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Première sélection 2026 Modzik pour sonoriser ton weekend.

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BRUNO MARS – I JUST MIGHT

I Just Might, nouveau titre de Bruno Mars, impose un retour placé sous le signe du groove et de la séduction immédiate. Le morceau explore l’alchimie du dancefloor, là où l’attirance ne se mesure plus aux mots mais au mouvement et à la capacité de vibrer ensemble. La danse devient presque un rite de passage avant toute promesse sentimentale. Inspirée du titre lumineux de Leo Sayer (You Make Me Feel Like Dancing), la chanson assume pleinement son héritage rétro sans chercher à le masquer. Midtempo taillé pour la piste, I Just Might repose sur un équilibre maîtrisé entre soul old-school et efficacité pop. Mars apparaît en pleine possession de ses moyens, sûr de son sens du groove et de son instinct mélodique. Coproduit avec D’Mile, compagnon de route de l’ère Silk Sonic, le titre prolonge cette fascination pour les formes classiques, polies avec précision. Sans révolutionner son univers, Bruno Mars affine une formule qui mise sur le plaisir immédiat et la légèreté assumée. Ce single annonce The Romantic, son premier album solo depuis près de dix ans, attendu le 27 février 2026. Entre collaborations prestigieuses et retour aux fondamentaux, I Just Might fonctionne comme une mise en jambes élégante. Un morceau qui ne cherche qu’à faire danser et qui y parvient avec une redoutable efficacité.

I Just Might est disponible via Atlantic Records/Warner. En concert à Paris (Stade de France) les 20 et 21 juin 2026.

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YVNNIS, SO LA LUNE – MAL AIMÉS

Mal aimés confirme Yvnnis comme une voix singulière de la nouvelle scène rap française. Extrait de sa première mixtape DND, le titre capture immédiatement l’auditeur par son atmosphère sombre et son refrain obsédant. Le natif du 94 y croise le fer avec des rappeurs extérieurs à son entourage direct, tout en explorant un format plus long et narratif. Composés par LILCHIK, également réalisateur de la tape, mais aussi Rosaliedu38, H JeuneCrack et Sacha Rudy, les treize titres de la mixtape placent le rap, l’énergie et la maîtrise au centre du projet. Yvnnis y raconte l’isolement, la méfiance et la survie dans une ville qui ne pardonne pas, des thèmes qui résonnent avec son propre parcours francilien. Le morceau mêle un flow précis à une production minimaliste mais efficace, chaque note calculée pour maintenir la tension. Sa voix habitée, donne vie à des images de solitude urbaine et de luttes personnelles qui parlent à quiconque a grandi dans une certaine marge. Les featurings présents sur la mixtape ajoutent de la profondeur et de la variété, tandis que des titres comme EMOTICONE, avec un sample de Zaho de Sagazan, montrent l’étendue de ses influences et de son ambition sonore.  Mal aimés est une immersion dans le monde d’un jeune rappeur qui trace son chemin à sa manière. Avec ce morceau et cette mixtape, Yvnnis confirme qu’il est un nom à suivre, capable de mêler authenticité et maîtrise musicale dès ses débuts.

Mal Aimés est disponible via PLUS262 & FILIGRANE/ADA. En tournée à Roubaix, Rennes, Montpellier Villeurbanne…

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MELISSA LAVEAUX – YEMAYA

Avec Yemaya, deuxième extrait de son prochain album At My Softest, I Am Most Dangerous (mars 2026), Mélissa Laveaux plonge une nouvelle fois dans une mer agitée. Après avoir évoqué la loa aquatique Lasirèn, déesse du vaudou haïtien, dans son titre, Salt Water So Sweet, la chanteuse nous convie dans les eaux de Bahia aux côtés de la divinité Yemaya, déesse afro-caribéenne des océans. Le single, porté par une basse profonde dévoile un son hybride où se répondent tropicalia brésilien et les musiques caribéennes. La voix de Laveaux, aussi chaude qu’hypnotique, traverse le morceau formant une véritable danse entre extase et tourmente. L’album s’ouvre sur le lumineux Hideout, où les chœurs éthérés et les guitares dessinent un paysage sonore captivant, pour progressivement glisser vers l’introspection. L’album s’achève sur Grand mère, une valse à trois temps aux réminiscences nostalgiques, offrant un contraste émouvant avec la pulsation de Yemaya. Chaque morceau d’At My Softest, I Am Most Dangerous semble une exploration intime, où la fragilité devient une force, et où les souvenirs et les luttes personnelles se transforment en puissance créative. La production de l’album, réalisée par Lister Haussmann et en collaboration avec des musiciens clés comme Élise Blanchard à la basse, Martin Wangermée à la batterie et Julien Cavard à la guitare électrique. Ces musiciens créent ensemble une texture sonore dense et organique, supportée par des invités de choix, dont l’incroyable Sophye Soliveau aux chœurs et la saxophoniste Nathalie Ahadji. Le tout sonne comme une fusion unique, où chaque élément trouve sa place dans l’édifice sonore. Yemaya est un avant-goût d’un album qui fusionne pop, rock et sonorités traditionnelles. Dans At My Softest…, son œuvre la plus personnelle, Mélissa Laveaux conjugue intimité et engagement politique pour appeler à l’éveil et à une réappropriation du corps face à la violence sociétale. La musique devient alors un espace de résistance et de réconciliation. At My Softest, I Am Most Dangerous est sans doute un des meilleurs albums de cette rentrée 2026.

