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Flea, connu depuis les années 80 en tant que bassiste explosif des Red Hot Chili Peppers, sort aujourd’hui son premier album solo. Honora est un retour aux sources pour Flea : retour à son premier instrument, la trompette, et à sa première passion musicale, le jazz, découvert à l’enfance grâce à son beau-père, qui jouait régulièrement à la maison avec d’autres musiciens. « Ça m’a complètement bouleversé quand j’étais gamin. Je me souviens que pendant qu’ils jouaient, je me roulais par terre, mort de rire. Je n’arrivais pas à croire – je n’arrivais vraiment pas à croire – qu’ils puissent faire ça. C’était un miracle. » 

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Le passé reconverti 

Si la fureur laisse place à la délicatesse aujourd’hui, elle n’en est pas moins politique. L’extrême sensibilité de Flea, on la voit et la sent dans son morceau qui ouvre l’album A Plea. Sa dimension humaniste est hors route ; elle porte en elle sa maturité et sa compréhension. C’est l’envie de laisser un héritage serein au futur des plus jeunes sans avoir à entendre le mot « guerre ». « Beside love, this is cowardise » : ces paroles ne se traduisent pas, elles sont universelles. On plonge dans un monde individualiste et c’est tout ce que les Red Hot Chili Peppers avait annoncé, dans un même tumulte de cicatrices du passé. Flea se met en scène, il devient fou et laisse son énergie transparaître, comme à l’époque où il enflammait la scène face à l’éveil d’un soulèvement populaire. « Save the world, we’re here together. » On parle d’un monde qui s’effondre sous nos propres actions ; l’Amérique s’efface dans tout ce qui enrichit la guerre : « Je me fous de vos foutus politiques ». 

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Les accords rachidiens 

Les paroles mêmes de Maggot Brain résonnent dans l’actualité de notre décennie. Flea, admirateur du groupe Funkadelic, porte les mêmes valeurs altruistes que Georges Clinton, leader du groupe à l’époque : « C‘est l’une des personnes que je préfère parmi toutes celles qui n’ont jamais foulé cette planète. Je me suis dit que ce serait vraiment sympa de lui rendre hommage, ainsi qu’à Eddie Hazel, que j’admire énormément, et à toute la galaxie P-Funk » 

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Dans cette même spiritualité et mise en abyme d’une souffrance confessionnelle, propre au jazz, porté par la voix de Nick Cave, il affirme avoir recherché la voix parfaite pour ce message : « Il m’avait dit à quel point il adorait Jimmy Webb, qu’il le considérait comme son compositeur préféré ». Dans cette foule immense, rien n’est comparable à la solitude que l’on vit en dehors de la scène, ni à cette envie de vivre comme les autres pour enfin laisser l’inspiration nous transpercer. L’homme, dur et vulnérable, entend le bruit des lignes et, de là, niassent les inspirations nourries par le feu des sentiments. Wichita Lineman offre ainsi la temporalité exhaustive d’un personnage isolé dans un quotidien monotone. 

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Honora est tout un patrimoine culturel porté par l’énergie de Flea, avec une modernité propre que l’on peut s’attribuer dans tous les questionnements existentiels et les doutes face à des gouvernements qui se veulent hypocrites quant à notre bien-être. L’album de Fleaentouré par la fine fleur de la scène jazz actuelle de Los Angeles, le producteur et saxophoniste Josh Johnson, le guitariste Jeff Parker, la bassiste Anna Butterss et le batteur Deantoni Parks, interroge jusqu’à nous rendre acteurs de notre vie, telle que nous sommes en train de la soumettre. 

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Honora est disponible via Nonesuch RecordsEn tournée et à Paris (Alhambra) le 28 et 29 mai 2026. (Complet). 

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Texte Andréa Martins

Image de couverture Shutterstock

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