pantheone-poupeesrusses-modzik-2 Interview   |  3 Nov 2016 à 15:38

Un tour à Moscou avec les Poupées Russes de Pantheone

Inspirées cette fois par les Poupées Russes, Déborah, Jeanne et Hélène, les trois drôles de dame de Pantheone offrent encore une fois une collection féminine aux accents streetwear. Avec leur amour pour le vêtement urban, elles réinventent des basiques comme la robe longue, le bomber et le sweat oversize, ici en velours. Jamais à court d’idées, elles jouent avec les formes, les couleurs et les matières (dont le liège, oui, oui !), comme un clin d’œil aux pièces coutures qui les ont fait connaître. Pour en savoir plus sur les matriochkas Pantheone, tout droit sorties d’un club underground moscovite, on a posé quelques questions à leurs créatrices.

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Avant Pantheone, vous faisiez quoi  ?
Jeanne : Je viens d’un cursus communication de mode à l’Atelier Chardon Savard. J’ai connu Pantheone par le biais d’un stage, j’ai présenté la marque dans un incubateur qui nous a ensuite permis de nous associer.
Hélène : J’ai étudié à l’école ESMOD de Rennes puis de Paris en formation stylisme/modélisme. Ensuite j’ai effectué un stage au sein de Pantheone où j’étais chargé de créer les robes casquettes. Ça fait maintenant cinq ans que je suis ici !
Déborah : Mon parcours est plutôt varié : j’ai commencé par une prépa compta/finance, puis ensuite j’ai étudié le droit à la fac. J’ai tout abandonné pour monter à Paris étudier la mode, à ESMOD comme Hélène. J’ai fait un stage chez Andrea Crews où je suis ensuite resté un an et demi parce que je n’avais pas envie de retourner à l’école ! J’ai fondé Pantheone après la fin de mon aventure Andrea Crews avec Aurélie, qui travaillait aussi là-bas.

Ce nom, il vient d’où ?
J : C’est le Panthéon de la femme, inspiré par le Panthéon que l’on a à Paris. C’est aussi un nom qui met en avant la femme, c’est un symbole.
D : Le haut du logo ressemble au haut d’un Panthéon, on s’inspire beaucoup de ce qui est mystique, des déesse et justement, ce nom fait de la femme une vraie déesse.

Depuis vos débuts, vous réinterprétez les codes du streetwear. D’où vous vient cette affinité pour ce style ?
D : J’ai toujours aimé le streetwear, mais j’ai aussi toujours galéré à trouver des marques qui me parlaient. À l’époque il y avait Triad, Com8, mais rien ne permettait aux filles d’exprimer leur amour du streetwear tout en restant féminine. Avec Pantheone, j’ai voulu créer une marque street, femme, qui ne nous force pas à choisir entre les deux.
H : On retrouve aussi un côté créateur qui n’est pas présent dans les autres marques urbaines.
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Même s’il est aujourd’hui mainstream, le streetwear a encore une image assez masculine pour certaines personnes. C’est important pour vous de travailler cette dualité entre l’univers masculin et l’univers féminin ?
D : Travailler sur cette dualité, c’est l’identité même de Pantheone. Pour notre prochaine collection, on a choisi de s’intéresser au foot, pour voir comment on peut réinterpréter ce sport, casser son image bonhomme par le biais de la danse, du voguing…

Vous vous êtes fait connaître par des créations couture, c’est quelque chose que vous souhaitez continuer, faire évoluer ?
D : L’aspect couture nous a fait naître, donc c’est quelque chose dont ne peut pas se défaire et dont on ne veut pas se défaire.

Vous avez collaboré avec New Era, Adidas… Vous pouvez nous parler de vos prochaines collaborations ?
H : On ne peut pas trop en dire, on ne veut pas que ça nous porte malheur…
D : Il y a beaucoup de projets en cours, très excitants, mais comme on dit… Il ne faut vendre la peau de l’ours avant de le tuer, donc on préfère se taire.

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C’est quoi le plus beau moment de l’aventure Pantheone, jusqu’aujourd’hui ?
H : Il y a eu plusieurs très beaux moments ! D’abord notre premier défilé, un grand moment pour nous toutes et ensuite la levée de fonds.
J : Au moment de la signature, c’est là qu’on a réalisé que des investisseurs croyaient en nous, en notre vision.
D : Il y a aussi notre entrée à Citadium ! Le jour où on a vu notre sticker Pantheone à l’entrée, c’était vraiment un beau moment, un moment symbolique.

Comment le thème Poupées Russes de la collection AW16 vous est venu ?
D : À chaque collection son univers, j’avais envie de travailler sur la Russie pour l’hiver depuis déjà quelques temps et lorsqu’un thème me turlupine il finit toujours par ressortir. On a mélangé cet univers à celui des années 90, rave des pays de l’est qui est très actuel.

Vos campagnes sont toujours assez délirantes, avec un vrai point de vue. Avec qui avez-vous collaboré pour la vidéo de cette dernière collection ?
D : Elle a été réalisée par le Studio Paul & Martin, le Studio Super Bien et David Hugonot Petit. On a travaillé avec le Studio Paul & Martin et David pour chacune de nos campagnes et cette saison Super Bien s’y est ajouté. On est vraiment contentes d’avoir donné encore une fois une nouvelle vision de l’univers Pantheone, encore plus barré que d’habitude. C’était une vraie association de talents et d’amis.

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Pantheone en trois mots ?
D : Féminité
H : Passion
J : Force… et si on peut en mettre un quatrième, géométrie !

La première chose que vous faites le matin?
J : Je fais le tour des réseaux sociaux et je lis les infos sur mon téléphone.
D : Je prends un bain !
H : Et moi je sors mon chien.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour vous séduire ?
J : Il faut me payer un bon verre de vin rouge.
D : Ne pas trop me draguer, justement. Pas de « T’as un 06… » et de trucs dans le genre.
H : Un peu des deux, mais l’approche frontale j’aime pas trop ça…

Vous écoutez quoi en boucle en ce moment?
J : J’écoute Le Tournedisque en boucle, toute la journée. La sélection de musique est vraiment sympa.
D : J’ai découvert un son de Gainsbourg que je ne connaissais pas, du coup je l’écoute tout le temps. C’est un morceau qui s’appelle « Danger ».
H : Du rock, de la new wave… Une playlist années 80.

Une pièce fétiche de votre garde-robe ?
J : Le sweat oversize de notre collection AW16 ! Je le porte presque tous les jours.
D : La même chose, et aussi un petit blouson Opening Ceremony qui est ma pièce chérie.
H : Sans vouloir citer Pantheone, c’est notre modèle de bomber basique. On n’a pas encore les moyens de s’acheter des fringues d’autres marques !

Un accessoire favori ?
D : Je sais pas s’il faut le dire mais bon… mon joint !

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pantheone.com

Crédit Images : David Hugonot Petit

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