Quand deux échappés de groupes australiens s’associent pour travailler ensemble, cela donne cet Empire du Soleil qui distille une pop légère et catchy à souhait, qu’on aime à fredonner à la faveur de l’été. Et leur nouvel opus ne déroge pas à cette règle d’or : les mélodies et les refrains sont comme de puissants charmes qui vous font irrémédiablement taper du pied.

Si les deux protagonistes australiens, Luke Steele et Nick Littlemore, ont pu souffrir de leur arrivée tardive dans le paysage musical (à savoir, juste après les américains MGMT et leur fameux Oracular Spectacular) avec leur premier album Walking On A Dream, leur nouvel opus reprend la même recette de l’électro-pop addictive, et creuse le même sillon avec une bonhomie communicative. On oubliera les anecdotiques coiffes et tenues excentriques du chanteur Luke, qui feraient passer Totally Enormous Extinct Dinosaurs (aka T.E.E.D) pour un vulgaire homme-sandwich ! On leur a quand même demandé la raison de tels accoutrements sur leur pochette, sur scène ou dans leurs vidéos, et la réponse ne s’est pas faite attendre : « On est toujours des gosses, on aime ce qui est épique, comme dans les jeux vidéo, l’heroic fantaisy… Si on ne faisait pas de la musique, on ne pourrait pas s’amuser comme cela sur scène. On nous prendrait pour des fous, mais là, le public chante avec nous ! », nous dit Luke. « Oui, on est excessifs, flamboyants, colorés… et alors ? »

Et Nick d’expliquer à propos de Ice On The Dune : « Pour ce nouvel album, on ne voulait pas s’éloigner de notre style, mais pousser encore plus loin, chercher toujours ces mélodies qui peuvent vous rester dans la tête : c’est le pouvoir de la pop ! La simplicité qui fait mouche, ensuite, les arrangements rendent l’ensemble plus actuel, mais une bonne chanson se suffit dans sa forme la plus simple. Depuis le départ de cette aventure, les compositions sont bâties autour de la voix puissante de Luke, il n’y aura jamais d’élément instrumental qui prendra le pas sur sa voix ». Une fois encore, le miracle musical, qui mêle avec maestria synth-pop, rock, pop et accents presque new wave, opère dès le premier single « Alive » et continue sur « DNA », deuxième titre extrait de Ice On The Dune. Il en va de même avec ce « Concert Pitch » qui pourrait lorgner du côté de Queen, période « I Want To Break Free », ou de la disco wave sur « Awakening ». Un vrai concentré de bonne humeur, auquel il est difficile de résister. Si l’on devait dépeindre ce disque, il porterait certainement les couleurs de l’arc-en-ciel.

Par Joss Danjean

Empire Of The Sun, Ice On The Dune (EMI)
empireofthesun.com