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Lors de son dernier show à la Paris Fashion Week, Matières Fécales a présenté un défilé aussi dérangeant que symbolique, intitulé 1%. Fidèle à son esthétique radicale, la griffe transforme le podium en manifeste visuel : une critique frontale de l’élite et du système de pouvoir qu’elle incarne. Fondée par Hannah Rose Dalton et Steven Raj Bhaskaran, la marque s’est construite autour d’une esthétique post-humaine, gothique et dystopique. Les créateurs perturbent volontairement les normes traditionnelles de beauté et de statut social, brouillant les frontières entre humain, créature et objet.
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Avec 1%, cette démarche prend une dimension encore plus politique : le défilé devient une allégorie visuelle de la fracture entre une élite ultra-privilégiée et le reste du monde.
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Une critique directe du « One Percent »
Le titre du défilé n’est pas anodin. The One Percent fait référence au 1% des personnes les plus riches de la planète. Toute la collection tourne autour de cette critique : la richesse extrême, le pouvoir économique et la manière dont ce pouvoir finit par produire une profonde distorsion sociale. En transformant les figures de l’élite en personnages presque grotesques, Matières Fécales met en scène une question centrale : que devient une société lorsque le pouvoir et la richesse se concentrent entre les mains d’une minorité ?
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Une dystopie aristocratique
Le show oscille entre drame aristocratique et futur dystopique. Les silhouettes évoquent une aristocratie déformée par son propre pouvoir, comme si l’élite avait évolué dans une direction presque inhumaine. Matières Fécales transforme le runway en une critique du pouvoir et du privilège.
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Mais le défilé ne fonctionne pas uniquement comme une dénonciation. Il crée aussi une forme de fascination, presque comme un freak show contemporain. Historiquement, les freaks shows exposaient des corps considérés comme « différents » : les minorités, les personnes handicapées ou celles qui ne correspondaient pas aux normes. Ici, la logique est inversées : les « freaks » ne sont plus les marginalisés, mais l’élite elle-même, présentée comme une caste aux comportements si éloignés du reste du monde qu’ils en deviennent presque absurdes, voire clownesques.
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Le maquillage comme métaphore du pouvoir
Le maquillage joue un rôle centrale dans la narration du défilé. Réalisé avec MAC Cosmetics, il accentue la transformation des corps : visages figés, lèvres déformées, contours dramatiques. Plus qu’un simple choix esthétique, il agit comme une véritable métaphore visuelle. Le maquillage semble montrer comment le pouvoir ainsi que ses normes de beauté peut déformer et déshumaniser le corps, transformant les figures de l’élite en personnages presque grotesques. Cette approche renforce l’idée que les silhouettes ne représentent pas seulement des individus, mais des symboles de structures sociales.
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Des silhouettes comme armures sociales
Les vêtements participent à cette narration. Les coupes sont rigides, les volumes exagérés, les silhouettes presque architecturales. Certains manteaux et pièces structurées ressemblent à des armures. Comme si les vêtements servaient à protéger ceux qui les portent non seulement physiquement, mais socialement. L’élite apparaît alors isolée, enfermée dans ses propres codes et signes de pouvoir.
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La mode comme critique sociale
Avec 1%, Matières Fécales utilise la mode comme outil de contestation. Le défilé ne se contente pas de proposer des silhouettes spectaculaires : il fonctionne comme une performance critique. Dans un contexte où les inégalités et les privilèges sont de plus en plus débattus, le show agit presque comme un commentaire visuel sur notre propre époque. L’aristocratie contemporaine n’y est plus glamour ni enviable : elle apparaît étrange et profondément déconnectée.
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Un miroir inquiétant de notre époque
Le défilé 1% laisse finalement une impression troublante. En transformant les figures de l’élite en créatures dystopiques, Matières Fécales nous pousse à regarder autrement les structures de pouvoir qui façonnent notre société.
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Texte Nefertari Remir
Image de couverture @matieresfecales
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