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Comédienne et musicienne, Camille Constantin Da Silva est née dans une famille franco-brésilienne. Poétesse satirique, elle habite dans l’œil de celui qui la regarde, quelque part entre la France et le Brésil. Elle chante bilingue, pense à l’envers et emmêle les paroles entre absurde et mystique. La chanteuse dévoile son premier album éponyme Gildaa. 

« Je suis née à la fin du 18ème siècle mais je parais jeune ». Son autre soi, qu’elle a créé pour enrichir ses facettes les plus enfouies, est présent dans toutes ces représentations visuelles et sur scène. Si c’est le public qui donne vie à Gildaa, c’est car dans la foule des applaudissements, son autre ressort avec toute l’énergie que l’on lui offre pour éclater dans un dynamisme de communion mémorielle.  

 

L’héritage, sa boussole hors du temps 

Sa voix transcende les rythmes afro-brésiliens, l’électro ou le violon de son enfance, jusqu’à la transe, pour faire hommage à ses ancêtres et faire parler différents mondes. « Gildaa, c’est sept générations de femmes qui dialoguent. C’est quelqu’un qui prend possession de moi lorsque je fais de la musique ».

 Mainha ouvre la voie à l’album qui en laisse déchiffrer le mystique comme un murmure dans ses appellations de Maria Padilha, figure des religions afro-brésiliennes, également connue sous le nom de Dame de l’aube, Reine des carrefours et Dame de la magie. Sa dynastie féminine, présente dans les miroirs de Tout pour plaire, nous fait rentrer dans une dimension surnaturelle où ses origines lui parlent : Gildaa guide ses pas vers la danse et la rencontre de son public. Les scientifiques peuvent nommer cette transe comme bipolaire, notamment dans Pensées Diluviennes, lorsqu’elle fait référence au mal-être intérieur. Pour les éveillées, c’est la révélation des âmes vers celle, bruyante, qui croise le milieu terrestre : un court instant où le présent s’échappe en offrande dans un monde ténébreux, vers une gratitude des mondes invisibles. Vela Velha désigne cette présence maternelle comme réconfortante : un souvenir qui soigne autant qu’il fait peur dans le tunnel d’Utopiste. Femme de feu et de danse, l’inexplicable fait vibrer le sang, hérisse les poils de notre peau pour que nous la sentions en nous comme une étincelle, le cigarillo au bout des lèvres avant d’enflammer la scène. 

 

 

Le rouge, symbole de son amour 

On aimerait pouvoir chanter avec le même timbre qu’elle pour laisser entrer dans notre intérieur toute l’énergie mystique qu’elle partage. Plus il est aigu, plus la montée en transe arrive. Alma Gemea nous raconte cette rencontre spirituelle difficile à travers plusieurs éléments liés aux peurs, à travers les témoignages de sa lignée. On réajuste la structure en plaçant toutes les pièces au bon endroit puisque l’Equilibre est atteint « lorsque le fauteuil se regarde en face de l’autre. » Il n’y a pas de mal à recevoir l’amour quand le signe bienveillant se porte pour ne jamais se sentir solitaire. Sa beauté radieuse et environnante se propage dans des couleurs propres à celles qui attire le sang et la douleur : le rouge porte le symbole des roses et de l’hémoglobine qui sort de leurs épines ; le chapeau révèle son mystère, où l’on n’y voit clairement que ses lèvres, douceur occulte, et la sensualité réside dans sa douleur, interprétée comme une obsession des erreurs fatales, balayée d’une robe blanche comme un retour à la pureté. Tous ces éléments sonores et visuels forme l’entité qu’elle appelle, et le noir qui coule le long de son regard est le fond pour que toute la vivacité se découvre à la juste intention du coloris.

Gildaa est disponible via Grand Musique Management. En tournée et en concert à Paris (La Cigale) le 28 mai 2026.

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Texte Andréa Martins

Image de couverture ©Yndi Da Silva

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