Le Phénomène du « it » a envahi la mode ses dernières années. La « It girl » porte un it-bag, et sort perchée sur ses « it shoes », mais qui est-elle réellement ? Souvent en contacte avec des marques émergentes ou l’industrie de la mode en elle-même la « it-girl » met son image à la disposition des marques. Véritable lanceuse de tendances elle est suivie de près par les professionnels et admirée par les adeptes de la mode. Petite typologie de la It Girl.

Par Mélody Thomas

Les filles de…
Les premières « it girls » furent les filles de familles aisées qui réussirent à s’affranchir du carcan familial en fréquentant les milieux artistiques. Elles ont fait leur apparition avec l’émancipation de la femme. Filles éduquées, elles appartiennent à une caste où le luxe est abordable.  À l’instar d’Edie Sedgwick, elles sont avant-gardistes, écument les milieux artistiques et ont souvent inspiré peintres, photographes, créateurs et musiciens. Les « filles de » se sont instaurées comme la première vitrine des boutiques et créateurs, elles furent parmi les premières à lancer ou défaire les tendances. Aujourd’hui, on a en tête Alexa Chung ou Georgia May Jagger.

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Les supermodèles
C’est dans les années 90 que le règne des Supermodèles s’établit. Plus que de simples êtres de chair mettant le vêtement en volume, les modèles deviennent de véritables muses pour les créateurs. Naomi Campbell, Claudia Schiffer, n’ont pas marqué les esprits que sur le podium. C’est aussi la première fois qu’on reconnaît l’importance de la personnalité pour un modèle et que ceux-ci se retrouvent véritables stars de la presse people. Leurs déboires, leur réussite et leur apparition dans des lieux branchés, des clips en vogue, ont fait d’elles des êtres intemporels dont le nom vient concurrencer celui des designers dont elles portent les pièces. Véritables divas, elles semblent venir d’une autre planète inaccessible et, c’est ce qui fait leur popularité. Un nouvel imaginaire de la femme parfaite se crée à travers ces supermodèles hyper-féminins.
Supermodeles

Le point culminant : Kate Moss
Kate Moss a été un tournant important dans le monde de la mode. Le supermodèle a révolutionné l’image du mannequinat à elle seule. Loin des beautés en papier glacé, sont regard et son esprit rebelle lui ont permis d’atteindre les sommets. Véritable star des podiums et des covers, égérie des créateurs et des tabloïds, le dernier supermodèle a su conquérir l’industrie dès ses débuts et a su se rendre indispensable malgré ses déboires peoples. Son visage reste le favori des griffes qui l’adoptent facilement comme égérie comme l’a prouvé Céline dans sa dernière campagne. It Girl par excellence car chaque produit qu’elle porte devient un « must-have ».

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Les nouveaux visages
Cara Delevingne, Karlie Kloss, Joan Small et Freja Erichsen font parties de ces nouveaux visages qui doivent l’accès à leur statut de privilégiée aux portes enfoncées par leur aînées Kate Moss, bien entendu, mais aussi la rebelle Agyness Deyn. Modèles favoris du moment, leurs personnalité est plus souvent mise en avant que leur beauté ou leur physique. Ce sont elles qui font la mode d’aujourd’hui, une mode urbaine et frondeuse qui inspire les créateurs. Descendantes de Kate Moss oui, mais sans avoir (encore) cette intemporalité qui peut faire d’elles des supermodèles. Reste à savoir si c’est ce qu’elles tendent à devenir, filles de caractères, intelligentes et drôles elles ne se satisfont plus vraiment du rôle de mannequin d’autrefois. On pense par exemple à Edie Campbell,  slasheuse pro : étudiante en histoire, cavalière semi-pro et Top Model. Un C.V qui en dit long sur les différentes aptitudes que possèdent les modèles d’aujourd’hui. Mais l’étoile montante du mannequinat c’est Cara Delevingne. Le modèle anglais appartient à cette génération de tops modèles hyperconectés se rendant plus accessible pour son public. Elle semble appartenir aux mêmes mondes que ses fans comme le prouve sa signature: faire des grimaces devant l’objectif.

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Pic : Edie Campbell / Joan Smalls / Cara Delevingne

Bloggeuses

À leur apparition sur la toile, il était difficile d’imaginer que les bloggeuses réussiraient à mettre un pied dans le monde fermé de l’industrie de la mode sans rester de simples satellites. Femmes accessibles et dans l’air du temps sans rapport direct avec la mode, elles ont enfoncé à coup de talons aiguilles et de clics les portes de cette cage dorée pour donner à tous un aperçu de ce qui se passe dans les coulisses. C’est par le prêt-à-porter qu’elles ont connu leur moyen de subsistance phare. Mais très vite, ce PAP populaire a été remplacé par du prêt-à-porter de luxe laissant Alexander Wang dépassé les Isabel Marant et consorts. Grâce à elles, les marques ont pu cibler plus directement leur public et ont commencé à porter un plus grand intérêt aux styles de la rue. Les bloggeuses sont devenues les vitrines 2.0 d’une marque se lançant où cherchant à se reconnecter avec son public. Aujourd’hui invitées des Fashion Week et des défilés privés, ambassadrices de marques vestimentaires ou cosmétiques, les bloggeuses se sont imposées comme des figures incontournables de cet univers à l’instar de Garance Doré,  devenue le grand manitou de la mode 2.0.

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PIC : Tavi Gevinson (Rookie Style), Susie Bubble (Style Bubble), Garance Doré

Fashions Insiders
Les Fashions Insiders sont les nouvelles it-girls. Comme leur nom l’indique il s’agit de femmes qui ont une activité mode préétablie. Le phénomène ne date pas d’aujourd’hui, on pense à des rédactrices comme Diana Vreeland ou Grace Coddington qui ont toujours su faire parler d’elles autant pour leur style que pour l’empreinte qu’elles ont laissée dans l’histoire de la mode. Mais c’est l’arrivée d’internet qui a tout chamboulé en plaçant les bloggeuses en tête de liste des it-girls. Mais les Fashions Insiders d‘aujourd’hui ce sont affranchies de cette peur de la bloggeuse mode en tant que remplaçante ou alternative. Elles ont accès à des contenus exclusifs et leurs sites ainsi que leurs articles sont analytiques et professionnels allant bien entendu plus loin que la simple présentation de leurs tenues. Si les bloggeuses ont plutôt tendance à rester dans un moule préétabli, les Fashions Insiders, quant à elles, considèrent le blogging comme un atout supplémentaire. Professionnelles de la mode, on pense notamment à des éditorialistes comme Julia Saar-Jamois, figure incontournable des défilés depuis sont arrivée à Wonderland Magazine. Leur style est ici secondaire à leurs aptitudes, faisant d’elles de véritables slasheuses. Elles sont au courant des tendances à venir et savent parfaitement quelles pièces auront les meilleurs effets sur le web. C’est sans aucun doute leur présence qui a permis l’arrivée de tous ces imprimés, accessoires XXL, et color-block sur les catwalks.

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Pic :  Julia Sarr-Jamois (Wonderland Magazine)/ Caroline Issa (Tank Magazine) / Leef Greener (Elle China)