Yemaya est disponible via REVOLTA/TWANET. En concert à Rennes (Antipode) le 20 mars 2026.

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TEED – PIECE OF ME

Always With Me marque la suite de la mue de TEED, loin des pistes de danse qui ont fait la réputation de Totally Enormous Extinct Dinosaurs au début des années 2010. On se souvient de son incroyable set à la Maroquinerie en 2022 lors de son retour après dix années d’absence. Orlando Higginbottom signe avec Always With Me, un album écrit et composé sur une période de retrait, principalement à Los Angeles, avec une approche volontairement minimale. Souvent construit autour d’un seul synthé, le disque privilégie la texture et l’émotion à l’efficacité immédiate. Au cœur de cet ensemble plus feutré, Piece of Me où l’on retrouve le savoir-faire dansant de TEED avec une pointe de mélancolie. « Il s’agit d’une nuit blanche, d’un été entier, d’un souvenir récurrent, des victoires et des défaites de l’adolescence, et cette chanson est une chanson d’amour » indique Orlando. Always With Me puise ses racines dans le souvenir doux-amer des vacances d’été en France durant l’enfance : premiers émois, liberté, solitude, nostalgie adolescente et blues du retour. Piece of Me, morceau électro sensuel teinté de chillwave en cristallise l’intention. Always With Me charme par sa relative discrétion et ensorcelle par sa cohérence, laissant derrière lui un charme durable.

Always With Me est disponible via Nice Age.

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ÃO – ORGULHO

Dans Orgulho, Ão déploie une saudade électrique où la voix de Brenda Corijn traverse des couches de guitares et d’électronique subtile, sculptant une atmosphère à la fois intime et tendue. Nouveau single avant la sortie de Malandra (prévue le 13 février 2026), dialogue avec les autres extraits révélés : Cinza, Me Condena, Sorte et Talvez, chacun explorant une facette différente de l’identité et de la mémoire. Cinza joue avec l’obscurité et la mystique, Me Condena déploie une confession en portugais, Sorte oscille entre destin et hasard, tandis que sur Talvez, le charango, guitare sud-américaine pleine de fougue, baigne le morceau de chaleur et de lumière, mais sous cette surface mélodique, c’est une confrontation avec le passé et les souvenirs qu’on croyait oubliés, où la répétition des erreurs (« repito, repito, repito ») révèle une intimité touchante. Formé à Bruxelles, Ão réunit Brenda Corijn (chant), Siebe Chau (guitare), Jolan Decaestecker (électronique) et Bert Peyffers (percussions), un collectif qui puise autant dans les racines mozambicaines et portugaises de Brenda que dans les influences indie, folk et électroniques européennes. Le groupe s’est rapidement imposé sur la scène belge et européenne grâce à des singles comme Mulher ou Ao Mar, mêlant sensualité, mélancolie et inventivité sonore. On se souvient d’ailleurs de leur passage au MaMA l’an dernier. Orgulho agit comme un miroir de fierté et de vulnérabilité, confrontant le narrateur à ce qu’il tente de cacher ou de réinventer. Comment ne pas songer à Madredeus ? À l’instar du groupe portugais, Ão exploite une mélancolie contemplative, mais injecte une énergie contemporaine et électrique, transformant la saudade en expérience quasi rock. Au fil des treize titres de Malandra, le groupe construit un univers où nostalgie, modernité et étrangeté sonore se mêlent, révélant un groupe habité par la mémoire, la vulnérabilité et l’intimité, capable de transformer la mélancolie en beauté sonore, et de faire de chaque regard un miroir de l’âme.

Orgulho est disponible via Mayway Records. En concert à Paris (Pop Up du Label) le 18 mars 2026.

