Le mouvement Black Lives Matter a déclenché une révolution assez générale pour réveiller la mode et réenvisager son avenir. La communauté mode a montré qu’elle est prête à se battre pour la justice sociale. Cela vaut la peine de se demander comment, après la solidarité manifestée depuis le décès de George Floyd, l’industrie sera aux prises avec l’injustice raciale dans ses propres rangs. Notre monde regorge de diversité, mais comment se fait-il que cela ne se reflète pas dans la mode ? À la lumière des protestations de Black Lives Matter dans le monde entier, voici comment la mode prend part, d’une certaine manière, au mouvement.

Des vendeurs vintage organisent une vente pour Black Lives Matter

Alors que les grandes marques luttent pour mettre leur politique en ligne, ce sont les entreprises indépendantes qui ouvrent la voie en matière de dons et d’initiatives caritatives. La boutique française en ligne Nina Gabbana Vintage en fait partie. L’archiviste, spécialisé dans les pièces emblématiques des années 90 et 2000, a rassemblé un groupe de vendeurs de friperie ou de boutiques de déstockage pour une vente caritative au profit du mouvement. À compter d’aujourd’hui, les magasins participants mettront chacun de 1 à 8 articles en vente, qui seront annoncés sur les pages des vendeurs et avec le #VTG4BLM.

Le phénomène du Vogue Challenge

© Salma Noor

Il y a un nouveau défi viral sur les médias sociaux, mettant en avant les créatifs noirs qui ont été largement négligés par l’industrie de la mode. Appelé #Voguechallenge, il est né sur Tiktok à la mi-mai avant de prendre un nouveau sens au milieu des mouvements Black Lives Matter au cours des dernières semaines. Le défi est devenu viral sur Twitter et Instagram, où des milliers d’utilisateurs imaginent leurs propres versions de la couvertures du Vogue. Le mouvement répond à la lettre d’Anna Wintour admettant que “Vogue n’a pas trouvé suffisamment de moyens d’élever et de donner de l’espace aux éditeurs, écrivains, photographes, designers et autres créateurs noirs“. Une preuve que les pontes de la mode commence à réaliser le manque de visibilité des créatifs noirs.

C’était quoi le #Blackouttuesday ?

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#BLACKOUTTUESDAY

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La semaine dernière a vu plusieurs tentatives d’activisme antiraciste, en particulier sur les médias sociaux. Le 2 juin signe le #Blackouttuesday, le monde a partagé des carrés noirs sur Instagram en l’honneur de George Floyd. Les médias sociaux sont devenus une ressource précieuse pour diffuser la sensibilisation, mais ils doivent être utilisés avec conscience. Certains messages sur #Blackouttuesday ont, pour certains, plus étouffé l’actualité qu’autre chose. L’influenceuse Leonie Hanne, faisant écho aux voix d’autres influenceurs et de marques qui ont participé au mouvement #Blackouttuesday, a d’ailleurs insisté sur l’importance d’écouter, de s’éduquer et de réfléchir à l’espace donné aux voix de la communauté noire. Par ailleurs, en France, les créateurs Olivier Rousteing, Simon Porte Jacquemus et Felipe Oliveira Baptista ont marqué leur soutien, en allant se joindre à la foule des manifestants lors de la marche en hommage à Adama Traoré. 

S’éduquer et remettre en question le système de la mode

© Daniel Obasi

C’est notre devoir de nous remettre en question et de nous éduquer sur le racisme. Beaucoup hésitent à parler de race parce qu’ils ont peur de se tromper. Bien sûr, nous voulons bien faire les choses, le souci de la critique tient toujours, et il y a beaucoup d’émotions exacerbées en ce moment. Certains influenceurs, les célébrités et les entreprises hésitent à utiliser les médias sociaux ces derniers jours, mais il ne faut pas oublier que le silence n’est pas une position neutre. Désormais, il est important de prendre la parole et suivre l’inclusivité sous toutes ses formes – de l’utilisation de créateurs noirs à la diversification des lieux de travail – en travaillant ensemble, de façon réfléchie, nous pouvons susciter de véritables changements.