/
La sélection Modzik pour sonoriser ton weekend.
/
2L – ENCHANTÉE
Nouvelle École, la Nouvelle Star de Netflix version rap est critiquée pour ses valeurs mercantiles et compétitives (battre les autres pour gagner 100.000€, chercher l’artiste le plus rentable plutôt que la proposition la plus forte). Ironie du sort : la vraie gagnante de la dernière saison (pourtant éliminée en finale) revendique des valeurs contraires à celles de la télé-réalité musicale. Fière représentante du 20ème arrondissement de Paris, 2L a 22 ans. Très engagée politiquement, elle est antifasciste, féministe et anticapitaliste. Elle porte ses luttes dans sa musique et impressionne autant par sa maîtrise du rap que du violon, qu’elle utilise parfois sur scène. Elle cumule aujourd’hui plus du double d’auditeurs mensuels sur Spotify (516 000) que Shayne, le gagnant officiel de l’émission streamable. Avec Enchantée, 2L reste fidèle à elle-même tout en tirant des leçons de Nouvelle École. Elle continue de transmettre des messages anti-conservateurs et d’exprimer sa méfiance envers le business musical (« entre nous y a la musique, le trait d’union, mais ses travers nous répudions ») dans un rap où la technique d’écriture prime sur les refrains faciles et les toplines entêtantes. Ses valeurs passent aussi par l’image. La réalisation est assurée par Isaac Cyel qui la filme dans les rues de son arrondissement ou devant un kebab, entourée de ses amis et de Guerta, rappeur de la même promo Netflix aux références rap communes. Pour conserver le public acquis, 2L soigne son image et son son. Elle fait appel au styliste Jamal Belabbes et alterne streetwear et tenue noire plus élégante. Côté musique, elle réunit Tseu Olaf (son ami et fidèle beatmaker), Ezis (compositeur sur Nouvelle École) et Ivy (compositeur plus pointu de la scène actuelle) pour une alliance sonore bien pensée. Le pari est réussi : 2L livre un rap fidèle à elle-même, porté par une musicalité actuelle et efficace. (AC)
Enchantée est disponible via Hall26 Records. En concert à Paris (Hyperweekend Festival) le 24 janvier 2026 et (Adidas Arena) le 31 janvier 2026.
/
HARRY STYLES – APERTURE
Harry Styles frappe fort avec Aperture, son premier single depuis plusieurs années, et il ne joue pas la carte du confort. Extrait de son quatrième album, Kiss All The Time. Disco, Occasionally. prévu le 6 mars, le morceau sort sans clip, un choix rare pour un artiste de son calibre qui met immédiatement la musique au centre de l’expérience. Dès l’intro, on est happé par un groove hypnotique : des synthés enveloppants, une basse profonde et des percussions inspirées du club et de la house forment un tapis sonore dense sur lequel chaque élément semble dialoguer avec les autres. La structure du titre refuse les formules couplet/refrain classiques, préférant une progression graduelle et immersive, où arpèges, motifs rythmiques et nappes électroniques se superposent et créent une tension continue. La voix de Styles, parfois noyée dans ces textures, devient un instrument parmi d’autres, accentuant l’effet contemplatif du morceau et offrant un contraste avec les hits immédiatement accessibles de ses précédents albums. Le groove navigue entre retro‑disco et techno contemporaine, donnant au titre à la fois un côté dancefloor nocturne et une atmosphère introspective. Les synthés construisent un paysage sonore qui évolue tout au long des cinq minutes, jouant sur la lumière et l’ombre. L’absence de clip oblige l’auditeur à se concentrer sur chaque détail sonore, à ressentir le souffle et la densité de la production, et à accepter que l’expérience musicale prime sur le visuel. Produit avec Kid Harpoon, Aperture montre un Harry Styles en explorateur sonore, qui cherche à élargir son vocabulaire pop en intégrant des textures électroniques et des rythmiques club sophistiquées. C’est un pari risqué, parfois abstrait, mais fascinant : au lieu de séduire immédiatement, il impose un univers immersif et exigeant. Avec cet extrait, Kiss All The Time. Disco, Occasionally. promet un album qui pourrait redéfinir sa pop, en la rendant plus mature, nocturne et texturée, où la danse et la contemplation coexistent dans un même espace sonore. (LFC)
