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Est-ce encore nécessaire de présenter Robyn ? La déesse club des deux dernières décennies. Celle qui inspire tant de sincérité sociétale, amoureuse et intellectuelle revient avec son nouvel album Sexistential. Elle se livre avec plus de franchise sur ses expériences et met en abyme les questions existentielles des femmes face à leur puissance sexuelle, englobée par le rôle de la maternité. Robyn est une artiste qui vit avec son temps, moderne et fidèle à son style unique et sensuel.  

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L’emblème de la pop 

Telle une prédiction, Robyn redonne du cachet à ses anciens morceaux, encore plus compréhensibles aujourd’hui. Magnifiquement loufoque et délicieusement profonde, Blow My Mind célèbre « la sensualité entre mon fils et moi, qui n’a rien à voir avec le sexe, mais où il y a une proximité, une intimité et une sorte de transparence qui semblent très sensuelles », explique-t-elle. Avant d’être compositrice et pop star, elle est une jeune femme dont le succès international est tel que la vie lui file entre les doigts, occupés à mixer des sentiments qu’elle ne peut vivre pleinement. En quête d’émancipation totale, elle rachète son contrat au début des années 2000 et forge son style implacable. Elle chante alors une génération qui lui ressemble : Dancing on My Own résonne dans un murmure de déception. C’est la femme qui dance seule, mais surtout libre.  

Plus qu’un emblème, elle écrit ses ressentis en les mixant comme des hiéroglyphes ; elle porte son royaume de couleurs vives, avec intensité (Cobrastyle), mais aussi de manière plus épurée et futuriste lorsqu’on la voit plonger dans son inconscient, à l’intérieur de cet immense Monument. Elle souhaite « être un espace, un moment de vie ». La métaphore visuelle que Robyn offre dans toutes ses performances constitue le point d’ancrage d’un son qui mène à un point culminant du cœur, pour le faire battre. 

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D’une décennie à l’autre

Robyn est désormais moins pudique et le clame. Elle se cherche sexuellement et ne craint plus d’exposer ses fantasmes quitte à renouveler l’identité que l’on s’était fait d’elle. Elle devient, au fil de ses expériences, taboues jusque présent, mère célibataire et adopte une sexualité plus libre. Really Real sonne comme la vision d’une conversation outre-temps, celle qu’elle a pu avoir au passé où elle décrit le modèle de sa mère, extrinsèque. Dans ce même écho parallèle, Sexistential contient sans doute le premier rap au monde sur les aventures d’un soir alors qu’on est enceinte de dix semaines après une FIV.

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La fermeture des frontières en 2020 l’a contrainte à ne faire appel qu’à ses contemporains suédois les plus proches pour collaborer. Avec Klas Åhlund à la production, deux titres coécrits avec Max Martin et quelques démos tirées des 15 dernières années de sa carrière, Sexistential est un album extatique et percutant, qui rend hommage à Prince, au Gap Band, à la J-pop et aux tourbillons déformés de la bande originale d’Inception, animé par des voix et des bribes de conversation samplées. Elle veut « défendre l’amour romantique », se déprogrammer d’une secte amoureuse. Inspirée par la mission Apollo, la masculinité toxique devient caduque face à son vaisseau, elle accepte ses erreurs et s’envole avec, compte à rebours en marche : « Je suis allée sur la lune dans cet engin que j’ai construit et je ne sais pas si je vais revenir. On verra bien s’il tient le coup ». Robyn est incontestablement revenue sans craindre la solitude, épanouie du nouvel univers qu’elle construit, pour le plaisir de partager une grande dose de Dopamine. 

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Sexistential est disponible via Konichiwa/Young.

 

Texte Andrea Martins

Image de couverture Cover Sexistential LP

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