute Couture et de ses intentions envers les fashions.

De par ses activités sportives, Daniel Roseberry a voulu conjuguer le mouvement et l’allure dans sa collection : « Je voulais quelque chose de facile et aérodynamique ». Une interprétation qui se reflète dans les robes en mailles stretch. Des coupes amples, des tops ornés de cristaux, de broderies ou encore de perles et strass, Schiaparelli impressionne tant sur les looks Haute Couture que pour la collection adaptée au vestiaire quotidien. Une approche plus ludique mais qui reste ancré dans les vestiges de la Maison, des codes repris et retravailler qui garde pour autant l’authenticité et le raffinement de Schiaparelli. 

/

/

/

SAINT LAURENT

Saint Laurent fait valoir son pesant d’or lors de son show mystique de la Paris Fashion Week. Anthony Vaccarello a expliqué avoir cette collection en tête depuis longtemps et a déclaré que c’était le bon moment pour la mettre en lumière. De la lumière, c’est ce qu’on a pu avoir avec cette collection aux reflets d’or et sous la Tour Eiffel illuminée. « Une lumière brille d’autant plus que nous savons qu’elle ne peut pas être tenue. Ce qui passe laisse parfois plus de lumière que ce qui reste. » Anthony Vaccarello, sic.

L’or retrouve une place de choix dans cette collection, une couleur profondément ancrée dans l’ADN de Saint Laurent. Des sahariennes aux trenchs, en passant par les jupes portefeuille héritées de l’époque de Monsieur Saint Laurent, les silhouettes font dialoguer les pièces historiques de la Maison avec les classiques revisités par Anthony Vaccarello. Les matières et tissus amplifient les nuances d’or donnant l’illusion d’un or massif et brut. Les archétypes emblématiques de Saint Laurent sont revisités à travers un objectif moderne et contemporain tout en faisant un clin d’oeil aux valeurs de la Maison. Faisant un bond à l’automne 1991, collection Rive Gauche de du défilé de YSL, dont le show commençait en noir pour ce finir en or. Anthony Vaccarello en propose une lecture inversée : sa collection s’ouvre sur des silhouettes dorées avant de glisser progressivement vers l’obscurité du noir.Anthony Vaccarello aurait-il bouclé la boucle ? 

/

/

/

Si la Paris Fashion Week nous a offert des silhouettes marquantes, elle a aussi été traversée par des messages forts, des questionnements essentiels et des annonces émouvantes. Au-delà des vêtements, ces défilés rappellent que la mode est aussi un espace d’expression, capable de faire écho aux préoccupations de notre époque et de susciter des émotions. C’est aussi ce qui en fait toute la beauté.

Belle semaine à vous.

/

 /

Texte Makyna Meité

Image de couverture CHANEL Spring / Summer 2027 – Paris Fashion Week – extrait Youtube

 /

/