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Après près de 25 ans passés derrière les claviers, entre collaborations, DJ sets et concerts, Mattias Mimoun choisit enfin de mettre son nom au premier plan avec Ivoire, un premier album à l’image de son parcours : libre, éclectique et résolument inclassable. Nourri par ses influences classiques, jazz, pop, arabes et scandinaves, le pianiste parisien y livre une vision personnelle de son instrument, loin des étiquettes et des frontières entre les genres. Rencontre avec un musicien qui revendique avant tout la curiosité et le partage.
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Pourquoi avoir choisi de sortir Ivoire, votre premier album, maintenant ?
Pendant le Covid, alors que je passais beaucoup de temps chez moi, forcément enfermé, que j’ai joué beaucoup plus de piano que d’habitude. Je faisais des lives quotidiens tous les jours à 17 h, et ça a très vite pris de l’ampleur. J’avais des retours hyper positifs : ça apportait de la joie, de la vie chez les gens.
J’avais aussi quelques idées de morceaux qui traînaient depuis plusieurs années, en parallèle de mes collaborations. Une idée est devenue un morceau, puis une deuxième idée est devenue un deuxième morceau, et je me suis dit que j’avais de quoi faire un album, qu’il était temps de sortir le mien. Parce qu’en réalité, j’avais surtout fait des collaborations jusque-là : avec Polo & Pan, de la techno sur un label avec un projet qui s’appelait Autority, et j’ai longtemps été le clavier d’un groupe qui a beaucoup tourné, Scenario Rock, avec qui on a fait des premières parties de Justice à leurs débuts. J’ai aussi été très proche d’Ed Banger.
Je pense qu’il m’a fallu tout ce temps pour me dire, pleinement, que j’étais pianiste à part entière et que ce piano méritait un album à mon nom.
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Après 20 ans dans l’ombre, comment avez-vous conçu cet album ? Quelle vision souhaitiez vous transmettre au public ?
Je voulais exprimer ma vision personnelle du piano. Mon activité de pianiste, ces 15 dernières années, c’est surtout de jouer pour des événements privés, où j’ai développé un concept de « DJ au piano » : j’enchaîne des tubes un peu comme un DJ, mais au piano, en rejouant du rap, de la disco, de la house, des morceaux qu’on n’a pas l’habitude d’entendre réinterprétés au piano. Ça m’a beaucoup aidé pour développer mes propres morceaux.
J’ai voulu proposer ma vision, parce que je ne me considère ni comme un pianiste de jazz ni comme un pianiste classique, ce sont pourtant mes deux formations. Mais à travers cette activité de reprises, où je rejoue énormément de pop, j’ai aussi développé une vision très pop du piano. En gros, c’est un peu la synthèse de ma manière de voir le piano aujourd’hui : ni classique, ni jazz, ni pop, mais un mélange de tout ça. C’est le piano selon Mattias Mimoun.
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En quoi vos origines tunisienne et suédoise façonnent-elles votre identité musicale ?
Les deux origines de mes parents sont très importantes dans mes compositions. Le côté tunisien a développé chez moi un goût pour les gammes orientales : je suis très sensible à la musique arabe traditionnelle, notamment à des chanteuses comme Oum Kalsoum, égyptienne. Je suis très touché par cette musique traditionnelle arabe. Et du côté scandinave, il y a une certaine mélancolie dans la musique nordique, qu’on retrouve aussi dans la peinture, la poésie, la littérature ou le cinéma scandinaves. Je pense que cette mélancolie propre à la musique nordique m’a beaucoup inspiré.
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Vous êtes aussi DJ, quelle place laissez-vous à l’improvisation dans vos sets ? Les construisez-vous de manière différente que votre activité de pianiste ?
Je pense avoir la même démarche au piano solo qu’en DJ set. Avec l’expérience, j’ai développé une certaine forme d’adaptation au public. J’arrive très vite à cerner l’ambiance, à travers la tranche d’âge ou même les styles vestimentaires. Je pense que ça dit beaucoup de ce que je vais jouer. En fait, j’essaie déjà de ne pas jouer pour moi, mais vraiment pour les gens. J’essaie de sentir l’atmosphère, et ça va beaucoup guider mon choix de morceaux.
Le mood dans lequel je suis va aussi influer sur ce que je vais jouer : si je suis plutôt happy, je vais partir sur des morceaux qui donnent le sourire. Si je suis dans un mood plus mélancolique, je vais peut-être jouer des choses plus profondes. Mais dans tous les cas, j’essaie toujours d’aller dans le sens du public, d’être dans le partage plutôt que dans quelque chose d’introspectif.
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Comment aimeriez-vous qu’on se souvienne de vous dans 20 ans ?
Dans 20 ans ? J’aimerais qu’on retienne mon goût de la curiosité, mon côté éclectique, et le fait que je sois inclassable. J’ai toujours été un peu contre l’idée de catégoriser, surtout en musique, d’être enfermé dans une case. Donc oui, j’aimerais qu’on retienne que je suis un artiste libre, hors des cases.
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Ivoire est disponible via MM Music.
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Texte Marie-Kiara Broussard
Couverture Droits réservés
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