Aperture est disponible via Erskine Records/Columbia/Sony. En tournée mondiale (Amsterdam, Londres, New York, Sydney…)
/
AVALON EMERSON & THE CHARM – JUPITER & MARS
Jupiter & Mars s’élève comme une brise légère mais chargée d’énergie, qui contraste avec le dense et mélodique Eden, premier extrait de Written Into Changes (20 mars 2026). Les guitares, aériennes à la U2, dessinent des paysages vastes sur les couplets, tandis que les nappes électroniques gagnent en ampleur et en relief dans le refrain, emportant l’auditeur dans un vertige mélodique maîtrisé. Co-produit avec Rostam Batmanglij, ancien membre de Vampire Weekend et producteur pour des artistes tels que Haim, Carly Rae Jepsen ou Charli XCX, le morceau combine maîtrise technique et sens de l’émotion, offrant un équilibre subtil entre pop et textures électroniques. Le clip, signé Ben Turok, prolonge cette sensation de flottement, rappelant « la fraîcheur d’une bière à l’ombre d’une grande vague », comme le décrit Avalon elle-même. Musicienne et productrice aux multiples talents, Avalon Emerson a longtemps été reconnue pour ses DJ sets à travers Berlin, Los Angeles et New York, façonnant un univers sonore exigeant. Avec The Charm, elle traduit cette expérience en chansons, mêlant électronique et arrangements organiques tout en plaçant sa voix au centre de la narration. Written Into Changes, album autobiographique construit sur cinq années de voyages et de transformations, illustre sa capacité à transformer les expériences personnelles en musique vivante et ouverte. Jupiter & Mars annonce un album qui ose le changement, célèbre la lumière et confirme Avalon Emerson & The Charm comme une force créative singulière dans la pop contemporaine. (LFC)
Jupiter & Mars est disponible via Dead Oceans. En concert à Paris (Badaboum) le 4 avril 2026.
/
FireClub – STOP THE CLOCK TOMORROW IS WORSE
Le temps semble traverser Stop The Clock Tomorrow Is Worse comme une inquiétude persistante. Sur ce nouveau single, FireClub transforme l’enfance en matière vivante et fragile. Nés à Avignon sous le nom de Bloom, d’abord en trio, Jules Bon (chant, guitare) et Pierre Hugonnet (batterie) ont resserré le projet en duo à partir de 2022, trouvant dans cette configuration réduite une nouvelle liberté sonore. Désormais installés à Marseille, ils signent une musique plus poreuse, où les synthés s’infiltrent dans une ossature indie rock toujours bien ancrée. Le morceau s’étire avec élégance, chaque motif se superpose comme un fil conducteur dans lequel le passé et le présent dialoguent. Ce single fait écho à Plastic Doll, extrait de leur premier album FireClub, prévu le 24 avril 2026, un disque de dix titres qui navigue entre les ballades aériennes (Starchaser), les guitares saturées (No More Reason), le punk débridé (Overflow) et les éclairs immédiats de pop-rock (Shooting Star)… Stop The Clock Tomorrow Is Worse est un hommage aux liens invisibles qui nous soutiennent malgré la perte et la fragilité des repères, une immersion dans l’enfance et ses souvenirs, mais aussi dans la conscience du temps qui passe. FireClub montre ici que la subtilité et la mélancolie peuvent être tout aussi puissantes que la furie du rock, et qu’un duo peut porter une musique expansive et personnelle. (LFC)
Stop The Clock Tomorrow Is Worse est disponible via FireClub/PAPE.
