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À l’occasion de l’avant-première de leur premier album, le groupe s’est présenté lors d’une soirée organisée au Sonorium Music. Très proche de son public, l’interprète Flore Benguigui, a raconté le jazz comme un premier amour. Accompagnée par Jennifer Gros et Micky Green, ils se sont livrés face aux questions de la journaliste Sophie Rosemont. Modzik a ensuite rencontré Flore, pendant la soirée organisée par la SACEM Ni muses, ni groupies.
La rencontre de Flore Benguigui avec The Sensible Notes est l’envie de construire une histoire commune inspirée des plus grands jams de jazz de l’époque pour les ressusciter, de manière à faire découvrir la musique collective. Le jazz est la musique à l’opposé de l’individualisme où la joie, les accidents et l’échange en font toute la richesse. C’est la romance qui laisse aller nos émotions dans les plus grandes profondeurs du vivre ensemble, dans une empathie où les paroles laissent parler les regards et les contacts. De ces motivations communes est né i-330.
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Le jazz : un patrimoine mondial
Margo Guryan, Dianne Reeves, Billie Holiday, Chet Baker, Nat King Cole, Barbara, Ella Fitzgerald, Frankie Lymon, Simon Dame, The Mills Brothers, Fats Waller. Ce sont tous ces noms que le public de notre génération découvre avec une mélodie ambitieuse portée par des notes d’une touche moderne : « Le terme reprise aujourd’hui jette une espèce de condescendance au travail porté. Dans le jazz, c’est très commun. Avec le groupe, on est dans un sentiment de partage. Il y a beaucoup de chansons que j’ai découvertes grâce à l’album, tout comme le public ». La motivation première d’i-330, titre de l’opus, est de valoriser un patrimoine immense qui manque d’exploration profonde et entière « c’est toujours revaloriser des morceaux qui sont sortis il y a parfois un siècle. C’est une hérédité, sans cesse réactualisée, qui dialogue avec toutes les époques qu’elle a traversé ». Le faire vivre au présent, c’était réinventer ses sons, les rendre quelques fois électronique pour y transmettre plus de mélancolie comme lorsque l’on écoute What A Little Moonlight Can Do, une cadence venant directement de l’espace avec les mêmes paroles romantiques ; ou celles qui ne changent pas pour la transparence d’un manque de la voix de Barbara dans Dis, quand reviendras-tu ?
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Les notes impérieuses
Pour transmettre la voix de Flore sans la perdre dans les inspirations conjointes, une organisation minutieuse a dû se construire pendant l’enregistrement. Afin de pouvoir rendre compte de chacun des talents, c’est un respect musical et bienveillant qui se créa « On a beaucoup parlé avec Flore pour savoir la direction de la musique. On a déduit que l’on allait essayer de respecter au maximum le côté live, proche et intime du jazz. Ce sont nos sensibilités et la manière dont les instruments résonnaient dans la pièce qui ont inspiré le résultat final », raconte Jennifer. i-330, est le produit de onze personnes qui s’adonnent à l’impulsivité de leur passion, dans plusieurs pièces imbriquées, elle nous décrit cette expérience : « Flore était dans une petite pièce à part. Voilà, une petite fenêtre. Nous n’étions techniquement pas tous dans la même pièce pour que la batterie ne soit pas trop imposante ». Jennifer, soigneuse du coté pop et Micky dans ses dernières compositions musicales de synthé-pop a voulu rompre avec cette manière de production pour retrouver la synergie d’un caractère qu’il avait autrefois connu : « J’avais envie de trouver une manière de combiner les deux genres en gardant cette marque d’improvisation et c’est le type de création que l’on doit faire dans des endroits où tu te sens à l’aise pour t’exprimer, pour mettre toute ton âme dans le truc ».
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L’ombre des voix cicatrisées
Par les expériences uniques passées de chacun des membres, le choix de leur nom n’est pas sans une inspiration féminine, de liaison inconnue pour la plupart, qui remonte au roman Nous de l’écrivain Zamiatin, publié en Union Soviétique en 1988 : « Il y a dans cette histoire un personnage féminin nommée 330, une femme rebelle qui vient sortir le personnage principal du système fasciste et dystopique – laid. Je voulais que la machine qui est dans l’album soit un assemblage de tous ses synthés et qu’elle ait le nom de cette femme rebelle ; parce que l’on aime bien les femmes rebelles, c’est stylé ». Égale à toutes les sensibilités féminines, Flore se livre d’une manière globale au sujet des violences misogynes de la société et raconte de quelle manière le jazz l’a fait se sentir en sûreté : « J’avais cette résidence dans le club de jazz, Baiser Salé de 2014 jusqu’à 2025. À chaque fois que je rentrais de tournée à l’international et que je me sentais exténuée, j’allais dans ce club et c’était l’altération. Je faisais un petit concert devant 70 personnes avec mes vieux copains sans aucune pression. La dictature de l’ordinateur était, pour moi, difficile à vivre. S’il y a une panne, le monde s’effondre autour de toi alors que, dans le jazz, les imprévus et les accidents sont son quotidien et c’est en fait ce qui fait cette musique même ».
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Les créations colorées
Le personnage de Flore, quand elle chante, est tout aussi original que coloré. Sa coiffure couleur pop réponds naturellement aux pointes des brushings des années 30 et ses vêtements. Portée sur elle, ce sont toutes les valeurs d’i-330 qui deviennent visuelles, un ancrage plus fort dans leurs valeurs de partage. « Shams fait de très belles perruques, elle en fait des pièces montées en gâteau. Son talent est incroyable. Lola Dubac est une styliste géniale qui a travaillé sur tout le style de l’album, notamment avec une créatrice qui porte l’identité de la marque Bourgine. Leur style colle très bien avec celui que l’on cherchait, un mélange entre les années 20, les années 60 et aujourd’hui. Elles créent des pièces vertueuses écologiquement que l’on gardera toute une vie ».
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i-330 est disponible via Decca Records. En concert à Paris (New Morning) le 25 mars 2026 (COMPLET).
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Texte Andréa Martins
Image de couverture i-330 Album Art cover
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