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Après deux albums en seulement deux ans, plusieurs collaborations internationales et une ascension fulgurante, Shallipopi s’impose comme l’une des voix montantes de la scène nigériane. Pour la sortie de Auracle, l’artiste nous livre un échange marqué par une énergie communicative où il partage avec sincérité les inspirations, les ambitions et la passion qui ont nourri cet album.

 

 

Entre quête identitaire et ambition mondiale, Auracle se présente comme un projet ambitieux et pleinement abouti. En 22 titres, Shallipopi explore un afrobeats aux influences multiples, où les morceaux se succèdent naturellement et où les collaborations viennent élargir l’horizon sonore.

Plus qu’un simple titre, Auracle incarne la vision artistique d’un artiste en pleine mutation, désireux de rassembler au-delà des frontières. « Le mot « Auracle » représente beaucoup pour moi. C’est comme une manière d’annoncer mon entrée dans une nouvelle ère. Je voulais que le monde le ressente, que les clubs le ressentent, que les jeunes le ressentent… que tout le monde le ressente », explique-t-il. Cette volonté d’inclusivité se ressent tout au long du projet. Auracle ne s’adresse pas à un public précis, mais à une multitude d’auditeurs, réunis par la musique. L’album semble reposer sur le partage et pensé pour circuler entre les scènes, les cultures et les continents.

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©sonymusic.fr

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Une identité sonore singulière 

Sur plusieurs morceaux comme sur le titre Eyo, une voix féminine apparaît en arrière-plan, presque comme une présence envoûtante, donnant une profondeur supplémentaire à l’ensemble. Un choix de l’artiste qui est loin d’être anodin : « Les chœurs ont été assurés par mon artiste Ria. J’ai voulu ajouter une voix féminine pour donner de la vie aux morceaux, une dimension spirituelle. Ça rend la musique plus vivante », confie Shallipopi.

L’album joue aussi avec une narration fragmentée. Certains titres semblent se répondre sans se suivre directement, c’est le cas pour le titre Laho où Shallipopi nous propose une partie II et III remixées avec d’autres artistes, créant alors un dialogue à distance entre les morceaux. « J’ai préféré séparer les chansons parce qu’elles ont chacune un son différent. C’était plus cohérent artistiquement », explique l’artiste. Si les titres partagent parfois le même nom, chaque version explore un univers distinct : l’une ancrée dans la culture africaine avec Burna Boy (Laho II), une autre tournée vers le reggaeton et la culture hispanique aux côtés de Rauw Alejandro (Laho III).

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Le mot d’ordre de cet album pourrait être : l’échange, puisque pour Shallipopi, la création naît avant tout de l’instant et du collectif. « Mon inspiration vient surtout de l’ambiance en studio : moi, mon producteur, parfois mon manager, ma famille… On est là, on vibe ensemble », raconte-t-il. Une énergie nourrie par l’entourage mais aussi par la découverte d’autres horizons. Car pour la création Auracle, le voyage semble avoir joué un rôle clé : « Pour cet album en particulier, j’ai aussi été très inspiré par les voyages. Voyager m’apporte énormément ».

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Collaborations et ouverture culturelle

Déjà remarqué sur HEIS de Rema avec le titre BENIN BOYS, Shallipopi poursuit dans son nouvel album cette dynamique de collaborations internationales. De Wizkid à Swae Lee, en passant par Gunna, les featurings se multiplient, sans jamais faire perdre son identité à l’artiste.

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Parmi eux, une collaboration retient particulièrement notre attention, celle avec Keblack, représentant de la scène française. Sur leur titre Opeuhh, on retrouve les sonorités afrobeat de l’artiste nigérien mêlées à l’énergie mélodique et plus urbaine de Keblack, nous offrant ainsi un morceau aux mélodies internationales et multiculturelles. Une rencontre que Shallipopi garde d’ailleurs en mémoire : « Ce que j’aime chez les artistes français, c’est leur culture. Travailler avec Keblack, c’était vraiment cool. On a enregistré au Ghana, lors d’une session ensoleillée en studio. C’était tard, mais très inspirant. Ça m’a permis de découvrir un autre son, une autre approche de la musique ».

Ces connexions se créent parfois naturellement, parfois via l’industrie. « La plupart de mes collaborations se passent grâce à des relations personnelles, d’autres artistes, ou via mon label, Sony Music », précise-t-il. Mais collaborer n’est pas synonyme de compromis pour l’artiste : « Ça ne change pas ma manière de penser la musique, mais ça me rend plus ouvert, plus conscient et plus cultivé musicalement ».

Aujourd’hui, la musique de Shallipopi dépasse largement les frontières du Nigeria. Une reconnaissance internationale qu’il accueille avec humilité. « Je suis très heureux que ma musique voyage et que d’autres régions du monde puissent en profiter », confie-t-il. Si son public s’élargit, sa démarche reste intacte : « Ça ne change pas vraiment ma manière de créer. Ça élargit simplement mon horizon ».

Et la suite s’annonce déjà très prometteuse : « Je travaille sur le prochain album », révèle-t-il, avant de confirmer un passage très attendu : « Cette année, je serai à Paris, notamment pour la Fashion Week ».

Avec la sortie de Auracle, Shallipopi nous prouve que sa musique ne connaît pas de frontières mais au contraire, semble être penser comme une véritable ouverture vers le partage.

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Texte Marie Landais

Image de couverture Droits réservés

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