k7 modzik Société   |  29 Juil 2016 à 12:48

La cassette, life to death and back

Depuis maintenant des décennies, l’industrie musicale n’a cessé d’évoluer notamment en terme de supports musicaux. Du phonographe au vinyle, de la cassette au CD, puis du MP3 au streaming, tous les moyens furent bons pour insuffler un vent nouveau dans les habitudes des consommateurs afin de faciliter l’écoute, et donc la vente.

En atteste le retour en force du vinyle, qui aurait pu être aisément prédit par n’importe quel sociologue tant pour la qualité sonore qu’il propose que pour la hype qu’il confère, la culture a toujours cherché à s’éloigner de chaque mouvement au moment où celui-ci devenait trop répandu. Depuis quelques mois maintenant, un énième (contre-)courant fait son apparition : la cassette.
Tout comme son cousin le vinyle, la cassette n’a jamais réellement cessé d’être produite, le plus grand producteur étant la National Audio Company (USA). Mais depuis 2015, et après des années de désuétude, la NAC enregistre une croissance de 30% de la demande en cassettes audio quand on sait que seulement 30% des cassettes vendues dans le monde sont des supports vierges, les 70% restants étant de la musique enregistrée.

kanye west modzik

« Metallica ou The Flaming Lips ont toujours sorti de la musique sur cassette, en édition limitée. Et les majors ont flairé le filon et les albums de Grimes, The Weeknd ou même Kanye West et Justin Bieber ont été sortis dans ce format et vendus sur la plateforme de vente de fringues Urban Outfitters. »

Côté underground, des labels comme Opal Tapes ou Trilogy Tapes ont toujours assumé leur préférence pour la bande magnétique, qui leur permet d’exposer leurs sonorités raves et industrielles grâce au rendu analogique du format. Helena Hauff, jeune allemande encensée pour son passage au festival Peacock Society cette année, avait quant à elle sorti en 2015 une cassette sobrement intitulée A Tape sur le label texan Handmade Birds. Une ode à la destruction de la société qu’elle prône envers et contre tous. Un son gras, low-fi et haché, vulgaire mais bienfaiteur en ces temps de trouble pour une industrie musicale de plus en plus lisse et aseptisée.

 

Filip Zemčik, créateur du label slovaque Z Tapes, ne propose ses sorties que sur cassette et a même créé un site, accompagné d’une carte interactive, recensant plus de 150 labels adeptes du format : United Cassettes.

« J’adore ce support, ça ne coûte pas cher, c’est petit, ça a l’air super cool. Les cassettes ont un truc en plus. Les vinyles sont trop chers pour moi. J’aime bien l’idée qu’une cassette puisse devenir un objet de collection, et puis c’est aussi une niche où il est super facile de naviguer. J’aime aussi le fait que les cassettes ne soient pas éternelles, qu’elles peuvent casser facilement. C’est juste fascinant. »

(Propos de Filip Zemčik recueillis par Beware)

La cassette n’a jamais réellement disparue, et nous invite à redécouvrir des sonorités primaires et davantage en phase avec nos aspirations actuelles. Il est temps d’aller fouiller dans le grenier pour ressortir son vieux Walkman ou sa Boombox, retrouver ses vieux records de l’Amnesia ou le premier album d’Eminem, et de crier RAVE ON à l’unisson!

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