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MANDY, INDIANA – CURSIVE

Cursive  affirme Mandy, Indiana comme un groupe qui refuse les compromis sonores. Formé entre Manchester et Berlin, le quatuor mêle post‑punk, noise rock et électro expérimentale, cultivant depuis ses débuts une approche inventive. Les membres, Valentine Caulfield (chant), Scott Fair (guitare), Simon Catling (synthés) et Alex Macdougall (batterie), construisent leur musique sur des interactions précises entre rythme, texture et voix. Le morceau commence par une pulsation minimale, bientôt perturbée par les percussions d’Alex, tandis que la voix de Valentine, en français, ajoute un souffle fragile et intense. Les synthétiseurs de Simon se font ciselés, la guitare de Scott éclate en éclats cristallins. La phrase « Je danse en attendant que le monde disparaisse… » illustre la collision entre énergie et chaos intérieur. « Alors que Scott et Valentine offrent souvent l’impulsion initiale derrière la plupart de nos chansons, Cursive a été construit à partir d’un certain nombre d’esquisses rythmiques d’Alex et de ma séquence de basse. Valentine a ajouté sa voix plus tard et Scott a travaillé pour sculpter ces éléments ensemble. C’était excitant de voir chacun apporter ses propres idées dès le départ, les mettre ensemble et voir ce qui pourrait en sortir, un petit pas dans l’inconnu pour nous en tant que groupe » indique Simon Catling. Cursive est extatique, drapée de folie dissonante et d’hérésie texturale. C’est le reflet de Mandy, Indiana, qui a façonné son identité depuis leur premier LP i’ve seen a way et qui signe ici un avant-goût de leur prochain album URGH (6 février 2026). Après Magazine, Cursive témoigne de leur maîtrise et de leur audace collective.

Cursive est disponible via Sacred Bones Records/ Mandy, Indiana. En concert à Paris (Petit Bain) le 9 avril 2026.

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KIDDY SMILE – DMQTMA (DIS-MOI QUE TU M’AIMES)

Figure insaisissable de la scène queer européenne, longtemps porté par l’excès, le club et la performance, Kiddy Smile choisit ici le dépouillement. Ce titre marque un tournant dans un parcours construit entre house, ballroom, cinéma et art contemporain, mais où le corps a toujours été un langage politique. DMQTMA abandonne l’anglais et les postures pour une parole frontale où pointe la fragilité. Pour accompagner ce virage, Kiddy s’entoure de David Spinelli (ex-Griefjoy), Jérémy Chatelain et Amar Makaveli (Oxmo Puccino). La fête n’est plus un refuge mais un souvenir : place au doute, à la dépendance affective, à la peur de ne pas être aimé en retour. Kiddy transforme l’énergie du club en matière émotionnelle, sans renier son héritage. Le morceau agit comme un aveu, prolongé par une lettre adressée à ses fans, où il revendique le droit d’être vu sans masque. Le clip, qu’il réalise lui-même, creuse cette introspection tout en multipliant les références, de You’re On My High de Demon aux codes de la French Touch et de la house qui ont forgé son ADN. D’autres titres semblent en préparation, notamment Comme un fou, qui démarre avec le son d’une mandoline avant de poursuivre sur une mélodie mélancolique qui vous retient dès les premières secondes, offrant l’un des moments les plus immersifs de son univers musical.  Ces deux titres semblent poursuivent cette même alchimie : ils accrochent, et s’insinuent dans l’esprit de l’auditeur. Ni slogan ni manifeste, DMQTMA préfère la tension à l’explosion. Un titre sobre, habité  mais toujours traversé par la même urgence : exister sans compromis.

DMQTMA est disponible via Neverbeener Records/Grand Musique Management.

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JULES HENRIEL – OUR OWN SELF ASSURANCE

Our Own Self Assurance , premier single solo de Jules Henriel, ouvre un nouveau chapitre mené en parallèle du combo marseillais Parade, où il s’est imposé comme une figure marquante du rock et de la pop française contemporaine. Extrait d’un album à paraître, le morceau accompagne la naissance de son premier enfant et explore l’intensité de l’amour et les transformations de la vie adulte. Les chœurs fragiles en voix de tête ajoutent une profondeur émotionnelle, tandis que la guitare folk, instrument de prédilection de Henriel, rend l’écriture directe et intime. Dans les paroles, il confie : « Je devrais savoir qu’il est temps de grandir », dévoilant ses hésitations et sa lucidité face aux nouvelles responsabilités. Jules s’inspire de ses modèles, notamment Lou Reed, dont il admire la capacité à raconter des histoires personnelles en mêlant métaphores, non-dits et apparente simplicité, de façon à ce que tout « sonne juste ». Comme il le dit lui-même, Reed « est très métaphorique et limite je-m’en-foutiste, racontant une histoire insensée qui finit par sonner juste », un style qui nourrit directement la narration sensible de ce single. La vidéo, réalisée par Marine Sahakian, illustre cette démarche : Henriel regarde en accéléré des images de son passé, confrontant souvenirs et choix anciens pour mieux se tourner vers l’avenir. Produit par Nicolas Dick et arrangé par Jullien Arniaud, ce single se présente comme un faire-part folk, célébrant la vie, la résilience et la beauté fragile des instants qui façonnent l’adulte que l’on devient.

Our Own Self Assurance est disponible via Jules Henriel/HEY BRONCO.

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