/
SAMM HENSHAW – HAIR DOWN
Samm Henshaw frappe fort avec It Could Be Worse, un album qui respire à la fois vulnérabilité et maturité. Dès l’ouverture avec Don’t Give It Up, le ton est donné : des envolées vocales hypnotiques et des arrangements organiques posent une atmosphère intime, où chaque note semble respirer l’expérience personnelle de l’artiste. « L’album permet de mettre en perspective ces quatre ou cinq dernières années et de tout condenser dans son titre », confie Samm. Les onze titres explorent les conséquences d’un chagrin d’amour, la guérison et la clarté qui en découle, tout en intégrant une palette musicale large mêlant soul, R&B, funk, indie et touches alternatives. Hair Down s’impose rapidement comme un hymne au lâcher-prise, invitant à relâcher la tension quotidienne, tandis que Closer et Float capturent un esprit très Marvin Gaye, alliant sensualité et émotion profonde, avec une intensité vocale qui touche directement. L’album a été enregistré avec de vrais musiciens, et cette chaleur organique est accentuée par le choix rare de sortir d’abord le vinyle. Samm impose ainsi une écoute complète et attentive, loin du zapping numérique, rappelant que chaque titre est pensé comme un chapitre d’un récit cohérent. Coproduit avec Anoop D’Souza, OGI et Josh Grant à Los Angeles, It Could Be Worse déploie un équilibre parfait entre émotion et sophistication sonore. L’album se révèle comme un voyage émotionnel où la soul de Samm Henshaw se fait à la fois sensuelle, chaleureuse et résolument moderne. Il confirme qu’il sait transformer la vulnérabilité en musique émouvante et profondément personnelle. (LFC)
Hair Down est disponible via Dorm Seven/AWAL. En concert à Paris (Pop Up du Label) le 15 mars 2026.
/
ARCTIC MONKEYS – OPENING NIGHT
Opening Night est le premier titre inédit depuis 2022 d’Arctic Monkeys, enregistré en novembre 2025 aux mythiques Abbey Road Studios, comme pour inscrire ce retour dans une forme de solennité hors du temps. Le morceau s’inscrit dans la continuité de leur virage cinématographique : une rythmique lente et hypnotique, presque cérémonielle, qui s’installe sans jamais vous lacher. Les textures feutrées, élégantes, renforcent cette sensation nocturne hors du temps. Au centre, la voix d’Alex Turner, toujours aussi fascinante, joue avec le clair-obscur. Opening Night ouvre l’album caritatif HELP(2), projet collectif au profit de War Child, organisation venant en aide aux enfants touchés par les conflits armés. Héritier de la compilation culte Help (1995), HELP(2) réunit une affiche impressionnante : Depeche Mode, Pulp, Damon Albarn, Olivia Rodrigo, Fontaines D.C., Foals, Arlo Parks, Big Thief, entre autres. Arctic Monkeys y signent un retour à la fois esthétique, engagé et profondément maîtrisé, rappelant que le rock allie encore élégance, conscience et gravité. (LFC)
Opening Night est disponible via War Child Records.
/
CHARLIE PUTH – BEAT YOURSELF UP
Charlie Puth dégaine un single groovy qui sent bon l’été et les vitres ouvertes. Deuxième single extrait de Whatever’s Clever!, attendu le 27 mars 2026, Beat Yourself Up confirme une orientation pop plus organique et solaire. La rythmique est presque funky, et entraîne le titre sur une vibe immédiatement accrocheuse. Derrière cette légèreté apparente se cache pourtant un thème plus introspectif : arrêter de se battre contre soi-même, desserrer l’étau de l’auto-culpabilité. Le titre navigue entre pop contemporaine et réminiscences 80/90, sans nostalgie appuyée. La production, co-signée avec BLOODPOP (Gaga, Bieber, Madonna…) privilégie la chaleur et la fluidité plutôt que l’esbroufe. Les cuivres apportent une texture organique et festive, tandis que les back vocals féminins élargissent l’espace, donnant au morceau une texture presque soul. Tout est pensé pour servir la mélodie et laisser la voix de Puth au centre, mélodique et maîtrisée. Pas de révolution, mais une pop affûtée, et efficace, taillée pour illuminer notre hiver. (LFC)
Beat Yourself Up est disponible via Atlantic Records/Warner. En concert à Paris (Olympia) le 13 juillet 2026.
/
